Glenn GOULD

Calogero avec son titre "1987" attire notre attention sur ces chansons qui nous accompagnent tout au log de notre vie. Pour sa part, il ne retient que les tubes de 1987, mais nous, quelles sont ces chansons, ces musiques qui nous ramènent à une date précise ?...

1969 –"Space Oddity" de David BOWIE est inséparable, dans mes souvenirs de Luc D. Nous étions en classe ensemble au lycée : c'était une "tête". Il avait un look jean, cheveux mi-longs. Il m'a fait découvrir David BOWIE, les Rolling Stones, etc. et toute la musique anglosaxonne ! Je garde cependant avec grand soin un 33 tours de Mike BRANT qu'il m'avait offert pour mon anniversaire : la disquaire aimait à nous rappelé sa gêne lorsqu'il est allé l'acheter... J'en souris encore ! Par la suite, j'associe David BOWIE et le superbe film Furyo. Il a eu là un rôle hors du commun !

1978 – "La fièvre du samedi soir" des Bee Gees, pour beaucoup, c'est le film... Pour moi, la naissance de ma première fille. J'habitais à Trèves, en Allemagne. Je sortais beaucoup en boîte, comme beaucoup de jeunes, mais c'était avant ! Ce petit bout m'a ouvert une autre forme de vie, un autre bonheur : celui d'être maman ! Quarante ans, plus tard, elle n'est plus seule, mais ce sont encore mes enfants qui m'apportent le bonheur ! Bien sûr, j'ai un compagnon, mais le lien entre une maman et ses enfants, cela n'a pas de nom, cela ne souffre aucune comparaison...

1989 - "Les valses de Vienne" de François FELDMAN me ramènent invariablement à Berlin, à la chute du mur... Quelle période incroyable ! Quel bouleversement ! Lorsque j'écris bouleversement pas seulement de ce mur qui, somme toute, n'est pas tombé "comme ça". Il a fallu quelques temps pour qu'il soit absent du paysage. Seule la galerie, ces pans de murs peints par des artistes connus et inconnus, pouvait rester visible.

J'allais tous les jours à la Porte de Brandeburg pour vérifier si l'ouverture se faisait : trois semaines, trois longues semaines avant d'avoir une ouverture pour passer d'Ouest en Est et un autre, bien distincte de la précédente, pour passer dans l'autre sens. Mais il y avait toujours cette méfiance : comment faire confiance à celui qui n'aurait pas hésité un seul instant à tirer sur un allemand de l'Est essayant de passer le mur seulement quelques jours plus tôt ?...

Les années sont passées, personne ne parle de l'Est ou de l'Ouest lorsqu'il est question d'Allemagne. Seulement, ceux qui ont connu, ceux qui sont nés d'un côté ou de l'autre, ceux-là parlent toujours des deux pays... Lorsqu'ils ne seront plus, il y aura enfin une seule Allemagne...

2017 – "Retour en terre celte" de Gwenaël KERLEO me ramène mon frère, Pierre. Avec cette chanson, je sens que je partage encore ce morceau qu'il aimait beaucoup. C'est sûrement, hormis les sentiments échangés visuellement, le dernier partage que nous ayons eu, mais quel partage !... Cette musique est apaisante, envoutante, elle me transporte dans un autre monde où la guerre, où la peine, sont totalement absents. Tout cette musique permet de quitter le monde présent, de se plonger dans des bois ou des prairies et d'être proche de la nature... J'imagine même ce grand champ en face de la ferme de M. et Mme MASSELUS, là où nous allions enfants avec nos cousins Patrick et Jean-Luc, ainsi que le fils des fermiers, Alain. Le champ descendait, un petit cours d'eau le traversait... Ce champ a longtemps hanté mes rêves... Il était toujours présent à ma mémoire même si je ne suis pas retournée là-bas depuis... hummm... au moins quarante-huit ans ! C'était une période de bonheur que je partageais avec mon frère, "Retour en terre celte" permet encore et toujours ce partage...

Il y a encore tant de chansons ou de musiques qui me rappellent des souvenirs plus que précis que je dois m'arrêter là... Mais je suis sûre que vous avez, vous aussi, des titres qui vous trottent dans la tête et qui vous rappellent des moments magiques !