Le 152ème Régiment d'Infanterie est au Bois de Belleau jusqu'au 5 juin 1918, jour où les forces américaines prennent le relais. Certains ne participeront pas à d'autres batailles...

"Le 2 juin 1918, vers 21 heures, la 11ème Compagnie se repliait du village de Belleau. Le soldat BET Antoine, fusilier-mitrailleur, tireur à la 1ère Section, voyant l'ennemi serrer de près sa compagnie et la menacer dans son repli, s'installa avec son fusil-mitrailleur au carrefour des routes Belleau-Tory – Belleau-Lucy et ouvrit le feu sur les boches qui progressaient par la route du village, retardant ainsi leur marche et permettant à la Compagnie de prendre du champe et de se reformer. Le lendemain, le soldat BET fut tué d'une balle à la tête au cours d'une attaque boche dirigée sur sa section".

 BET Antoine

Antoine BET naît le 24 mars 1897 aux Guerreaux, en Saône-et-Loire. Il est fils de Henri, quarante-deux ans, fermier, et Marie JEANDOT, vingt-huit ans, cultivatrice. Il est l'aîné de la fratrie : Jean Marie, le 20 mars 1899, et Charles, né en 1904 à Flées, en Côte-d'Or.

Le père, Henri, étant fermier-cultivateur, la famille se déplace beaucoup. Où ont été recensé les deux frères d'Antoine ?...

Antoine, lui, est incorporé le 11 janvier 1916 au 152ème Régiment d'Infanterie. Il est donc plongé directement dans la Guerre, dans les tranchées, au front... Il est blessé le 25 juin 1917 au Plateau d'Hurtebise, dans l'Aisne. Va-t-il apprendre que sa maman est décédée à Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme, le 30 octobre 1917 ? Pourquoi la famille a-t-elle quitté la Côte-d'Or, le laissant, seul, à la guerre ? Pour se protéger ? Pour protéger les deux garçons encore au foyer ?...

Antoine, lui, retourne au combat... à Belleau, dans ce terrible bois de Belleau ! Le 1er juin, le 3ème Bataillon : "Sa droite (11ème Compagnie) est attaquée pendant la nuit – Attaque repoussée au cours de laquelle le Lieutenant MILLET est tué". Le 2 juin, "l'infanterie allemande laisse beaucoup de cadavres devant le château de Belleau et est complètement repoussée. Vers 16 heures, nouvelle préparation suivie d'une attaque, repoussée également. A 19 heures le repli du 2ème Bataillon découvre sur la gauche du 3ème bataillon qui se maintient cependant dans Belleau jusqu'à la nuit (21 heures) et ne peut se dégager qu'au prix de pertes élevées et grâce à la 3ème Compagnie qui tire jusqu'au moment où toutes les pièces sont prises et où plus des deux tiers de son effectif est tué, blessé ou prisonnier. Repli du 3ème Bataillon à 300 mètres ay sud de Belleau. Sa droite, à la corne nord du Bois de Belleau reçoit des coups de mitrailleuses du 158ème qui, par méprise, lui tire dans le dos et sa gauche voit des fusées blanches boches qui semblent partir des pentes à 1 500 m au sud-ouest de Torcy". Le Bataillon se replie sans attendre l'ordre du Lieutenant-Colonel MEILHAN, chef de Corps du 152ème.

A minuit, le régiment reformé, reçoit l'ordre de se reporter en avant pour reprendre le terrain abandonné !

Les soldats sur le front dans le Bois de Belleau depuis le 30 mai sont épuisés... Comment pourrait-il en être autrement ? Pourtant, le lendemain, trois juin, ces hommes repartent pour défendre la France, pour défendre leurs valeurs ! C'est au cours de cette journée du 3 juin 1918 qu'Antoine BET trouve la mort. Cette même journée où Marcel Edmond CHANDIEN, et bien d'autres ont péri !

 BET Antoine 2

Jean Marie BET, le frère d'Antoine, participera ou pas à la Première Guerre mondiale, mais rentrera chez lui : il décède en 1969. Charles, quant à lui, était trop jeune, il ne fera pas la Guerre !