Désormais, il y a "presque" tout en ligne… Mais, lorsque vous écrivez un article, il manque toujours LE renseignement qui aurait fait la différence… Je m'explique…

Travailler seul, chez soi...

Lorsque je suis retournée sur le site de la commune disparue de Beaumont-en-Verdunois, j'ai eu, à nouveau un pincement au cœur. En effet, dans notre propre famille, nous avons du mal à trouver nos racines lointaines car la commune, proche du chemin des Dames, a perdu toutes ses archives, mais là, c'est pire encore !

Les descendants n'ont même pas la possibilité d'aller voir la maison de leurs grands-parents, la ferme d'untel ou untel ! Rien, plus rien…

 Alors, je me suis dit qu'il fallait que j'écrive pour eux, pour ceux qui sont morts, mais aussi pour ceux qui vivent ailleurs, ailleurs en France, mais pas là d'où ils sont originaires… Je me suis donc attelée à la tâche pour trouver toutes les personnes citées sur le Monument aux Morts, je devrais d'ailleurs écrire "les" car il y a celui du cimetière et aussi celui devant l'église…

Entre le site Mémoire des Hommes et les Archives départementales de la Meuse, cela a été assez facile… Quoique ! Le prénom usuel n'est pas toujours celui de la fiche militaire, pour preuve, j'ai deux doutes : ABEL Pierre et ROUCHOT Félix…

Et là, je me dis qu'à mes prochaines pérégrinations dans la Meuse, il me faut absolument prévoir au moins une journée à Bar-le-Duc ! Par le biais des archives en ligne, j'ai remonté 111 personnes, mais… J'aurais aimé en savoir plus ! Que savoir ? Et bien par exemple, si certain, dont j'ai eu la date du mariage par la mention marginale de son acte de naissance, si celui-là n'avait pas eu des enfants… Si tel autre avait eu d'autres enfants… Qui sont les PIERRARD ? Qui sont les deux veuves ? J'aurais pu imaginer qui elles étaient, mais le doute étant là, je ne peux écrire qui est qui…

Et puis, toutes ces bornes signalant la présence antérieure d'une habitation… Le cadastre ! Ah, le cadastre ! J'aimerais aussi associer les habitants et leurs demeures… Mais, pour cela, il faut habiter dans la région !

Les rencontres, le partage, les échanges...

Tout n'est pas en ligne et c'est peut-être tant mieux ! Il y a encore des salles d'archives à fréquenter, à envahir ! C'est là que nous faisons des rencontres, c'est là que nous nous rendons compte que nous ne sommes pas les seuls à chercher, à fouiner, parfois, souvent, à trouver… C'est un lieu d'échanges aussi "Ah, vous travailler sur cette commune… Moi aussi !" et, en recoupant et/ou en échangeant les informations, le travail est plus précis, plus détaillé. Cela permet de gagner du temps, de ne pas refaire ce qui a déjà été fait, mais bien de trouver d'autres "choses", d'autres détails qui viendraient valoriser le document, le récit, l'information, l'histoire…

Aux archives de Dammarie-les-Lys, en Seine-et-Marne, j'ai échangé avec Jean C. que je croise souvent depuis des années, tant au dépôt d'archives que dans les forums alentours. Cela a permis que je complète ses dossiers de soldats de 1914-1918 du canton de Nemours… Pendant ma visite dans la Meuse, j'ai pu lui faire beaucoup de photos de sépultures… En retour, il m'a donné d'autres photos pour illustrer mes propres documents ! Ma base iconographique ne s'en trouve augmentée…

Au S.H.D., à Vincennes, il y a quelque temps déjà, alors je consultais mon premier dossier de F.F.I. ! Un illustre inconnu m'a dit "Ah, vous travaillez sur les F.F.I. ! – Non, c'est mon premier dossier ! – Alors, n'hésitez pas à consulter les dossiers des autres F.F.I. de son groupe, vous en apprendrez des choses…" Et, depuis, je poursuis mes recherches sur ce groupe : le F.N. Front National de Saint-Fargeau-Ponthierry (77). Rien à voir avec le parti politique actuel… Et je remonte les dossiers, et j'apprends de plus en plus sur ce groupe qui a participé à la libération de Saint-Fargeau, Ponthierry, Seine-Port, etc. lors de la dernière Guerre Mondiale… Si les dossiers étaient consultables en ligne, aurais-je élargi mon champ de recherches ? Pas sûr…

Aux archives de la Moselle ! Je faisais tranquillement mes recherches et une autre "chercheuse", voyant mes soucis avec la responsable derrière son comptoir, me propose gentiment de me faire des recherches lorsque je serais de retour chez moi. Je lui explique que je suis professionnelle… "Et alors ? Je ne peux pas vous aider ? – Que si, à charge de revanche en région parisienne alors…" Cette dame m'a aussi gentiment détaillé les ouvrages à disposition dans la salle. J'ai pu ainsi gagner du temps sur la journée que je m'étais fixée sur place !

Alors, certes, je reste sur ma faim lorsque je ne trouve pas réponses à mes questions dans les documents mis à notre disposition en ligne, mais je suis tellement heureuse lorsque je suis dans un dépôt d'archives !... Toucher les documents, fouiner dans les inventaires mis à notre disposition, échanger avec d'autres chercheurs… Ça c'est le plaisir en plus, le plaisir partagé…