Louis Philippe, duc d'Orléans, et l'église de Seine-Port…

Veuf de Louise Henriette de BOURBON-CONTI, Louis-Philippe a été l'amant de Madame de VILLEMONBLE puis de Charlotte Jeanne BÉRAUD de la HAYE de RIOU veuve du Marquis de MONTESSON. Il épouse cette dernière, en 1772, mais "sous conditions" : le mariage ne doit être que morganatique et, en aucun cas, Madame de MONTESSON ne sera duchesse d'ORLÉANS.

Résidant dans la demeure de son "épouse" Madame de MONTESSON, le château de Saint Assise, sis à seine-Port, le duc d'ORLÉANS décède le 18 novembre 1785.

Deux jours plus tard, à cinq heures de l'après-midi, Joachim COMTE, curé, officie pour la cérémonie religieuse du décès du Prince Louis Philippe d'ORLÉANS. Tous les titres prennent la moitié de l'acte rédigé ledit jour :

  • Premier Prince de sang,
  • Duc d'Orléans, de Valois, de Chartres, de Nemours et de Montpensier,
  • Comte de Vermandois et de Soissons,
  • Marquis de Coucy,
  • Sire Baron de Beaujolais,
  • Prince de Joinville,
  • Vicomte d'Auge,
  • Comte de Mortain,
  • Pair d'Avesnes en Hainaut,
  • Baron des Comines et Haloin en Flandre,
  • Lieutenant-général des armées du Roi,
  • Chevalier du Saint-Ordre et du très noble Ordre de la Toison d'Or,
  • Gouverneur et Lieutenant-général, pour sa Majesté, de la Province du Dauphiné.

 Suivent, dans l'acte tous les rangs des témoins :

  • Charles, Chevalier de DURFORT, Lieutenant-général des armées du Roi, Premier gentilhomme de la Chambre,
  • Louis de SCHOMBERGER, Comte de l'Empire, Lieutenant-général des armées du Roi, Chambellan,
  • Etienne Charles de DAUCAT, Chevalier de l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, Maître de camp, commandant du régiment d'infanterie du Vexin, Chambellan,
  • Jacques O'FLANNAGAN, Lieutenant-général d'infanterie, gentilhomme,
  • Jean baptiste Louis de la BUSSIÈRE, Capitaine de Dragons, Gentilhomme,
  • Jean Maximin de MARY, Chevalier, Seigneur de Longueville, secrétaire des Commandements.

(c) Christiane MENOT

 

"Le cœur et les entrailles" du Prince d'Orléans sont enterrés dans le sanctuaire de l'église. Mais Madame de MONTESSON veut que son défunt mari repose dans une chapelle digne de ce nom. Joachim COMTE, le curé, bénit donc cette chapelle le 16 novembre 1787 :

"L'an mil sept cent quatre-vingt-sept, le seize du mois de novembre, en vertu de la permission qui m'a été accordée par Monsieur l'Abbé de Mauroy, Chantre de l'Eglise Collégiale de Melun et Vicaire général du Diocèse de Sens, je, curé de Saint-Port soussigné, ai fait la bénédiction de la Chapelle nouvellement construite aux frais et sous les ordres de Madame de Montesson, demeurant de Saint-Port, destinée à renfermer le cœur et les entrailles du très haut, très puissant et très excellent Prince sont Altesse sérénissime Monseigneur le Duc d'Orléans, premier Prince de sang, décédé au château de Saint-Assise, de cette paroisse, le dix-huit novembre mil sept cent quatre-vingt-cinq. Laquelle chapelle est sous l’invocation de Saint Louis et le lendemain dix-sept courant, en vertu de ladite permission, le cœur et les entrailles de feu Mondit Seigneur le Duc d'Orléans, inhumé dans le sanctuaire de ladite église ont été exhumés et transférés solennellement dans le caveau de ladite chapelle nouvellement construite, en présence de Monsieur Bernard O'brien, ancien aumônier de feu Son Altesse Sérénissime et Chanoine de Béthunes, de Pierre Longuet, recteur d'école, et de Philippe Menet, vigneron à Saint-Port, témoins soussignés."

En 1824, Louis Philippe 1er, roi des Français, fait ériger un monument à la mémoire de son aïeul, dans cette même chapelle Saint-Louis où repose, définitivement, la dépouille de Louis Philippe, duc d'Orléans.

Dans les registres paroissiaux, cette bénédiction de la Chapelle Saint Louis suit le baptême des jumelles Marie Victoire et Françoise Geneviève BISSON, et précède le mariage de Pierre Sulpice GAULLIER et Marie Anne CHAMBLAIN… La bénédiction de la chapelle Saint Louis est donc un acte comme un autre donc !