Evette - MaMMonument aux Morts - Evette (90)

Au recensement de 1911, la commune d'Evette-Salbert recense 50 porteurs du patronyme JARDOT, pièces rapportées incluses. Douze jeunes gens participent à la Première Guerre Mondiale... Dix noms sont inscrits sur le Monument aux Morts, dont cinq frères !...

Le 6 septembre 1879, Pierre Jules JARDOT, veuf sans enfant, trente ans, cultivateur, épouse Marie Honorine MARCONOT, vingt-et-un ans, sans profession. Le couple a huit enfants, tous nés à Évette :

  • Pierre Jules, le 7 mai 1881,
  • Paul Jules, le 16 novembre 1883,
  • Léon Émile, le 13 avril 1885,
  • Aristide Justin, le 8 août 1886,
  • Armand Eugène, le 23 septembre 1887,
  • Marie Honorine, le 14 octobre 1889,
  • Joseph Alfred, le 16 août 1892,
  • Othilde Marie Julienne, le 17 novembre 1896.

Pierre Jules décède avant le recensement militaire : il n'a pas de fiche matricule.

En 1903, Paul Jules est recensé sous le numéro matricule 1740. Il est décrit cheveux châtains et yeux gris-bleu, et mesure 1,66 m. Il est incorporé au 152ème Régiment d'Infanterie le 15 novembre 1904, avec le numéro au corps 7990. Il est promu caporal le 24 septembre 1905, avant d'être envoyé dans la disponibilité le 8 novembre 1906 avec le certificat de bonne conduite. Le 2 août 1914, rappelé à l'activité par l'Ordre de Mobilisation générale, il rejoint son régiment d'affectation le 42ème Régiment d'Infanterie. Il est blessé le 6 septembre 1914 à Bouillancy, dans l'Oise. Quelques mois plus tard, le 15 juin 1915, Paul Jules JARDOT est porté disparu à Quennevières, toujours dans l'Oise. Le 22 mars 1921, le Tribunal de Belfort le déclare décédé le 16 juin 1916...

En 1905, Léon Émile est recensé sous le numéro matricule 1876. Il est décrit cheveux châtains et yeux bleus, et mesure 1,62 m. Il est incorporé au 35ème Régiment d'Infanterie le 8 octobre 1906, avec le numéro au corps 11319. Il est envoyé dans la disponibilité le 25 septembre 1908 avec le certificat de bonne conduite. Le 2 août 1914, rappelé à l'activité par l'Ordre de Mobilisation générale, il rejoint le 171ème Régiment d'Infanterie. Le 27 novembre suivant, Léon Émile JARDOT est porté disparu au combat dans la forêt d'Apremont, dans la Meuse. Il est déclaré décédé le 27 novembre 1914 par jugement du Tribunal de Belfort, le 2 octobre 1920. A titre posthume, il est décoré de la Croix de Guerre avec étoile de bronze, et reçoit la Médaille Militaire par décret du 22 décembre 1921.

En 1906, Aristide Justin est recensé sous le numéro matricule 1914. Il est décrit cheveux et yeux châtains, et mesure 1,68 m. Il est incorporé au 4ème Régiment d'Artillerie le 9 octobre 1907, avec le numéro au corps 8766. Il est renvoyé dans ses foyers le 6 octobre 1909 avec le certificat de bonne conduite. Le 2 août 1914, il rejoint le 47ème Régiment d'Artillerie. Aristide Justin JARDOT décède dans l'incendie de son cantonnement à Hors, dans l'Aisne, le 8 février 1915.

En 1907, Armand Eugène est recensé sous le numéro matricule 1926. Il est décrit cheveux châtains et yeux gris, et mesure 1,66 m. Il est incorporé au 23ème Régiment d'Infanterie, 4ème Bataillon, avec le numéro au corps 13234. Il est envoyé dans la disponibilité le 25 octobre 1910 avec le certificat de bonne conduite.

Le 22 novembre 1913, Armand Eugène épouse Joséphine Mélie VOISINET.

Le 2 août, rappelé à l'activité par l'Ordre de Mobilisation générale, il rejoint le 172ème Régiment d'Infanterie. Armand Eugène JARDOT est porté disparu le 2 octobre 1914 au Bois d'Ailly, dans la Meuse. Le 22 juillet 1921, le Tribunal de Belfort le déclare décédé à la même date du 2 octobre 1914.

En 1912, Joseph Alfred est recensé sous le numéro matricule 1286. Il est décrit cheveux blonds et yeux bleu-verdâtre, et mesure 1,62 m. Il est incorporé au 171ème Régiment d'Infanterie, avec le numéro au corps 1549. Joseph Alfred JARDOT décède le 14 janvier 1915 dans la forêt d'Apremont, dans la Meuse.

Le 2 août 1914, Pierre Jules et Marie Honorine voient partir leurs cinq fils. Tous, comme la plupart des français à l'époque, pensent que la guerre va vite être gagnée, tous pensent presque qu'ils seront de retour pour Noël... Personne ne peut imaginer le tragique destin de leur famille... A Noël 1914, la tristesse est là d'autant que Pierre et Honorine n'ont plus de nouvelles de Léon Emile et Armand Eugène : ils sont portés disparus ! Et puis la Guerre s'achève le 15 juin 1915 ! Joseph Alfred et Aristide Justin sont décédés, la famille l'a su à huit jours d'intervalle au mois de mai ! Paul Jules ne donne plus de nouvelles : il est porté disparu depuis le 15 juin... La Guerre s'est arrêtée au bout de 315 jours, ou 10 mois et 15 jours ! En moins d'une année, la famille JARDOT a été anéantie !

Evette - les enfants

Pierre Jules et Marie Honorine sont décédés entre 1926 et 1931 (source recensements de population). Othilde Marie Julienne, célibataire, mère de Léon, né en 1912, vit, en 1931, chez sa sœur Marie Honorine Mathilde et son beau-frère Henri SIMON, parents de Henri, né en 1920 et Léon, né en 1925. La vie continue...