A l'époque de cette fichue guerre, pas d'ordinateur, pas d'internet ! Juste le crayon et le courrier, et… beaucoup de personnes pour faire "le tri"…

Journal "La Recherche des Disparus" - Gallica

Dès le début des hostilités, le gouvernement français a bien pris conscience de ce problème : comment suivre les soldats, en fonction de leur situation d'activité, afin de pouvoir renseigner les familles ? Le Bureau de Renseignements du Ministère de la Guerre a donc été mis en place et son rôle était de centraliser tous les renseignements relatifs aux soldats : blessés, malades, prisonniers, morts ou disparus.

Des fiches étaient remplies : blanches pour les hospitalisés, violette pour les prisonniers  et vertes pour les disparus. Au 28 février 1915, déjà plus d'un million de fiches classées dans deux services distincts : celui des Prisonniers de Guerre (Français ou ennemis) et celui des Hospitalisés ou Disparus.

Pour les soldats décédés, les informations étaient adressées au maire de la ville d'où étaient originaires lesdits soldats. C'était lui qui avait la lourde tâche de porter la mauvaise nouvelle aux familles qui espéraient…

Pour les Prisonniers ennemis en France, ou Prisonniers français, en Allemagne, les renseignements sont donnés par les camps d'internement et les listes transitent par le Ministère des Affaires étrangères.

Pour les Disparus, les renseignements sont fournis par les situations administratives et les états des pertes rédigés par les unités combattantes et transmises au Ministère de la Guerre. Ces renseignements sont conservés comme base des recherches futures.

Une fois la fiche établie et la situation du soldat connue, le Bureau de Renseignements adresse, à chacun des 1 200 dépôts de corps, les informations qui les concernent. Les dépôts ont ensuite la lourde responsabilité de faire suivre l'information à la personne dont le soldat avait donné les coordonnées avant son départ pour le front.

Un autre organisme a eu un rôle important pour les Prisonniers. Conformément aux conventions de La Haye et de Washington, la Croix Rouge internationale exerce une action charitable auprès des prisonniers de guerre.

Chaque gouvernement en guerre remet, à sa Croix Rouge nationale, la liste des détenus de chaque camp de son pays. Cette liste est ensuite transmise à la Croix Rouge du pays concerné par lesdits prisonniers. En France, un double est établi afin d'être transmis au Ministère de la Guerre. Les familles désireuses d'avoir des renseignements au sujet d'un proche prisonnier en Allemagne peuvent aussi déposer une demande auprès de l'agence Française des Prisonniers de Guerre.

Quant aux réfugiés civils, leurs noms sont inscrits sur des listes municipales qui étaient transmises au Ministère de l'Intérieur, qui les regroupe et les imprime pour les adresser, ensuite, aux préfectures, sous-préfectures et chefs-lieux de cantons. Les réfugiés se déplaçaient beaucoup, il était difficile de suivre leur parcours précisément.

Je vous invite à lire les journaux de "La Recherche des Disparus" : une mine de renseignements concernant les différentes associations œuvrant pour nos soldats et nos réfugiés civils, ainsi que de nombreuses listes de noms par départements et communes…