Le 152ème Régiment d'Infanterie est au Bois de Belleau jusqu'au 5 juin 1918, jour où les forces américaines prennent le relais. Le régiment part protéger et défendre d'autres contrées françaises...

"Dans le bois de Bonnes, le 31 mai 1918, à 17 heures, le Sergent GUDIN a réussi à arrêter résolument des groupes allemands qui avaient rompu la liaison entre deux sections amies, et a permis de rétablir la situation de la Compagnie sur ce point".

 GUDIN Louis Joseph

 Louis Joseph GUDIN naît le 14 juin 1895 à Montigny-en-Morvan, dans la Nièvre. IL est fils de François, quarante-six ans, cultivateur, et Jeanne LEGRAIN, quarante-deux ans, ménagère. Il est le dernier d'une fratrie de huit enfants, tous nés à Montigny-en-Morvan :

  • Marie Madeleine, le 1er mai 1873,
  • Pierre, le 16 novembre 1875,
  • Louis, le 11 novembre 1881,
  • Jules, le 5 décembre 1884,
  • Alphonse et Antoine, le 15 octobre 1888,
  • Jeanne le 12 octobre 1891.

 Les six garçons participeront à la Première Guerre Mondiale...

 Pierre GUDIN est exempté du service car l'aîné de huit enfants. Il rejoint le 33ème Régiment d'Infanterie le 6 août 1914, puis passe au 40ème, puis au 29ème et à la 5ème Section d'Infirmiers le 16 janvier 1917. Le 28 mars de la même année, il est évacué pour raison de santé. C'est la raison pour laquelle la Commission de réforme d'Orléans le classe dans le service auxiliaire le 21 mars 1918. Il rejoint donc le 13ème Régiment d'Infanterie le 1er septembre 1918 pour être mis en congé illimité de démobilisation le 14 février 1919.

Louis GUDIN est exempté du service militaire pour raison de santé puis parce qu'il a un frère au service, il ne fera que quelque mois du 13 décembre 1903 au 21 septembre 1904. Il rejoint l'armée le 10 août 1914. Le 1er octobre 1917, il passe au 9ème Escadron du Train et au 14ème le 1er janvier 1919. Il est mis en congé illimité de démobilisation le 2 mars 1919.

Jules GUDIN s'engage volontairement le 25 février 1903, pour 4 ans, au titre du 85ème Régiment d'Infanterie et passe au 3ème Régiment de Zouaves le 26 mai 1905. Promu caporal le 6 mars 1906, il est renvoyé dans ses foyers le 25 février 1907. Le 3 août 1914, il répond à l'appel et rejoint son régiment. Le 22 avril 1915, il passe au 2ème Régiment de Zouaves, puis le 15 juin 1916 au 1er. Il est Mort pour la France, tué à l'ennemi, le 12 septembre 1916 à Forest, dans la Somme.

GUDIN Jules

Alphonse GUDIN est incorporé le 8 octobre 1909 au 56ème Régiment d'Infanterie et envoyé dans la disponibilité le 24 septembre 1911. Il rejoint son régiment le 3 août 1914, passe au 29ème Régiment d'Infanterie le 6 septembre 1914, au 56ème d'Infanterie le 6 septembre 1915, et, enfin à la Compagnie H.R. le 11 janvier 1916. Il est mis en congé illimité de démobilisation le 16 juillet 1919.

Antoine GUDIN est réformé du service militaire pour raison de santé. Mais, le 8 décembre 1914, la Commission de Révision de la Nièvre le déclare "Bon pour le service armé". Il rejoint donc le 29ème Régiment d'Infanterie le 23 février 1915 puis le 56ème le 6 juillet de la même année. Il est cité à l'ordre de son régiment – n° 90 du 21 juin 1918 : "Téléphoniste dévoué et courageux - A rempli chaque jour des missions difficiles dans un terrain violemment battu par l'artillerie ennemie avec le plus complet mépris du danger". Décoré de la Croix de Guerre avec étoile de bronze, il est mis en congé illimité de démobilisation le 2 juillet 1919.

Louis Joseph GUDIN ne connaît rien de l'armée et est donc plongé dans le bain dès le 14 décembre 1914 en rejoignant le 56ème Régiment d'Infanterie. Du 6 juillet au 22 novembre 1915, il est dans le même régiment que son frère Antoine. Le 22, il passe au 334ème Régiment d'Infanterie, puis au 152ème le 31 décembre 1915. Louis Joseph est cité à l'ordre de la Division – n° 452 du 16 septembre 1916 : "Grenadier, premier fusilier d'une bravoure et d'un sang-froid admirable - A contribué à l'enlèvement d'une position extrêmement importante pendant les journées des 3 et 4 septembre - A donné à ses camarades le plus bel exemple d'énergie étant enseveli trois fois de suite par les obus".

Il est à nouveau cité mais à l'ordre de l'Infanterie – n° 41 du 5 août 1917 : "Très bon caporal - A montré à plusieurs reprises une grande bravoure au feu - Le 24 juillet 1917 s'est particulièrement distingué en entraînant ses hommes à l'assaut d'une tranchée fortement organisée malgré la violence du bombardement ennemi et a organisé la position conquise".

Il est donc dans le Bois de Belleau du 31 mai au 5 juin 1918, pour la bataille du Bois de Belleau. Il est cité dans le Journal des Marches et Opérations – voir en en-tête. Il est cité à l'ordre de la 6ème Armée – n° 609 du 20 juillet 1918 : "Chef de demi-section a effectué une patrouille dangereuse qui a permis de rétablir la liaison dans un instant critique entouré complètement par les Allemands - A ramené sa fraction dans nos lignes - S'est distingué le ... en prenant le commandement de sa section après la mort de son chef et la conduisant avec un sang-froid et un brio remarquable".

Il est blessé par un éclat d'obus le 20 juillet 1918 à Courchamps.

Il est encore cité, la dernière fois, à l'ordre du G.Q.G. – n° 104-34D du 9 octobre 1918 : - à l'ordre du GQG n° 104-34 D du 9 octobre 1918 : "Sous-officier d'élite qui s'est toujours distingué par son courage et son sang-froid - A été grièvement blessé le ... au moment où il arrivait en tête de sa section sur la position ennemie".

Décoré de la Croix de Guerre avec étoile d'argent et étoile de bronze, Louis Joseph GUDIN est mis en congé illimité de démobilisation le 20 juillet 1919.

Le 20 juillet 1919, Jeanne LEGRAIN voit rentrer son dernier fils de cette terrible guerre... Elle doit être soulagée, rassurée, mais triste : elle a tout de même perdu un enfant dans cette longue bataille !