Trois jours dans les zones de combats de la 1ère Guerre Mondiale, dans la Meuse… Trois jours de chaleur, quasi caniculaire…

Pendant trois jours, je me suis "promenée" sur les zones de conflits de la 1ère Guerre Mondiale dans la Meuse. Mon terrain de chasse ? Le bois de la Gruerie, Vauquois, Verdun et les Eparges !

La Haute-Chevauchée (c) C. MENOT

Qu'il est difficile de s'imaginer les conditions dans lesquelles nos soldats se sont battus !... En effet, la nature a repris ses droits depuis tant d'années… La nature… A la Haute Chevauchée, il est possible, sur le terrain, de voir l'impact des bombardements, l'impact des mines, ah, la guerre des mines ! Elle en a laissé des traces… Mais, comment rendre tous ces creux visibles sur une photo ? Comment vous faire connaître nos émotions ? Seuls, les arbres, si hauts, si majestueux, nous donnent cette impression de "dépression", de chaos, …

Il fait chaud, bien chaud, et, dans les forêts, l'humidité est présente : il y a tant de petits écoulements, tant de zones de "marécages". Mais, sous les arbres, la chaleur est moindre. Oui, sous les arbres ! Mais ils étaient où les arbres dès la deuxième année du conflit ? Il ne devait plus y avoir que des grands troncs noirs qui pointaient vers le ciel… Alors, les abris ombragés…

Vauquois - (c) C. MENOT

Nos soldats ont donc souffert de la chaleur, associée à l'humidité et tout son lot de moustiques, de contaminations microbiennes. Puis, est arrivée la pluie, parfois accompagnée du vent et… l'hiver, le froid ! Ce froid si terrible… Mais, aujourd'hui, il est impossible de s'imaginer ces conditions climatiques naturelles ! La nature, ces grands arbres abritant les oiseaux aujourd'hui, nous donne des conditions idéales et bucoliques de promenade…

Monument du Coq (c) C. MENOT

Mais, allez aux Eparges... Là, vous êtes en pantacourt, haut léger, chaussures de randonnée… La météo annoncée est de 35° C, pour une fois, je vous confirme, ils ne se sont pas trompés ! Alors, au pied du chemin de relève, j'abandonne : trop chaud !... Vite, je réintègre la voiture et sa fraîcheur intérieure… Prochaine étape : la crête des Eparges et le monument des Revenants, ou du 160ème R.I. ! Au pied de la crête ! Allez, cette fois-ci, je ne veux pas avoir honte : quoi ? si légèrement vêtue, si bien chaussée… je ne peux pas y monter ?... Mais, EUX, eux nos chers soldats, eux aussi ont connu des étés chauds et humides, mais EUX, ils y sont allés, ils n'ont pas reculé… L'aurait-il pu d'ailleurs ?... Alors je monte d'un pas régulier et j'y arrive : quelle fierté ! La crête ? Je n'en reste pas là… J'attaque la côte pour le Monument du Coq… La côte est raide mais… mais ILS sont là, ILS me soutiennent et j'y arrive ! Les nôtres y sont parvenus ! Ils ont réussi à reprendre ce point stratégique !

Après cette douleur physique due à l'ascension, après ce bonheur de les avoir sentis là, tout proches, je retrouve l'intérieur frais de la voiture… Je regarde autour de moi et je vois cette nature, celle qui a repris ses droits depuis un siècle ! Et je suis heureuse, heureuse de constater qu'ils ont donné leurs vies pour nous et cette nature qui nous entoure, qui recouvre tout le chaos laissé par cette triste et terrible guerre…

La nature au Fort de Froideterre (c) C. MENOT