Pour enrichir sa généalogie, les documents iconographiques sont très importants, surtout du point de vue de ceux qui n'en ont pas !...

En effet, Ginette, ma maman de cœur, a une multitude de photos… Et lorsqu'elle est partie à les regarder, nous partons en voyage dans le passé, sans pour autant quitter la cuisine ! C'est un réel bonheur pour moi. Pourquoi ? Parce que cette dame que je connais depuis presque dix ans est très chère à mon cœur. Nous avons des choses en commun : elle aurait eu des jumelles de mon âge, je n'ai plus de maman. Elle a un cœur gros comme ça et je suis très sentimentale. Je pourrais en trouver bien d'autre des points communs… Ce sont justes les plus importants !

Alors, lorsque nous regardons ces photos, j'apprends sa famille, cette famille que j'ai cherchée généalogiquement. Là, devant mes yeux, ils sont tous réunis, tour à tour seul ou tous ensembles… Elle connaît chaque nom, chaque moment où la photo a été prise ! Je partage sa joie de me raconter, son bonheur de se souvenir… Et je l'envie, comme j'envie tout ceux de mon âge qui ont des photos et des photos de leur enfance, de leurs parents, de leurs grands-parents, de leurs arrière-grands-parents et parfois plus loin encore…

Christian, Marie Victoire Georgina DAVID et ? (c) C. MENOT

La plus vieille photo que je possède montre notre père avec deux dames âgées dont une est notre arrière-grand-mère paternelle – mamie était orpheline, Marie Victoire Georgina DAVID. Mais de quand date la photo ?... Un repère, Marie Victoire Georgina est décédée en 1955. Voilà, cela ne fait pas beaucoup n'est-ce pas ? Mais il faut dire que la commune a été dévastée lors de la Première Guerre Mondiale, la Seconde n'a pas beaucoup aidé non plus. Alors, pas d'iconographie familiale du côté de nos grands-parents paternels.

Il reste le côté maternel. Là, ce sont les histoires de famille comme il y en a dans toutes les familles. Très peu, trop peu, de contacts mais grâce à un cousin germain de notre mère, j'ai obtenu quelques copies de photos, celles qu'il possédait, un petit nombre aussi. Au décès de notre grand-père, rien, aucun document particulier à hériter ! Seulement son permis et sa carte d'identité.

Ce manque de photo est un manque cruel. Ceux qui en ont ne comprendront peut-être pas, mais c'est ainsi. Il est impossible de mettre un visage sur les ancêtres proches. Il est impossible de les imaginer en situation : dans les champs, à un mariage, lors d'un bal populaire, au service militaire, etc.

Que faire pour pallier à ce manque : rechercher le plus de documents possibles annexes dans les journaux anciens, dans les archives municipales, … Malgré tout, le fait de ne pas avoir de photos me permet de les imaginer et j'aime, dans ces cas-là, ressembler à Balzac : à force de mettre moult détails, précis détails, ces ancêtres ne peuvent être que les miens !