Les dossiers se suivent mais ne se ressemble pas. Le soldat dont il est question dans cet article a été jugé et exécuté dans un temps des plus courts… Il y avait sûrement d'autres solutions moins radicales !

VALLUET Maurice - Jugement

Maurice Eugène Louis naît le 14 mars 1891 à Mont-l'Evêque, dans l'Oise. Il est fils de Eugène Emile, trente-huit ans, cocher, et Maria Louise Eugénie THIBOULT, vingt-huit ans, sans profession. Il a au moins une sœur, Louise Léa Eugénie, née le 21 novembre 1885, à Sées, dans l'Orne. Les parents de Maurice Eugène Louis sont tous les deux natifs de l'Orne, se sont mariés à Bursard, dans l'Orne, le 23 novembre 1880. Eugène Emile exerçait la profession de cultivateur, fils de cultivateur. Qu'est-ce qui a peu bien amené cette famille à un tel éloignement ? D'autant que, en 1911, la famille est de nouveau installée dans l'Orne, à Alençon !

 VALLUET Maurice - FM

Au recensement de sa classe, celle de 1911, Maurice Eugène Louis est déclaré "Bon pour le service armé". Sa fiche matricule le décrit les cheveux châtains, les yeux bleu clair et mesurant 1,66 m. Il a aussi une cicatrice au milieu du front et au-dessus de la main gauche. Il est journalier à Paris, dans le 17ème.

Maurcie Eugène Louis est incorporé le 8 octobre 1912 au 154ème Régiment d'Infanterie. Le 15 avril 1913, il passe au 166ème Régiment d'Infanterie.

Le 17 novembre 1914, l'escouade du caporal Mabille occupait, face à Marchéville, la tranchée la plus rapporchée de l'ennemi. Vers 23 heures, le tour de service appela le soldat de 2ème classe VALLUET Maurice Eugène Louis à aller relever la sentinelle placée à une vingtaine de pas de la tranchée. VALLUET refusa malgré plusieurs injonctions.

Par suite de ce fait, le 27 novembre 1914, il est traduit devant le Conseil de Guerre spécial du 166ème Régiment d'Infanterie. L'affaire est vite expédiée : ouverture de séance, interrogatoire de l'accusé, audition des témoins charges, réquisitions du défenseur et du Commissaire du gouvernement. Les débats sont clos. Le Conseil se retire, délibère et condamne, à l'unanimité, à la peine de mort avec dégradation militaire, pour refus d'obéissance devant l'ennemi et par application de l'article 218 du Code de Justice militaire.

Le 29 novembre suivant, à 12 heures, à la sortie ouest de Mnaheulles, au sud de la route, Maurice Eugène Louis est exécuté.

Maurice Eugène Louis aurait-il eu le même jugement s'il était passé devant un "vrai" Conseil de guerre ? Car, dans ce cas-là, c'est le régiment qui décide… Pourquoi pas une peine de simple prison, dans un premier temps ?...