justice de paix

J'avais écrit, la veille du début du Challenge AZ que je resterai dans les archives de Seine-et-Marne, mais il est parfois des coïncidences qui fon que nous partons d'autres dépôts d'archives pour revenir ensuite dans le notre !...

La cote 4 U 8/39 aux Archives du Loir-et-Cher, m'appends que le 30 avril 1854, le maire de la commune de Contres, Loir-et-Cher, écrit au Juge de Paix pour lui signaler le décès de Anne POICHY, indigente, décédée la veille dans le hameau des Charbonniers. Le maire n'a pas perdu de temps ! Mais, qui est Anne POICHY pour avoir un intérêt si pressant du maire ?...

Anne POICHY décède le 29 avril 1854 à Contres (41), alors âgée de cinquante-deux ans. Les témoins à son décès sont Antoine Napoléon LELOUP, quarante-sept ans, boucher, et Pierre Firmin EVETTE, soixante-trois ans, agent de police. Epouse de Pierre PELÉ, elle est indigente et, au recensement de population de 1851, elle n'apparaît pas au "village" des Charbonniers, où, pourtant, elle est décédée.

Le jour même de la réception du courrier du maire de Contres, le juge de Paix émet une ordonnance de saisie au domicile de la décédée. En effet, Anne laisse deux filles mineures, Silvine, dix-huit ans, et Joséphine, huit ans. Les deux enfants n'ont ni tuteur ni subrogé tuteur.

Après la pose des scellés sur le domicile familial, les deux enfants sont placées chez un grand-oncle Jacques MEGNÉRET. Ce dernier réunit un conseil de famille le 1er mai 1854, afin de désigner un tuteur et un subrogé tuteur.

Se sont présentés les parents du côté paternel :

  • Auguste GUILLON, journalier, demeurant à Soings-en-Sologne, tuteur, oncle par Anne PELÉ, son épouse,
  • Jacques MAGNÉRET, grand-oncle par Silvine PELÉ, sa femme,
  • Antoine GAFFRION, cantonnier, demeurant à Contres, appelé au titre d'ami à défaut de parent.

Se sont présentés du côté maternel :

  • Georges POICHY, cantonnier, demeurant à Cour-Cheverny, cousin germain,
  • François TESMIER, vigneron à Cour-Cheverny, cousin germain par Anne POICHY, sa mère,
  • Joseph COCHEREAU, cordonnier à Contres, ami appelé à défaut de parent.

Le tuteur désigné est Auguste GUILLON, le subrogé tuteur est François TESMIER.

Le 13 mai 1854 a lieu la vente, aux enchères publiques, des meubles de la succession. Chaque fille aura pour héritage la somme de 2,64 francs.

Vous avez tout lu ? Bien lu ? Alors vous constatez que je ne vous ai pas parlé de Pierre PELÉ. Il y a succession, donc, vous vous imaginez que j'ai omis de vous dire que Anne POICHY était veuve… Que nenni ! Son mari est bien en vie, tout le monde le sait ! Alors… Quel est cet intérêt particulier ? Simplement que Pierre PELÉ, époux de la défunte, est actuellement en prison à … Melun en Seine-et-Marne !...

Ce dernier a-t-il était déchu, auparavant, de tous ses droits ?... C'est une autre recherche ! Aurais-je la possibilité de lire les registres d'écrou pour le Y du Challenge ? Suspense…