Le thème me pousse à répondre tout de suite "Nuit et Brouillard" de Jean FERRAT ! Pourquoi ?...

Adolescente, c'est la culture anglosaxonne que je privilégiais dans mes chansons et musiques, ne comprenant, bien évidemment, pas toujours ce qu'elles pouvaient exprimer mais l'association des paroles et de la musique me plaisaient bien.

Jean FERRAT - Louis Joyeux (c) INA / AFP

Côté chansons françaises, j'aimais beaucoup certaines "vieilles" chansons de Charles TRENET, Edith PIAF, Jacques BREL, peu BRASSENS que je trouvais "osé" dans son vocabulaire. Par contre, Jean FERRAT… Il m'a toujours interpellée par sa voix grave, son physique sombre, ses joues creuses … et ses chansons engagées.

La chanson dont j'ai retenu les paroles est celle de "Nuit et Brouillard". Pour autant, à l'époque, je n'avais pas du tout compris son message. Il m'aura fallu grandir, vieillir, étudier l'Histoire, m'intéresser à cette "Histoire" pour comprendre le vrai sens de son message, de cet engagement.

En commençant les recherches sur M. Henri HAULOT, FFI, torturé, déporté dans le dernier train de "NN" – Nacht und Nebel – j'ai, naturellement, fait des recherches. Et quelle indignation en ai-je retirée ! Moi qui suis partagée entre France et Allemagne ! Je n'incrimine personne en tant que nationalité mais bien en tant que personne humaine. Au cours de la seconde Guerre Mondiale, ces personnes inhumaines, cruelles, … étaient du côté allemand. Aujourd'hui, ces mêmes personnes sont de toutes autres nationalités, malheureusement !

Alors, cette chanson de Jean FERRAT peut toujours raisonner et être mise en avant : ne pas oublier ! Surtout ne pas oublier !

Je vous laisse simplement lire les paroles, elles parlent bien mieux que je ne peux écrire…

  • Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers,
  • Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés,
  • Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants,
  • Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent.
  • Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres :
  • Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés.
  • Dès que la main retombe il ne reste qu'une ombre,
  • Ils ne devaient jamais plus revoir un été
  • La fuite monotone et sans hâte du temps,
  • Survivre encore un jour, une heure, obstinément
  • Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs
  • Qui n'en finissent pas de distiller l'espoir.
  • Ils s'appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel,
  • Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou,
  • D'autres ne priaient pas, mais qu'importe le ciel,
  • Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux.
  • Ils n'arrivaient pas tous à la fin du voyage ;
  • Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux ?
  • Ils essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âge
  • Les veines de leurs bras soient devenues si bleues.
  • Les Allemands guettaient du haut des miradors,
  • La lune se taisait comme vous vous taisiez,
  • En regardant au loin, en regardant dehors,
  • Votre chair était tendre à leurs chiens policiers.
  • On me dit à présent que ces mots n'ont plus cours,
  • Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour,
  • Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire,
  • qu'il ne sert à rien de prendre une guitare.
  • Mais qui donc est de taille à pouvoir m'arrêter ?
  • L'ombre s'est faite humaine, aujourd'hui c'est l'été,
  • Je twisterais les mots s'il fallait les twister,
  • Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez.
  • Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers,
  • Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés,
  • Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants,
  • Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent.

Il ne faut pas rester dans le passé ni faire perdurer la haine… Il ne faut pas oublier, c'est tout !

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