Le 152ème Régiment d'Infanterie est au Bois de Belleau jusqu'au 5 juin 1918, jour où les forces américaines prennent le relais. Si ce n'est pas à cette bataille là, ce sera à l'autre...

"Le 2 juin 1918, à Torcy, le sergent FAYARD s'est porté spontanément en avant pour s'assurer si les premières maisons étaient occupées pars l'ennemi et a apporté de cette reconnaissance es renseignements précieux qui ont facilité la résistance pied à pied de la compagnie et enlevé, à l'ennemi, le bénéfice de la surprise".

 FAYARD Henri Claude

Henri Claude FAYAR naît le 2 décembre 1888 à La Chapelle-sous-Dun, en Saône-et-Loire. Il est l'unique fils de François Auguste, trente-neuf ans, ouvrier mineur, et Françoise TROUILLET, vingt-trois ans, ouvrière en soie. Il a trois sœurs, toutes nées dans la même commune : Claudine Marie Philomène, le 31 août 1874, Jeanne Marie Claudine, le 26 septembre 1878 et Claudia Rosalie, le 15 octobre 1880.

Tout comme ses trois beaux-frères, Jean Marie TRONCY, Antoine et Joseph GIRAUD, Henri Claude en avait fini avec le service militaire. Il ne restait que les périodes à effectuer ! Mais c'est sans compter sur le déclenchement de la 1ère Guerre Mondiale.

Henri Claude rejoint donc le 134ème Régiment d'Infanterie, régiment de son service militaire, le 3 août. Jean Marie et Antoine, ouvriers mineurs, seront placés de suite en sursis pour la durée de la guerre aux mines de La Chapelle-sous-Dun. Joseph rejoint le 60ème Régiment d'Infanterie le 7 août et passe au 89ème le 8 octobre 1914.

Henri Claude promu caporal le 31 décembre 1915, rejoint, le même jour le 152ème Régiment d'Infanterie.

Dans la nuit du 5 au 6 mars 1917, le régiment étant dans la région d'Ammertzwiller, Henri Claude fait partie du groupe participe à "un coup de main tenté par les fusiliers du 152ème et du 41ème BCP, renforcé d'une fraction de la 10ème Compagnie – Résultat : un prisonnier du 36ème Régiment d'Infanterie reste entre nos mains. Nos pertes s'élèvent à 1 officier légèrement blessé, 3 soldats tués par éclats de torpille, un sergent et un homme blessé". Le sergent est Henri Claude. A la suite de ce coup d'éclat, il est cité une première fois à l'ordre du régiment – n° 36 du 7 mars 1917 : "Brave caporal qui a fait ses preuves au feu et a été blessé deux fois en accomplissant son devoir".

Il est cité à l'ordre de la Division – n° 41 du 5 août 1917 : Belle attitude au feu, a entraîné sa demi-section à l'attaque de la tranchée ennemie avec un entrain admirable. Par ses dispositions judicieuses a contribué pour une large part au succès de l'opération". Puis, le lendemain, nouvelle citation à l'ordre du régiment – n° 41 "Sergent fusilier d'un courage au-dessus de tous éloges - A fait preuve d'initiative et d'audace au combat du 22 mai 1917 en faisant mettre en batterie ses équipes de F.M. contribuant ainsi à repousser une contre-attaque ennemie".

Dans le rapport du Journal des Marches et Opérations, à la dates des 22 et 23 mai il est écrit : "Voir le rapport ci-joint" puis suivent les noms des officiers blessés ou tués. Sauf que... le rapport dactylographié à la suite du 16 juin est daté du 17 juillet 1917. Ce "rapport" est en fait l'ordre d'opérations pour la journée du 24 juillet !...

En mai 1918, le régiment est au Bois de Belleau. Là encore, Henri Claude FAYARD, se distinguant durant les journées du 31 mai au 6 juin 1918, est cité pour acte de bravoure dans le Journal des Marches et Opérations. (citation en en-tête). Le régiment se déplace en direction du nord, vers Mont-Notre-Dame. Il est aussi cité à l'ordre de la 43ème Division le 16 juillet 1918 : Chef de section courageux bien que sa fraction fut durement éprouvée par le feu de l'ennemi, a su maintenir en bon ordre soit pour la partie en avant, soit pour assurer le repli, tout en combattant" et à l'ordre de l'Infanterie – n° 106 du 31 du même mois : - cité à l'ordre de l'Infanterie, n° 106 du 31 juillet 1918 : "Excellent sous-officier - a pris le commandement d'une section au début de rudes combats et s'est acquitté avec zèle de ses délicates fonctions - maintenant ses hommes avec le feu et donnant toujours l'exemple de la bonne tenue et du courage".

Le 23 août 1918, à Mont-Notre-Dame, le secteur occupé par le 152ème Régiment d'Infanterie est bombardé par gaz toxiques. Le bilan est de 16 intoxiqués, le 24, 2 blessés et 5 intoxiqués, et le 25, 2 blessés et 10 intoxiqués. C'est en ce 25 août 1918 que décède Henri Claude FAYARD.

Malgré tous ses actes de bravoure, malgré toutes ses citations, la fiche matricule de Henri Claude FAYARD ne fait aucune mention de décoration !...