Je fais des recherches généalogiques personnelles depuis maintenant trente-quatre ans. A l'époque, je faisais figure de "bébé" car, en règle générale, seul(e)s les retraité(e)s pouvaient s'adonner à ce plaisir…

Partage Mamie-Poupette

Pourquoi ? Parce qu'ils avaient désormais le temps ! Celui de se déplacer dans les dépôts d'archives – nous étions loin de penser qu'un jour il y aurait le net –, puis celui de trier, classer… Bref, d'effectuer toutes les tâches qui découlent de ces recherches et découvertes.

La tâche était d'autant plus ardue, que, souvent, dans les familles, on ne "parlait pas" enfin, pas vraiment… Ai-je jamais posé des questions à mes grands-parents ? Non, jamais, ce n'était pas faute de partager les sorties à la Caverne du Dragons avec mon grand-père, ce grand-père trop jeune pour faire cette guerre : il est parti en 1919. Je n'ai jamais pensé lui demander pourquoi nous venions là si régulièrement. Avait-il des amis qui étaient morts là ? Je ne saurai jamais de toute façon !... Alors, je trouve qu'il est important que nous, aujourd'hui, généalogistes amateur(e)s et/ou professionnel(e)s, nous parlions. Que nous fassions la démarche vers nos petits-enfants, sans attendre qu'ils nous posent les questions.

Comment aller vers les enfants ? Pas simple ! Les écoles ?

Lorsque les généalogistes peuvent intervenir sur tel ou tel sujet, sur, éventuellement, des ateliers de généalogie. Sauf que, ce n'est pas vraiment au programme de l'enseignement tant en primaire qu'au niveau du collège. Mais, il y a ce fameux centenaire ! C'est une occasion toute trouvée pour intervenir auprès des primaires : c'est au programme du CM2. Dans beaucoup de communes, désormais, les enfants de primaire chantent l'hymne national lors de la cérémonie du 11 novembre !

Intervenir dans les classes est important, nous pouvons expliquer les choses de la guerre : "Pourquoi les hommes partaient, même les "vieux" ? Pourquoi certains sont venus d'Algérie, du Sénégal, d'autres pays encore ? Quand est mort le dernier soldat ?" Bref toutes les questions qui peuvent passer dans la tête de nos petit(e)s…

Autre façon de parler des archives, des recherches, de la guerre : le rôle des Archives départementales

Pendant les prochaines vacances d'automne, les Archives départementales de Seine-et-Marne proposent deux ateliers les mardi 23 et mercredi 24 octobre. Ces ateliers sont ouverts aux enfants à partir de 8 ans, accompagnés bien sûr. Je suis donc inscrite avec ma petite-fille de 11 ans qui veut "découvrir" là où je suis si souvent… Le thème que nous aborderons "Les familles dans la Grande Guerre". Après une visite des locaux, il nous sera proposé de découvrir des documents. Mon but, là, n'est pas de faire mais bien d'aider ma petite-fille à faire ! Je suis déjà impatiente !

Le rôle des Associations

Les Associations de généalogie se disent en perdition d'adhérents. Certes, maintenant que pratiquement tout l'état-civil français est en ligne, que les fiches matricules ont rejoint… Que peuvent proposer les Associations ? Des interventions auprès des jeunes afin de leur montrer l'intérêt de la généalogie. Come toute autre association au final !... Ces Associations peuvent aussi proposer des voyages sur des lieux de mémoire, sur des terres d'où pouvaient venir une majorité d'ancêtre locaux. En Seine-et-Marne, les populations transitaient beaucoup. Les villages étaient des lieux de passage jusqu'à très récemment, années 1950.

La Seine-et-Marne est proche de Paris, il serait aussi intéressant d'emmener les jeunes dans des lieux historiques de Paris, de la Marne, de l'Aisne…

Il faut agir, car le problème de la majorité des généalogistes amateurs reste "Que va devenir ma généalogie lorsque je ne serais plus là ?" La réponse est dans vos mains ! Soit, vous faites de la généalogie comme tout un chacun fait du sport et vous partagez avec votre famille. Soit, vous considérez que c'est VOTRE terrain et vous n'intéressez personne autour de vous, alors, votre travail, si vous ne le faites pas déposer aux Archives, tombera dans les oubliettes !

Je ne dis pas qu'il FAILLE faire quelque chose, mais j'écris qu'il faut penser au futur, à "l'après nous". Et puis, quel bonheur que de pouvoir partager… Avez-vous d'autres idées ?...