Le 152ème Régiment d'Infanterie est au Bois de Belleau jusqu'au 5 juin 1918, jour où les forces américaines prennent le relais. Le 15-2 suscite des vocations militaires...

"Le 31 mai 1918, dans le bois de BONNES, le Caporal BERNARDIN étant en patrouille en liaison avec trois hommes, est tombé sur un ennemi dix fois supérieur en nombre, lui a fait nettement face fixant l'ennemi par son feu et permettant le rétablissement de la ligne ".

 BERNARDIN Robert

 Robert BERNARDIN naît le 26 août 1897 à Onans, dans le Doubs. Il est fils de Gustave Louis, quarante-six ans, et Appoline Alexandrine DEVAUX, trente-cinq ans. Il a un grand frère, Georges, né le 23 avril 1896. Naîtront ensuite Gaston, le 23 ai 1900, et Blanche Odette Thérèse, le 27 mars 1904.

Ces quatre enfants sont orphelins de père et de mère en 1907. Le père, Robert, décède le 16 janvier, la mère, Appoline, le 29 mars...

La 1ère Guerre Mondiale éclate alors que Robert à 17 ans. Il est inscrit comme étudiant sur sa fiche matricule de la classe 1917. Quelles sont les études qu'il suivait ? Seule la famille pourra le dire... De toute façon, la guerre, et par là même, l'armée, vont radicalement changer son destin...

Robert BERNARDIN est incorporé le 8 janvier 1916 au 152ème Régiment d'Infanterie. Ce régiment est envoyé sur le front, Robert se trouve donc au Chemin des Dames en 1917, il y est blessé, par éclats d'obus, le 25 juin. Les soldats stationnés à Hurtubise aménagent les tranchées et les abris sous un bombardement violent... Robert est promu caporal le 8 octobre suivant, son régiment est au repos pour quelques jours.

Fin mai et début juin, le 15-2 est à Belleau et participe aux combats que nous connaissons. Robert est cité à l'ordre du régiment – n° 87 du 8 juin 1918 : "Désigné pour une patrouille dangereuse, a accompli sa mission avec sang-froid, énergie et plein de succès". Il est aussi cité dans le Journal des Marches et Opérations (texte ci-dessus). Le 10 juin, il est promu au grade de sergent.

Le 18 juillet, sur le front de l'Aisne, dans les alentours de Brumetz, le 15-2 participe à une offensive avec les Américains. Les conditions générales d'exécution sont "Attaquer Hautevesnes et le déborder par le Nord et par le Sud – Principal effort par le Nord" et "attaque par surprise sans préparation d'artillerie, sous le couvert d'obus fumigènes [...]". Robert est de nouveau blessé par éclats d'obus.

L'Armistice est signé : la Guerre est finie. Robert BERNARDIN, décoré de la Croix de Guerre avec étoile de bronze, est promu au grade de sergent-fourrier le 29 mars 1919, et s'engage pour un an, le 14 mai suivant, au titre du 152ème Régiment d'Infanterie. Libéré le 14 mai 1920, il rempile, pour le même régiment le 2 septembre 1920 pour une durée de deux ans. De rengagement en rengagement, toujours pour le même régiment, Robert est admis dans le corps des sous-officiers de carrière le 25 juillet 1928 : il est adjudant !

Robert BERNARDIN est décoré de la Médaille Militaire le 31 décembre 1929.

 BERNARDIN Robert - Médaille Militaire - JO du 31 décembre 1929

La Seconde Guerre Mondiale éclate et Robert BERNARDIN y participe : il est blessé, avec le 152ème à Longpont, en Seine-et-Oise. Rayé des contrôles en tant que sous-officier d'active le 31 août 1940, il demande son maintien en tant que sous-officier de réserve et travaille au Groupe de Travailleurs de l'Aveyron, en 1940, puis eu Centre de Libération des Prisonniers à Belfort, en 1942. Il est démobilisé le 26 juin 1946.

Robert, âgé de cinquante ans, se retire à Montbéliard pour y vivre des jours de paix. Le 25 avril 1956, le Capitaine de réserve Georges PARDONNET le reçoit en tant que Chevalier de la Légion d'Honneur.

Le 20 août 1963, Robert BERNARDIN s'éteint à son domicile de Montbéliard...

Qu'est-ce qui a poussé cet homme à avoir cette longue carrière militaire ?... Le fait d'être orphelin et d'avoir trouvé une belle et grande famille ?... Voilà le portrait d'un soldat de 14 qui est arrivé dans un régiment, le 152ème R.I., et qui lui est resté fidèle jusqu'à la retraite, voire même plus...