Les faits se déroulent à Melun, Seine-et-Marne, en 1779.

A cette époque, les artisans d'un même corps de métier, là, les menuisiers, vivaient proches les uns des autres. Jean HERAUT – ou HERAUX – est souvent parrain dans les baptêmes ou témoin dans les mariages. En 1771, il est le parrain de Marie Anne COCHELET, fille de François, menuisier, et Jeanne LEGROS. L'année suivante, il répond encore positivement pour cette responsabilité auprès de Marie Magdeleine BEUVE, fille de Louis et Magdeleine LAMOUREUX. Enfin, en 1777, il est, encore au titre de simple menuisier, témoin au mariage de Charles CHARRET, menuisier, et Antoinette BOTANGLE.

Il semblerait que Jean HERAUT soit un homme respectable et respecté. Est-ce ce statut dans la communauté de la paroisse Saint Etienne qui le fait dévier du droit chemin. Se croit-il, désormais, au-dessus des lois ? Ou bien, a-t-il toujours eu ces attitudes auparavant mais qu'aucune de ses domestiques et proies ne s'est plainte ? Toujours est-il que le 7 juin 1779, alors qu'il est devenu "maître menuisier", Jean HERAUT se présente devant Me LEMOUST de la FOSSE pour répondre d'une grave accusation.

maîtrise

Marie PELLETIER, fille majeure de Pierre et Marie Thérèze FRANQUET, parents décédés, est aussi présente à l'étude notariale : elle est la plaignante ! Elle est enceinte des œuvres de son employeur, Jean HERAUT. Elle ne compte pas en rester là et désire porter plainte auprès du Baillage criminel de Melun.

Le maître menuisier ne peut assumer cette "publicité" et propose donc une "transaction", aujourd'hui nous dirions "arrangement", afin que l'affaire

 ne s'ébruite pas et, surtout, qu'il ne soit pas incarcéré… Il a l'argent, elle a besoin de cet argent.

Les accords conclus sont les suivants :

-          Jean HERAUT

  • va placer Marie PELLETIER, dès la signature de l'acte, le jour-même donc, chez une sage-femme de la ville de Melun,
  • s'engage à payer tous les frais d'entretien pour la grossesse, de ceux de gésine – accouchement – et encore de ceux nécessaires au
     bon rétablissement de Marie PELLETIER,
  • s'engage à se charger des frais de nourrisse de l'enfant qui sera placé où bon semblera à la mère, dès lors qu'elle fournira les documents attestant du placement à chaque demande qui lui sera faite,
  • enfin, pour dédommagements, il verse 350 livres à Marie PELLETIER. Il s'engage à cette dette quel que soit les suites : décès ou non de l'enfant.abandon d'enfant

-          De son côté, Marie PELLETIER s'engage a déchargé Jean HERAUT de toute responsabilité devant la justice, sous réserve, naturellement, que les accords soient respectés jusqu'à leur entière exécution.

Enfin, dernière obligation, et pas la moindre, si jamais, Jean HERAUT venait à décéder, le reste de la somme due serait versée intégralement, en une seule fois, à prendre sur la succession.

Marie PELLETIER reconnaît avoir reçu 8 livres 14 sols sur les 22 livres 10 sols restant de ces gages à courir jusqu'à ce jour. Naturellement, le coût de la grosse qui résulte de ces accords est à la charge de Jean HERAUT.

Je n'ai trouvé aucune naissance, aucun décès, ni de la mère, ni du père, je ne peux donc vous expliquer ce qu'il est advenu de cette histoire par la suite… Quel dommage !