http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/article.php?larub=211

Cette année voit arriver ma troisième participation à ce Challenge. Toujours autant l'envie de participer !...

Cette année, le Challenge se déroule en novembre, et, pour moi, cela change la donne. En effet, si la première année mes articles étaient aussi divers que variés, l'an passé je me suis attachée à écrire un article dont la documentation était issue d'une série des archives départementales.

L'année 2018, novembre, c'est la fin du Centenaire de la Première Guerre Mondiale...

Cette guerre, terrible, a eu son lot de décès militaires, de décès civils, de blessés, de défigurés – les gueules cassées. Elle a aussi eu son lot de villages détruits, de familles détruites, qu'il a fallu reconstruire, jour après jour avec peine, avec tristesse mais avec courage.

Dans les décès de militaires, tous morts pour la France, les statuts sont différents :

  • les morts, simplement, dont on ne parle pas, même si, pour certains, il a été déclaré "mort accidentelle", ces morts non attribuées au service pour des raisons aussi peu valables les unes que les autres.
  • les reconnus "Morts pour la France", parmi eux, certains qui ont été abattus par le commandement car ils refusaient de repartir dans les tranchées, ces morts que l'autorité a camouflés pour ne pas être punie ! Heureusement, ces morts par la France ont été reconnus comme étant Morts au combat.
  • les fusillés pour l'exemple, les soldats dont les noms ont été tirés au sort pour épargner la mise à mort de toute une section, de toute une compagnie... Sont-ils tous, aujourd'hui, réhabilités ?
  • les fusillés pour des raisons incroyables, pas souvent justifiées, mais qui relevaient du Code de Justice Militaire dans une période plus que mouvementée, les jugements valent ce qu'ils valent...
  • les fusillés pour abandon de postes en temps de guerre : pouvons-nous, aujourd'hui, leur reprocher cette attitude. Pour sûr : NON ! Mais, aurions-nous eu la même pensée en 1914 ? Je ne pense pas : comme tous, nous aurions trouvé que c'était normal...
  • les fusillés "politiques", ceux dont le principal défaut était d'être anarchistes. Ce choix politique leur a valu beaucoup de représailles...
  • les fusillés pour "espionnage", dans certains cas – celui de Joséphine ALVAREZ, par exemple, il aurait fallu que la justice soit la même pour tous les accusés... Mais, nous pouvons penser que la raison même d'espionnage peut justifier la mise à mort en temps de guerre.
  • les fusillés pour ceux qui ont tué leur propre camarade de campagne pour lui voler la sacoche, le pantalon, que sais-je encore... Cette attitude du soldat accusé relèverait plutôt de la justice civile, mais, c'était la guerre...

Je n'ai pas encore trouvé d'autres cas dans les dossiers que j'ai lus, exploités, appréhendés, traités... Que vais-je pouvoir encore découvrir ?...

Donc, dans les articles que j'écris au cours de ce Challenge, voire au cours de l'année, sur les soldats fusillés, mon propos n'est pas de jugé LE soldat dont je parle, mais bien de montrer que beaucoup, vraiment beaucoup, avec nos lois d'aujourd'hui, n'auraient... peut-être pas... été fusillés.

Mais, et il y a un grand MAIS, en temps de guerre, les situations sont sensibles, différentes. La Seconde Guerre Mondiale ne l'a-t-elle pas démontré ?...

Je ne demande la réhabilitation de personne, je ne juge personne, j'essaie seulement de montrer que chacun réagis à l'armée, à la guerre, au moment présent, comme il le ressent... Aujourd'hui, nous nous devons de tous les honorer : les Morts pour la France, les morts pour la France, les morts par la France, et, aussi, ceux pour qui nous pensons que la sentence a été ce qu'elle devait être !...