Gratuit

Dans le monde actuel de la recherche généalogique, deux mondes se côtoient : les amateurs et les professionnels. Les premiers recherchent la gratuité à tout prix et les seconds sont rémunérés sur le travail effectué à la demande d'un client. Mais, le tout gratuit, qu'est-ce que c'est ?...

Un dépôt d'archives, comme son nom l'indique, est un lieu où sont stockés les documents ayant trait à la vie de la famille, de la commune, du département, de la région, de la Nation, etc. Ces archives occupent des locaux qu'il faut toujours plus importants ; cela représente un bon nombre de kilomètres linéaires.

Ce stockage a donc un coût : les locaux, tout d'abord, qu'il faut acheter ou louer, puis le personnel, qu'il faut employer pour gérer et mettre à la disposition du public, l'entretien, l'éclairage, bref, tout ce qui est nécessaire pour la "vie" de ces archives et des lieux ! Si c'est gratuit, la question que je me pose est "Comment paie-t-on les personnels, les lieux, les frais inhérents à l'intendance ?". Tout simplement par les impôts ! Communaux pour les archives communales et ainsi de suite pour tous les autres dépôts. Donc TOUT LE MONDE paie, même ceux qui ne font pas de généalogie.

Oh, je vous entends ! Le Conseil Général met à la disposition de tous les réseaux de bus, je ne prends pas le bus mais je paie mes impôts comme tout le monde. Certes ! Mais l'usager du bu paie aussi son trajet, donc... Ah, d'accord ! Entre le Conseil Général et le bus, il y a des entreprises... Alors, pourquoi être choqués si les dépôts d'archives "vendent" ou "louent", je ne sais d'ailleurs, les archives à des organismes comme FILAE qui, lui, se fait rémunérer pour la mise à disposition des informations ?

Je poursuis... Certains veulent, à tout prix, la gratuité : ils la revendiquent, ils la prônent ! Sauf que... Sans être abonnés à aucun site payant, ils visitent ces sites en quête d'informations concernant leurs recherches généalogiques, puis font appel au "gentil" abonné pour leur donner l'information ! C'est le monde à l'envers ! Vous voulez du gratuit, alors assumez et faites comme nous faisions il y a plus de trente ans : le courrier ou les déplacements personnels. Mais la gratuité sur le dos de celui qui paie... Je remarque bien ici et là que ce sont toujours les mêmes personnes qui demandent et... toujours les mêmes qui répondent !

Comme c'est bientôt la rentrée, je suis allée voir les coûts d'inscription dans différentes associations dites culturelles. Par exemple, pour apprendre l'informatique, matière très utile en généalogie, le coût annuel varie de 130,00 à 220,00 €. L'abonnement annuel chez FilaeTM est de 80,00 €, celui de GeneanetTM est de 50,00 €. Cela fait un coût global annuel de 130,00 €. Alors... Vous trouvez cela onéreux ? Dans le cas du club informatique, vous n'avez les cours que pendant les périodes scolaires soit environ 9 mois, voire moins peut-être, dans l'année. Les cours proposés touchent à tous les domaines de l'informatique, du lundi au vendredi de 20h00 à 22h00. Avec les services payants de généalogie c'est 24 heures sur 24, 7 jour 7, 365 jours par an. La différence entre les deux, ramenée au coût horaire est 0,36 à 0,61 cts pour l'informatique contre 0,01 ct pour les services de généalogie payants.

Certes, dans le premier cas, c'est un coût réel, quoi que : vous ne suivez peut-être pas les cinq cours toutes les semaines... Tout comme dans le second cas, vous n'êtes pas devant votre ordinateur 24 heures sur 24 !

Il n'est donc pas étonnant que les dépôts d'archives "délèguent" la mise en ligne de leurs documents : pas de personnel à rémunérer, pas de lieu de stockage informatique à entretenir, bref, moins de charges pour la communauté départementale !

Mais, une question me taraude... Que vont devenir les locaux d'accueil ? Ceux où nous pouvons encore consulter les documents papiers que peu de généalogistes recherchent... Déjà, certains n'ouvrent plus au public tous les jours comme encore il y a une dizaine d'années. Certains n'ouvrent que sur rendez-vous. Ces archives vont se refermer et il sera plus difficile encore de mieux connaître notre passé. Ce passé ne s'arrête pas aux actes de naissances, mariages, décès, contrats de mariage et fiches matricules ! Il y a aussi les documents officiels qui géraient la vie de nos ancêtres, il y a les "aventures" communales, il y a, il y a... Mais cela intéresse-t-il vraiment ? J'en doute lorsque je constate le peu de personnes présentes en salle alors que, parfois, c'était plein !

Les inscriptions dans les dépôts d'archives sont gratuits, pour autant, peu s'y rendent... Les seuls frais qu'il faut envisager sont ceux de déplacement et de reproduction de documents. Je comprends bien que si vous habitez la Bretagne, l'Alsace ou le PACA sont éloignés mais... Il existe les échanges de services, pour moi c'est tout de même mieux que le tout gratuit et puis, les vacances peuvent être propices à découvrir les lieux où vivaient nos ancêtres, non ? A mes débuts, déjà 34 ans, j'allais aux archives départementales de l'Aisne tous les premiers lundis et mardis du mois. Je partais à 7 heures du matin et rentrais le lendemain soir aux alentours de 20 heures. Il me fallait quelques temps pour dépouiller les documents et les informations recueillis : que de papiers étalés à même le sol ! Mais quel bonheur lorsque tout était organisé et les documents remis dans les bons dossiers !

Ces recherches-là, il y a déjà tant d'années, avaient bien un coût : le papier, l'enveloppe et le timbre pour les demandes par voie postales, et les frais de trajet, d'alimentation et d'hébergement, lors des déplacements dans les dépôts d'archives. Nous plaignons-nous ? Bien sûr que non ! Nous étions trop heureux de faire avancer, petit à petit, sans urgence, notre si grande famille. Aujourd'hui, j'ai 41951 ancêtres, tous reliés par un acte. Ils ne sont certes pas mes ancêtres directs puisque, comme je l'ai déjà écrit, je relève les pièces rapportées dès que je "dépouille" une petite commune. Cela fait beaucoup, cela peut paraître "pompeux" mais cela ne l'est pas ! En 34 ans, cela ramène à avoir découvert un peu plus de trois ancêtres par jour... Les moissons journalières de l'époque étaient bien moins importantes que celles qui peuvent être réalisées de nos jours... avec les archives gratuites en ligne ! L'accessibilité aux documents était déjà gratuite, mais... il fallait payer le reste !

Donc, le gratuit a un coût : celui de l'entretien tout comme celui de la personne qui donne le renseignement à celui qui ne veut pas cotiser...