Le 152ème Régiment d'Infanterie est au Bois de Belleau jusqu'au 5 juin 1918, jour où les forces américaines prennent le relais. Certains ne participeront pas à d'autres batailles...

"Blessé le 3 juin pendant le repli, a refusé de se faire évacuer, faisant preuve du plus grand courage. A fait les premiers pansements à ses camarades plus gravement blessés que lui".

 CHANDIEN Marcel Edmond

Marcel Edmond CHANDIEN est né le 14 août 1890 où ? Quels sont ses parents ?... L'Assistance Publique !

Lorsqu'il est appelé de sa classe 1910, il exerce la profession de tisseur. Ayant des problèmes de santé, il est tout d'abord ajourné pour le service, mais, le 30 août 1911, le Conseil de Révision le déclare "bon pour le service armé". Il est donc incorporé le 7 octobre suivant au 51ème Régiment d'Infanterie, stationné à Beauvais, dans l'Oise.

Il est promu caporal le 26 septembre 1912 et en vertu de l'article 33 de la loi sur le recrutement de 1905, il est maintenu au service. Il est envoyé dans la disponibilité le 8 novembre 1913 et se retire à Saint-Sauver-lès-Amiens, dans la Somme.

Rappelé par l'Ordre de Mobilisation du 1er août 1914, il rejoint son régiment. Cassé de son grade de caporal le 15 décembre 1915, il passe au 152ème Régiment d'Infanterie le 8 janvier 1916.

Il se trouve donc à Belleau, en ces jours de fin mai et début juin 1918.

La journée du 3 juin 1918 – "Au lever du jour, reprise du mouvement en avant. Les trois bataillons du 152ème (2ème à gauche, 3ème à droite, 1er en échelon refusé à droite) dépassent les lignes Américaines au nord de Lucy-le-Bocage, d'où ils neutralisent, par leurs feux, la progression boche que l'on voit venir de Belleau et de Torcy – A 12 heures, tir de préparation en vue de notre attaque sur la position Torcy-Belleau – A 12 heures 15, déclanchement de l'attaque mais le 152ème est fortement gêné dans sa progression par les mitrailleuses installées à la lisière ouest du bois de Belleau qui les prennent de flance, alors que le 158ème à sa droite est ... arrêté par elles devant 169 – Il ne peut progresser au-delà de la ligne jalonnée par la lisière nord du bois traversée par la route Torcy-Lucy-le-Bocage, la lisière nord du bois en fer à cheval et le boqueteau à 400 m au nord de la cote 142 – Deux contre-attaques boches : une à notre droite à 14 heures, une à notre gauche à 16 heures, sont repoussées".

Les pertes humaines sur les journées du 31 mai au 5 juin inclus sont de 14 officiers et 616 hommes dont 166 ont été fait prisonniers.

Marcel Edmond est blessé cette funeste journée du 3 juin 1918 et décède, deux jours plus tard à l'ambulance 5/2[1] des "suites de blessures de guerre".

Marcel Edmond CHANDIEN est passé sur terre comme ça... Il est né, a été abandonné à l'Assistance publique, est parti à la Guerre où il est mort... Personne ne se préoccupera de faire sa généalogie, ou, tout au moins, de le rattacher à sa généalogie... Il faudrait aller au dépôt d'archives de la Somme pour étudier les dossiers des enfants déposés à l'Assistance publique !

Dans l'acte de bravoure cité en début d'article, je suis interpellée par l'expression "plus blessés que lui"... Marcel Edmond est tout de même décédé quatre jours plus tard...



[1] L'ambulance 5/2 est le poste de soins numéro 5 rattaché à la 2ème D.I., en général, chargé des grands et moyens blessés