Je lis, je visionne de nombreux documents au sujet des Fusillés pour l'exemple…

Fusillés 2

Mais, que met-on derrière cette expression ? De qui parlons-nous exactement ? Comment dire que l'on devrait réhabilité TOUS les fusillés ?

Je m'insurge ! Que non ! Nous ne pouvons pas, comme ça, d'un coup de baguette magique, décider de réhabiliter tout le monde !

Pour moi, un Fusillé pour l'exemple, est un soldat a qui il a été remis un numéro et que ce numéro a été tiré dans le casque. Ce "tirage au sort" s'est fait fin 1916 et 1917, lors des différentes mutineries. Il était impensable, oh, pas du point de vue militaire, mais plutôt du point de vue de l'opinion publique, il était donc impensable de fusiller toute une compagnie, tout un bataillon ! Alors, soit les "mauvais soldats" étaient désignés d'office, soit les soldats étaient tirés au sort. Ceux-là, oui, doivent être réhabilités, sans discussion, simplement sur dossier.

Et puis, il y a tous les autres fusillés, ceux qui l'ont été en vertu d'un article du Code de Justice militaire. Pour rappel, le Code de Justice militaire utilisé pendant la Guerre 1914-1918 était celui adopté sous Napoléon III, le 9 juin 1857. Il aurait sûrement eu besoin d'être réformé. Mais, c'est ainsi, l'Histoire ne se refait pas.

Alors, pour tous ces jugements-là, il faudrait rouvrir les dossiers un à un et rejuger avec ce même Code de Justice. Est-ce possible ? Naturellement non ! Depuis 1857 et 1914, l'homme et la justice ont évolué. Nous pensons différemment.

Mais, je pense qu'il serait tout de même nécessaire de séparer les différents fusillés. En effet, si certains ont été jugés et fusillés un peu trop rapidement, d'autres auraient eu la même peine dans le civil. Ceux qui étaient des vrais meurtriers ne méritaient pas, à l'époque [ne me faites pas écrire ce que je ne pense pas, pour ou contre la peine de mort n'est pas le débat], une autre conclusion que celle de la peine de mort.

Et puis les inconnus fusillés ? Est-ce que quelqu'un parle d'eux ? Non, c'est le silence total. Celui qui a été descendu froidement parce qu'il essayait de s'échapper alors qu'il était au poste de police ? Avant qu'il n'atteigne la sortie du régiment, il était peut-être possible de l'arrêter autrement que par un tir au fusil… Non ? Là, il serait bon de savoir s'il y a eu enquête de gendarmerie. J'en doute mais sait-on jamais…

Autre cas, les soldats qui refusaient de repartir aux tranchées et qui étaient descendus comme des chiens, là, à même le sol où ils étaient couchés. Ceux-là qui sont morts parce que le commandement l'a demandé ? Ce même commandement qui les a notifiés "Mort au combat" pour cacher l'ordre initial donné !

Il est tout de même surprenant que tous ces soldats fusillés l'aient été sur décision d'officiers. Mais, y a-t-il eu des officiers déserteurs ? N'ayant pas encore consulter tous les dossiers, je ne peux dire… Je n'en ai pas l'impression. Je ne peux tout de même croire que tous les officiers étaient d'accord inconditionnellement avec la hiérarchie, en tout temps et en tout lieu !

Pour conclure, il est impensable de revoir tous ces dossiers, toutes ces morts "suspectes"… Un siècle après, il est temps de laisser le passé à sa place. Il est cependant important de parler aussi de ces hommes qui sont partis, qui n'ont pas voulu rester, qui ont contesté… Ces hommes sont aussi allés au front, ont aussi vu les horreurs de la guerre, ont aussi laissé une veuve, une mère éplorée, des enfants orphelins… Ne les oublions pas !