Oui, l'outil dont je ne peux plus me passer aujourd'hui c'est bien l'appareil photo ! Il m'accompagne partout !...

En attente à la Porte de Brandenbourg (c) CMENOT

Mur de Berlin - 2

Il y a encore quelques dizaines d'années, je ne prenais quasiment pas de photos. Habitant Berlin, c'est la chute du mur en 1989 qui m'a poussée à figer l'instant pour pouvoir témoigner dans le futur. Chaque jour, j'allais, après le travail, à la Porte de Brandebourg pour capter l'ouverture de ce mur à cet endroit stratégique où tout le monde, aussi bien le quidam que la presse internationale, s'agglutinait, piaffait d'impatience…

A partir de cet évènement, j'ai commencé à vouloir être le témoin de mon époque, de ce que je voyais. Cela s'est donc poursuivi par la quête de photo de mes enfants : ma plus jeune, avec sa salopette jaune qu'elle appelait son "kimono" parce que sa sœur aînée faisait du karaté, le grand-frère jouant avec sa petite sœur, bref, tous ces moments magiques familiaux qui permettent de rassurer la mémoire, celle que nous n'aurons plus à un moment d'âge avancé !

Nous avions même acheté le boîtier qui fixait la date et l'heure sur la photo ! Ainsi plus aucun doute !...

Et puis, ce fut le séjour en Afrique, au Sénégal. Là, je mitraillais ce si beau pays. Heureusement que le coût du tirage photo n'était pas celui de la France. Car, il faut dire

Fleur de baobab

qu'avec l'argentique, nous ne pouvions pas prendre autant que nous le désirions par peur de "gaspiller" la pellicule. Un jour, des amis, venus nous rendre visite, sont arrivés avec un appareil numérique. J'ai ainsi pu constater qu'il était possible de prendre sans compter et de faire le tri au retour à la maison, de zoomer sur un lieu ou une personne. Mais… je n'étais pas prête à franchir le pas.

De retour en France, je me suis mis à fréquenter plus qu'assidument les archives départementales : sans appareil photo numérique et encore moins de smartphone ! Mes enfants m'ont obligée à sauter dans le grand bain en m'offrant ce cadeau à mes 50 ans. Je me plaignais souvent de ne pas avoir assez de photos d'eux : ce soir-là, ils se sont mitraillés les uns les autres : 360 vues… Cela m'a fait beaucoup sourire, voire rire, mais j'ai conservé toutes les vues…

Depuis, j'ai évolué : après ce petit appareil transportable plus que facilement, j'ai acheté, d'occasion, celui d'une amie. Il était plus performant mais encore limité lorsque je sortais en ballade. Il y a environ cinq à six ans, le Père Noël m'a offert un nouvel appareil avec un objectif grand angle, puis, l'année d'après, un objectif zoom. Depuis, je ne vous dis pas…

Partout où je vais, il m'accompagne : que ce soit pour faire une marche ou la visite d'une ville ou d'un pays ou d'un monument, ou la visite de mes petits-enfants, ou les documents d'archives ou… Bref, il est collé à moi ! Certains, ce sont le téléphone, moi, c'est l'appareil photo. Combien de fois je regrette de ne pas l'avoir avec moi alors que je suis sur la route pour aller faire les courses…

Que fais-je de toutes ces photos ? Je ne conserve que celles qui sont nettes, car, oui, évidemment, j'en loupe… Pour ce qui est du patrimoine, je classe par pays et par ville, puis par monument. Cela me permet d'en faire d'autres et de compléter. Pour les archives, c'est la même chose, je classe. Là, le classement est plus traditionnel : par exemple, armée/guerres/guerre 1870-1871. Je dois donc dire que j'ai une photothèque impressionnante ! Mais, lorsque j'écris un article par exemple, je suis quasiment sûre de pouvoir publier mes propres photos et de ne pas franchir la ligne interdite de publication de photo d'autrui…

Je n'aurai sûrement pas franchi si tôt le pas vers le numérique me sentant incapable, mais je remercie mon âge et le cadeau de mes enfants qui me permet, aujourd'hui de m'adonner à un plaisir certain…