Recherches

Un généalogiste professionnel cherche, tout le temps, pour d'autres personnes qui n'ont pas toujours le temps ou l'envie de chercher leurs ancêtres, un ancêtre en particulier, de connaître l'histoire de leur bien. Ce généalogiste professionnel n'oublie pas, pour autant, ses recherches personnelles car c'est en débutant pour lui-même que le goût lui est venu de le faire pour d'autres, à temps plein...

Ce n'est pas pour autant que ses recherches sont plus rapides, plus "conséquentes". L'importance du nombre des ancêtres de nos généalogie (collatéraux compris) n'est que fonction de la durée des recherches – 1 an, 5 ans, 10 ans, plus..., du temps passé – tous les jours, toutes les semaines, de temps en temps. Donc, pour "comparer" deux généalogies, il faudrait prendre en considération le temps passé en y ajoutant les zones de recherches qui ne sont pas toutes équitables en termes de documents consultables. Les zones dévastées par les guerres, la Révolution a brûlé les archives de Paris, un palais de Justice qui a pris feu, sont autant de raison qui font que remonter l'état-civil n'est pas aussi aisée d'un département à un autre.

Et que dire si les ancêtres étaient "voyageurs", par envie, par besoin (le travail des colporteurs, des employés de chemin de fer, des bateliers, etc.), par obligation (les optants d'Alsace ou de Lorraine), ... Les ancêtres parisiens aussi : ils arrivaient de partout. C'est ainsi que ce sont croisés mes Alsaciens, Anglais, Manchots ou Manchois, Picards... Dans ces conditions, les recherches sont longues et fastidieuses, sans compter qu'il faut savoir leurs origines, pour la descendance : 20 arrondissements auxquels vous pouvez ajouter les départements d'Île-de-France. Mais, le bonheur de la généalogie n'est-il pas la recherche ? La découverte, finalement, n'est pas si importante : elle ne nous permet que de chercher d'autres ancêtres...

Pour les raisons invoquées ci-dessus, il est évident que les recherches ne sont pas toujours fructueuses, même avec le temps, même avec la quantité de documents consultés. Parfois, cela ne suffit pas ! Et puis, un jour, bim ! Vous avez le renseignement par hasard : vous lisez des actes pour une autre recherche, vous faites une demande sur un forum et là... le bonheur à l'état pur. Enfin, enfin vous avez la réponse ! Mais, cela n'ouvre pas toujours une longue lignée d'ancêtres, simplement le fait d'avoir la réponse...

Quelques années en arrière, je me suis lancée – enfin ! disait-on dans la famille, à la recherche de mes ancêtres parisiens. Mon grand-père maternel est né à Issy-les-Moulineaux, quelques kilomètres me séparant de la commune – les archives n'étaient pas encore en ligne, je me déplace. Je reçois un accueil plus que chaleureux, le personnel cherche même avec moi, mais rien, rien que la naissance de mon grand-père et la confirmation qu'il avait habité là avec ses parents. Dépitée, je rentre chez moi et écrit mon désarroi sur un forum – Libractes. Quelle n'a pas été ma surprise d'avoir la réponse en moins de vingt minutes ! Je ne demandais que de l'aide pour savoir dans quelle direction chercher, et, là, une abonnée de ce forum me donne le principal : le mariage de mes arrière-grands-parents. Comme si la personne était là, devant son écran, à attendre que je lui pose la question ! Ce renseignement-là a valu de l'or, je suis remontée, remontée, remontée... jusqu'au XVIIème dans l'Oise, dans l'Essonne, en Belgique, dans le Haut-Rhin, etc.

Depuis, dans cette branche, je cherche les descendants afin de connaître des cousins d'aujourd'hui. Cela n'est pas simple non plus, il y a de belles surprises...

Dans une autre branche, je cale, vraiment. J'ai pourtant des informations orales : mon arrière-grand-père, CARON Achille, serait décédé en 1919. Mais personne, parmi ceux qui peuvent en parler, ne savent où. J'ai bien ses parents, ses frères et sœurs, son épouse, ses beaux-parents, ses enfants – quoi que, mais je n'ai ni la date ni le lieu du décès. Sur la fiche matricule, il est noté qu'il est réformé pour tuberculose pulmonaire, réforme confirmée en 1914 au moment de la Guerre. Il devait être sacrément malade ! Alors, je pense qu'il est décédé dans un sanatorium... mais lequel ? où ? Cela reste encore un grand mystère !

CARON Achille

Une autre branche, celle des MENOT, s'arrête au décès de Nicolas en 1821. Il est dit âgé de soixante-sept ans. J'ai son épouse, des enfants – les ai-je vraiment tous ? – mais je ne sais pas où il s'est marié, ni qui sont ses parents. La zone dans laquelle je cherche est celle du Chemin des Dames, dans l'Aisne. C'est donc compliqué !Si les recherches d'état-civil ne sont pas toujours aisées, il reste les autres... Par exemple un conseil de famille dans un département très, trop, éloigné. Pourtant, le rapport de ce conseil de famille expliquerait bien des choses. Pourquoi cet enfant ou cet autre n'est pas resté auprès du parent survivant, par exemple ! Les inventaires après décès nous permettent d'expliquer que non, l'arrière-grand-mère n'a pas été spoliée au moment du décès de son père, seul parent survivant. Les contrats de mariage, les déclarations de successions, les actes notariés des remplacements militaires... Bref, tous ces documents qui nous permettent de mieux "cerner" l'ancêtre qui a tant d'intérêt pour nous. Alors, il faut patienter, il faut se déplacer, il faut... chercher ! N'est-ce pas le but premier de la généalogie ?...

Alors, j'espère toujours découvrir ce qui me manque, ce qui me permettra d'aller encore plus loin, dans le temps comme dans la précision. Je sais que je n'aurai pas tout le monde, que, lorsque je ne serai plus, d'autres ne rechercheront peut-être, voire sûrement pas, et qu'un jour, je ferai, moi aussi partie des ces ancêtres recherchés...