Le 152ème Régiment d'Infanterie est au Bois de Belleau jusqu'au 5 juin 1918, jour où les forces américaines prennent le relais ...

 

Soldat à la 9ème Compagnie – "Le 3 juin 1918, au combat livré à Belleau, le fusilier-mitrailleur d'élite BALIZET, chargé d'un tir de flanquement sous bois, n'a pas hésité au moment où se déclenchait une attaque ennemie, à se déplacer sus un violent bombardement et feu de mitrailleuses pour aller prendre position en plein champ pour que son tir soit plus efficace. A contribué de ce fait à enrayer l'attaque ennemie et a infligé de lourdes pertes à l'assaillant. Ce soldat est un modèle de bravoure et de sang-froid – S'est toujours signalé à toutes les actions auxquelles il a pris part".

 BALIZET Georges

Georges BALIZET naît le 3 juillet 1896 à Vieilmoulin, en Côte-d'Or. Il est fils de Auguste, trente-et-un an, meunier, et Marie MOUILLON, vingt-sept ans, couturière. Il est le deuxième enfant d'une fratrie de sept : François Auguste, né le 13 septembre 1892, Jules, né le 8 septembre 1899, Marie Augustine, née le 5 mai 1902, Louis Charles, né le 1er septembre 1903, Julie Béatrix, née le 2 mai 1906 et Jeanne Eugénie, née le 27 mai 1905.

François Auguste BALIZET est donc le premier à connaître l'armée. Il est incorporé le 9 octobre 1913 au 109ème Régiment d'Infanterie. Les 5, 6 et 7 décembre 1914, son régiment participe à la reprse du château de Vermelles, dans le Pas-de-Calais. François Auguste est cité à l'ordre du régiment – n° 41 du 29 décembre 1914 : "Etait présent à l'affaire de Vermelles - S'y est particulièrement distingué et a contribué à faire citer son unité à l'ordre de l'Armée".

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, seul François Auguste, l'aîné de la fratrie est concerné. Auguste et Marie peuvent espérer que les trois autres garçons auront un service militaire de temps de paix. De toute façon, n'est-il pas dit que la France va gagne ? Et vite ? Qu'à Noël, ils seront tous rentrée ?...

Le 7 mars 1916, François Auguste est blessé par un éclat d'obus à Douaumont, dans la Meuse. Au retour de soin, il passe au 18ème Régiment d'Infanterie le 12 juillet 1916. Là, il est au front sur le Chemin des Dames. Après la prise du fort de La Malmaison, les Allemands évacuent les tranchées du Plateau de Californie. Ces tranchées deviennent la première ligne française. François Auguste est à nouveau cité à l'ordre du régiment – n° 22 du 2 septembre 1917 : "Soldat d'élite d'un dévouement absolu, d'un courage éprouvé. Dans l'affaire du Plateau de Californie, a pris sans ordre la place d'un camarade blessé dont il a continué la mission avec le plus grand calme malgré un bombardement très violent". Après la signature de l'Armistice, le 6 décembre 1918, il rejoint le 27ème Régiment d'Infanterie et est envoyé en congé illimité de démobilisation le 1er avril 1919 après 5 ans 5 mois et 22 jours d'armée... Il est décoré de la Croix de Guerre, et, en 1934, reçoit la Médaille Militaire.

Georges BALIZET est incorporé le 12 octobre 1915 au 21ème Régiment d'Infanterie et passe au 152ème le 23 novembre 1915. Le 23 novembre 1916, il est blessé par un éclat d'obus ; évacué, il reprend son poste le 18 décembre suivant. Le 7 décembre 1917, le régiment est au tunnel de Tavannes, dans la Meuse : "du sous-secteur des Rousses, le 2ème Bataillon vient au Tunnel de Tavannes – A 6 heures, à la faveur d'un violent bombardement avec obus de tous calibres, torpilles et bombes asphyxiantes, l'ennemi fait un important coup de main (Barricade). Il est repoussé avec de fortes pertes (dont un officier) – Pertes : 4 tués et 19 blessés". Georges est l'un de ses soldats. Il est évacué et est cité à l'ordre du 17ème Corps d'Armée – n° 52 du 8 décembre 1917 : "Fusilier-mitrailleur consciencieux et très brave - S'est conduit d'une façon admirable au coup de main du 7 décembre 1917 - Quoique blessé à la tête au début de l'offensive, n'a quitté son poste de combat que lorsque tout fut terminé".

Il reprend du service le 19 février 1918. Il est donc présent, avec son régiment, dans le Bois de Belleau en cette fin mai et début juin. Et sera toujours aussi brave, comme il est écrit dans le Journal des Marches et Opérations (texte en en-tête). Il est décoré de la Médaille Militaire le 7 juin 1918 : "Fusilier-mitrailleur d'un courage et d'un sang-froid admirables, le 3 juin 1918 au moment d'une attaque ennemie et sous un violent bombardement n'a pas hésité à se porter en plein champ pour faire un usage plus sûr de son arme, donnant à ses camarades ... un exemple ... de bravoure et à ... sa large part ...".

Après la signature de l'Armistice, il est mis en congé illimité de démobilisation le 20 septembre 1919. Pour sa bravoure et son attitude au combat, il est décoré de la Légion d'Honneur le 8 juin 1957.

Jules BALIZET est incorporé le 21 avril 1918 au 152ème Régiment d'Infanterie. L'Armistice signé, il reste en tant qu'appelé et est renvoyé dans ses foyers le 31 mars 1921.

Auguste et Marie ont donc vu partir trois de leurs fils à la guerre. Par chance pour le dernier, l'Armistice est signé six mois après son incorporation. Mais, les parents peuvent être fiers de leurs aînés tous deux cités et décorés. Ces deux hommes font partie des millions que la France n'a jamais vraiment honorés... Seuls les Morts ont droit à la reconnaissance réelle de la Patrie ! Ceux qui sont revenus, ceux qui sont morts...