Le 152ème Régiment d'Infanterie est au Bois de Belleau jusqu'au 5 juin 1918, jour où les forces américaines prennent le relais. Un sacré parcours de guerre...

"Le 1er juin 1918, le soldat SIROT, faisant fonctions de chef de pièce, reste seul avec son servant pour assurer le repli de la 7ème Compagnie – Son servant blessé, l'a porté à l'abri et est revenu chercher sa pièce à quelques mètres de l'ennemi".

Jean Marie SIROT naît le 4 décembre 1897 à Sainte-Radegonde, en Saône-et-Loire, il est fils de Gaspard, vingt-neuf ans, cultivateur, et Antoinette BACQUELOT, vingt-trois ans, cultivatrice. Il est au milieu d'une fratrie de cinq enfants, tous nés à Sainte-Radegonde :

  • Jeanne le 6 septembre 1894,
  • Louis, le 30 novembre 1895,
  • Jeanne, le 30 novembre 1899,
  • Lazare, le 28 janvier 1902.

A la fin de l'année 1914, Antoinette comprend que ses eux fils aînés participeront à cette Guerre que tous pensaient de courte durée. Louis rejoint le 56ème Régiment d'Infanterie le 19 décembre 1914. Il passe au 78ème d'Infanterie le 24 avril 1915 puis au 37ème d'Infanterie le 29 mai 1915.

SIROT Louis

La Guerre continue de faire rage, elle s'enlise au propre comme au figuré. Jean Marie, de la classe 1917, est donc aussi appelé en avance ... Le 11 janvier 1916, il rejoint le 109ème Régiment d'Infanterie puis passe au 15-2 le 20 novembre 1916. Le 8 septembre 1917, il est cité à l'ordre de son régiment : "Bon soldat - Est resté à son poste de guetteur malgré le bombardement donnant à ses camarades le plus bel exemple de courage et de sang-froid".

SIROT Jean Marie

Le 8 septembre 1917, les 2ème et 3ème Bataillons du 167ème Régiment d'Infanterie sont désignés pour mener l'attaque en première ligne. "A l'heure H (5h1à), le départ s'effectue normalement les Boches surpris n'envoyèrent des fusées que lorsque les premières vagues abordaient la tranchée Bochemar. A ce moment, le barrage Allemand se déclenche sur les tranchées de première ligne françaises. Ce barrage est effectué par des pièces de tous calibres et est très violent. En même temps, les avions ennemis survolent les positions". C'est lors de cette bataille que décède Louis SIROT, vingt-deux ans, une victime parmi 79 tués, 407 blessés et 306 disparus... Louis est cité à l'ordre de son régiment – n° 414 le 20 septembre 1917 : "Soldat d'une bravoure remarquable a été tué en chargeant sous un violent bombardement et des rafales de mitrailleuses". Il recevra, à titre posthume, la Croix de Guerre avec étoile de bronze.

Le 8 septembre 1917, Jean Marie est bien loin de se douter de la perte de son frère. Son régiment est en réserve dans la région de Bétheny, dans la Marne. L'année suivante, fin mai et début juin 1918, il est stationné, avec le 15-2 au Bois de Belleau. Il participe à la bataille du même nom et se voit cité dans le Journal des Marches et Opérations le 10 juin. Et puis la Guerre se poursuit, le régiment se déplace.

Le 10 juillet 1918, gazé à Brumetz, dans l'Aisne, il est évacué pour soins. Jean Marie est cité à l'ordre du GQG – n° 918 du 20 août 1918 : "Mitrailleur chef de pièce d'une attitude et d'une énergie héroïque - Malgré des circonstances particulièrement difficiles a réussi à transporter à l'abri son servant grièvement blessé et, après avoir été ensuite rechercher sa pièce, l'a ramené dans nos lignes".

Le 3 février 1919, il rejoint le 221ème Régiment d'Infanterie, puis passe au 94ème Régiment d'Infanterie avant d'être envoyé en congé illimité de démobilisation le 25 septembre 1919.

Jean Marie SIROT est décoré de la Médaille Militaire – Décret du 2 août 1918 – et de la Croix de Guerre avec 2 étoiles de bronze...