Invisible de tous, un ancien cimetière franco-allemand dans le bois de Jaulnay, sis sur la commune de Luzy-Saint-Martin, dans la Meuse… Il ne reste que trois plaques aux noms de soldats français et allemands. Les sépultures ont été déplacées en 1997.

"Rotonde" à Luzy-Saint-Martin, dans la Meuse (c) C. MENOT

Le samedi 1er août 1914, à  18h15, le 22ème Régiment d'Infanterie colonial reçoit l'ordre de mobilisation. Il est commandé par le Colonel TÉTART, secondé par le Lieutenant-colonel BONNIN. Prêt à partir, le régiment comprend 68 officiers et 2 870 sous-officiers, caporaux et soldats.

Après des jours de bataille dans la région de Neufchâteau, le 22ème reçoit l'ordre de rejoindre Martincourt où il arrive le 26 août à 1 heure du matin et passe le pont du canal et celui de la Meuse.

Il reçoit ensuite l'ordre depuis voie quai dans les prairies de la rive gauche de la rivière au sud du chemin Martincourt-Lluzy (non marqué sur la carte au 80 000ème). le bivouac se fait en ligne de colonne de compagnie le long du chemin. Vers 3h du matin le pont de la Meuse haute et l'ordre arrivent de partir avant le jour par le chemin allant de Luzy vers l'ouest T'es rejoignant la grand-route je tenais Beaumont à 1500 mètres au nord-ouest de la Maison Blanche. En arrivant la forêt de Jaulnay, la 6e brigade bivouac sous bois au nord du chemin suivi. Le 22ème est positionné à l'est de ce chemin.

Vers 17h arrivent un détachement de renfort venu du dépôt, il comprend 2 officiers ,5 adjudants, 10 sergents, 15 caporaux, 8 clairon, 1 infirmier et 595 soldats.

La répartition entre les compagnies c'est fait dans une clairière. L'artillerie ennemie commence à canonner dans la direction de Stenay virgule la nuit arrive amenant une pluie qui va durer jusqu'au matin transformant en cloaques tous les sentiers de la forêt. 

Le 27 août, Les dispositions avaient été prévues la veille au soir à 17h45. Ine ligne de défense devait être organisée au moyen d'abatis et de tranchées au milieu de la forêt de Jaulnay sur la ligne générale Cesse-Pouilly […]

La 6e brigade doit être maintenu en réserve à 1500 mètres environ en arrière de la ligne de défense. Ces dispositions ne sont qu'en partie observer, la 4ème brigade s'est portée en grande partie à la droite de la ligne : un de ses bataillons qui occupait le saillant nord-est de la forêt l'a évacué. À 5 heures du matin, la 1ère compagnie (Raulet) est désignée pour jalonner la ligne de résistance sur la ligne nord face à pouilly et la Meuse. Les trois autres compagnies du 1er Bataillon sont placées en réserve à 200 mètres environ à l'intérieur du bois. À 6 heures, le 22ème reçoit l'ordre d'attaquer le village de Luzy. Le Colonel fait déployer en première ligne le 3ème Bataillon Qui doit être soutenue sur sa droite par le 24ème et les bataillon du 4ème et du 8ème qui aurait dû être à sa gauche se sont également déployés à sa droite. Ils seront rappelés dans la forêt au cours du combat pour limiter les progrès de l'ennemi qui a pris pied avec de l'infanterie dans la corne nord-est de la forêt trouver abandonné et qui on a garni la lisière avec ses mitrailleuses. Le 3ème Bataillon s'avance ou une fusillade et une canonnade nourri jusqu'à la crête immédiatement à l'est du débouché de la forêt. À 9h le commandant Grammont rend compte que sa lignée prise en enfilade par l'ennemi qui occupent la corne du bois. Le colonel donne l'ordre de contre-attaquer sous-bois les fractions ennemies qui se sont emparés du saillant. La première section de mitrailleuses il est employé à contrebattre les mitrailleuses allemandes du saillant occupé. Vers midi, la 4e compagnie est engagée à son tour en renfort de la première ligne. Cette dernière, malgré des pertes énormes et le feu d'enfilade nourri non seulement de l'infanterie et de l'artillerie installée à 1100 mètres au nord-est de Luzy, parvient à gagner la crête qui domine la Meuse, puis à donner l'assaut dans le village où nos soldats pénètrent vers 13h00 la baïonnette en charge.

nos pertes en officiers et en hommes sont très fortes, les unités sont confondues. Elles se retirent poursuivi par une canonnade très nourri. Le mouvement en avant est momentanément arrêté par une fusillade provenant de l'arrière ou des fractions du 4e colonial ont été portés. Il reprend bientôt et les 2ème et 3ème Compagnies sortent du bois ils viennent participer à la sauce sur Luzy. Le Lieutenant-colonel envoie des ravitaillements à la première ligne tant en hommes, en lui envoyant un peloton du 24ème Colonial, qu'en munitions qui sont retirées aux très nombreux blessés dans la forêt.

À 14h30, l'attaque sur Luzy non soutenue par notre artillerie a échoué non sans faire subir à l'ennemi des pertes excessivement sensible. Ce dernier se glisse de nouveau dans la corne nord-est de la forêt. Arrivent alors un ordre de repli sur la route de Beaumont, le mouvement est couvert par des groupes de tous les régiments et principalement du 7e coloniale. l'ennemi ne poursuit que par le feu et par ses obus de gros calibre donc tous les sentiers de la forêt sont inondés.

Les débris du régiment mélangés avec des fractions de tous les autres Corps gagnent la route Stenay-Beaumont, à 500 mètres en avant du pont de la Wamme. Un barrage, formé d'officiers et de gendarmes, est établi : tous les éléments qui se retirent sont arrêtés et triés dans les terrains à droite et à gauche de la route. Les officiers du 22ème reprennent vivement en main leurs hommes et vers 16h le régiment re former et diriger sur Beaumont où il doit recevoir les ordres pour la nuit. A 17h00, le 22ème part bivouaquer près de la ferme Beaulieu. À 22h00, les hommes sont ravitaillés en nourriture et en munitions. Les effectifs engagés pendant la journée étaient de 50 officiers et 2781 homme de troupe. Les pertes sont importantes, outre le d'essais du colonel commandant le régiment, 4 officiers sont tués, Enfin officiers sont blessés et 2 autres sont portées disparues. Parmi les hommes de troupe 83 sont tués, 490 sont blessés, enfin 528 sont portés disparus. Soit près de 48 % des hommes engagés dans  le combat !

Monument à la Mémoire des soldats morts à Luzy-Saint-Martin, Meuse (c) C. MENOT - 001

 

Le 28 août, le régiment reçoit des renforts et quitte la région le lendemain pour se porter sur l'Aisne.

La nuit, belle et fraîche, se passe sans incident.  [Mémoire des Hommes – JMO 22ème Régiment d'Infanterie coloniale - 26 N 865/7]

11 novembre 1918, l'Armistice est signé. Tous les morts de cette terrible journées, Français et Allemands, sont, comme sur tous les champs de bataille, unis dans la Mort… en Paix !

De ces faits de bataille restent une "rotonde" dont les sépultures des Français et des Allemands ont été déplacées, deux "Pierres" et un Monument dont les plaques ont été soit retirées soit "sabotées". En effet, les écritures semblent avoir été martelées pour rendre les inscriptions illisibles… Faute d'autres informations, c'est la seule raison que je peux donner !