Dénonciation

La dénonciation est une chose moche mais, parfois, elle est nécessaire ! Ce n'est pas que je veuille me trouver des excuses mais…

Hier matin, je suis aux Archives départementales de Seine-et-Marne. Arrivée un peu tard, je n'ai pas ma place habituelle et je suis placée à côté de deux généalogistes professionnels successoraux. D'ailleurs, dans la salle, quatre étaient présents. Comme je les ai reconnus ? A leur tenue vestimentaire et à leur attitude vis-à-vis du personnel des archives.

La tenue est presque costume trois pièces ; l'habit ne fait pas le moine, mais ils sont toujours ainsi vêtus. Nous, les généalogistes familiaux, sommes habillés normalement : pas comme des pouilleux mais pas non plus comme si nous allions à l'Opéra !

Leur attitude est "supérieure" : ils donnent l'impression qu'ils sont les seuls au monde à avoir un "statut". Mais alors, et les historiens, les chercheurs, les généalogistes, tant amateurs que professionnels, tous les bénévoles qui cherchent pour d'autres… ?

Mais, celui qui était à côté de moi m'a bien fait sourire, mais pas tout le temps…

Tout d'abord, l'objet de ses recherches : une belle lignée de feuilles A4 collées les unes au bout des autres dans le format paysage. Les noms et les renseignements écrits au feutre noir – je vous assure que la pointe de ce feutre n'est pas fine. Bref, je pouvais tout lire : je pourrais vous dire sur qui était portée la recherche. Premier point négatif ! Le respect du ou des "clients" en ce cas présent des héritiers potentiels, est loin d'être respecté. Même lorsqu'ils sont partis déjeuner, les documents sont restés là, visibles de tous !!!

Mais, où j'ai manqué d'éclater de rire, c'est lorsqu'il s'est trompé par deux fois de demande de documents : il a simplement omis de vérifier de quel canton dépendait la commune sur laquelle il cherchait une déclaration de succession ! Incroyable pour un pro !

Puis, ce qui me surprend toujours, est le fait qu'il ne prenne aucune photo de la preuve de ce qu'ils vont présenter. Machin est fils de truc mais je ne peux vous le confirmer : il faut me faire confiance. Confiance ? Chacun sait qu'il est très aisé de faire une erreur : noter le prénom de l'un pour l'autre, avoir une erreur sur une date, que sais-je encore…

Bien, j'arrive à l'objet de ma dénonciation… Si, je vois bien que vous attendez de savoir comment j'ai osé… Tout simplement que ce monsieur, ayant enfin obtenu le registre dont il avait besoin, a sorti de sa poche un feutre – le noir avec une pointe épaisse – et a enregistré son information à quelques centimètres du document d'archive. Les règles sont nationales et sont les mêmes pour tout le monde : crayon de bois dans les dépôt d'archives ! Ce n'est pas parce que Môssieur est un généalogiste successoral qu'il a des droits différents ! s'il a des droits, il ne faut surtout pas qu'il oublie ses obligations. Je suis donc allée le signaler au président de salle qui ne pouvait rien voir : beaucoup de monde au comptoir !

J'ai hésité mais je me suis dit que les documents me remercieraient sûrement s'ils pouvaient parler.

Si les généalogistes professionnels et/ou chercheurs montrent bien l'exemple, je pense que celui qui ne "sait" pas fera comme tout le monde !

Alors je ne regrette pas mon accès de colère et mon geste : le respect des documents qui parviennent jusqu'à nous est important si l'on veut qu'ils parviennent aussi aux générations futures dans l'état dans lequel nous les avons vus !...