Oui, la vie n'est pas un long fleuve tranquille mais nous n'en avons qu'une et il nous faut vraiment en profiter !

Pierre et moi © Christiane MENOT

Chacun a son lot et, quel qu'il soit, nous devons faire avec. Se battre est un leitmotiv ! C'est impératif ! Chaque jour, toujours… Je suis tellement surprise par ces enfants atteints de terribles maladies et qui savent qu'ils n'auront pas de problème de vieillesse ni de retraite puisqu'ils n'auront pas le temps de vivre jusque là ! Ils profitent de chaque journée, avec ses hauts et ses bas. Prenant les hauts avec bonheur, les savourant avec volupté et subissant les bas avec fatalisme…

D'ailleurs, que pouvons-nous contre la maladie ? Rien ! Sauf lui dire qu'elle ne nous aura pas, enfin pas encore, pas tout de suite, pas à "sa" façon mais bien à la "nôtre" !

La maladie, pour certains, c'est un rhume et toute une montagne… Pour d'autres, c'est beaucoup plus grave. Ils en parlent moins, s'étendent moins sur le sujet… L'expression "C'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale" prend tout son sens. Avez-vous essayé d'expliquer à une personne la souffrance médicale d'une autre et recevoir pour réponse "C'est comme moi, hier j'ai eu un horrible mal de tête !". Euh… Oui, et alors ?...

La maladie est une sale bête qui entre en nous sournoisement, parfois nous faisant souffrir atrocement, parfois nous invalidant, physiquement visible ou non… Alors, les médecins nous aident : ils nous fournissent les moyens chimiques de la combattre, ils nous accompagnent cliniquement. C'est déjà cela, c'est bien utile ! Mais si l'esprit n'est pas là, alors ?... Le plus important dans les moments difficiles est notre esprit et comment nous gérons. Un professeur me dit toujours "L'esprit fait plus de la moitié des soins !". J'en suis persuadée !

Qu'est-ce qui est important aussi ? La famille, l'amour… Lorsque la maladie nous touche, nous diminue, le soutien sans faille, sans reproche de la famille nous aide. Le reproche ? Vous avez bien lu ! Certains peuvent reprocher à l'autre la diminution dans laquelle le plonge la maladie. Mais le malade ? A-t-il choisi d'être malade ? Pour sûr non ! Le dynamisme provoqué par la famille oblige le malade à aller de l'avant. A comprendre ce qu'il a, à accepter ce qu'il a et à combattre ce qu'il a ! Bien entendu, l'amour est le must ! Ne pas oublier de dire je t'aime à l'autre. Que ce soit le compagnon/la compagne, le père/la mère, encore le plus terrible le fils/la fille. Ce sont des mots qu'avec le temps nous disons moins… Par pudeur, par habitude ! "Il/elle sait bien que je l'aime !" Ah, bon ?... Mais le dire est encore mieux ! Le montrer aussi…

Une jeune collègue a été touchée il y a quelques années au travers de la maladie de sa fille. Lorsque je les vois aujourd'hui, je me dis que la maladie est là, certes, mais l'amour et l'envie de se battre aussi ! Personne ne pourrait dire combien sa fille est touchée, combien de soins journaliers elle subit ! Elle va au lycée, elle va en concerts, elle sort avec sa mère, son frère, ses amis… Elle vit ! Chaque jour avec plus d'envie !... Même si… C'est l'amour qui les unit !

Alors, chaque jour qui passe, je me dis que j'ai de la chance. Je suis entourée de gens que j'aime et qui m'aiment, qui me le montrent chaque jour, chaque heure, chaque minute… Et je vais ainsi de l'avant, en me disant que demain est un autre jour et qu'aujourd'hui il faut le vivre pleinement…

Donc, à toi mon frère, je dis Bravo ! Bravo de te battre, bravo de dire à cette foutue maladie qu'elle ne t'aura pas, pas encore ! Que tu as encore de longues années devant toi avec ta famille, avec notre famille !... Je sais que tu me lis, pas tous les jours ces derniers temps, pas autant que tu le désirerais mais… Je t'aime…