Le 152ème Régiment d'Infanterie est au Bois de Belleau jusqu'au 5 juin 1918, jour où les forces américaines prennent le relais. Le régiment part protéger et défendre d'autres contrées françaises...

"Le fusilier-mitrailleur BRETILLOT, devant Monthiers, le 1er juin, a constamment battu par son feu un large intervalle entre sa section et la voisine. A protégé le repli de la compagnie et ne s'est retiré que sur ordre de son Chef de section, après l'infiltration, à sa gauche, de nombreux allemands qui le menaçaient de très près".

 BRETILLOT Elysée Marie Delphin

Elysée Marie Delphin BRETILLOT naît le 24 mai 1897 à Besançon, dans le Doubs. Il est fils de Alfred Delphin, vingt-trois ans, menuisier, et Marie Mathilde PETIT, vingt-trois ans, sans profession. Une petite sœur, Marie Hortense Eugénie naît le 29 juin 1901, aussi à Besançon.

Du fait de l'Ordre de Mobilisation générale du 1er août 1914 et de l'état de Guerre en 1916, Elysée Marie Delphin, de la classe 1917, rejoint le 152ème Régiment d'Infanterie le 8 janvier...

C'est un très bon soldat, cité à l'ordre de son régiment – n° 128, le 2 août 1917 : "Jeune soldat plein d'entrain et de courage, s'est admirablement comporté pendant l'attaque du 24 juillet et pendant les contre-attaques ennemies. A pris une large part dans l'organisation de la position conquise." Il est donc, avec son régiment, à la bataille du Bois de Belleau en ce début du mois de juin 1918. Il est cité dans le Journal des Marches et Opérations de son régiment, à la date du 6 juin 1918. Cette citation, au début de cette article, le montre tout de même imprudent, n'hésitant pas à mettre sa vie en péril. Mais pourquoi ?... Question qui restera sans réponse...

Le 4 octobre 1918, le 152ème R.I. participe à une attaque : "Attaque à 6h30 avec chars – Progression jusqu'à une ligne nord sud coupant la ligne des poteaux télégraphiques de Schiéthock au centre de la zone d'attaque – Avance de 550 mètres". Le 5, le régiment est ramené en réserve. Les résultats, hormis une avancée de 2 400 mètres, indiquent la prise de 16 soldats allemands de trois régiments différents et celle de 50 mitrailleuses environ. C'est sans compter les pertes humaines du régiment : parmi les officiers, 9 tué, 6 blessés et 3 évacués, dans la troupe, 84 tués, inhumés sur place, 326 blessés, 39 évacués et 109 disparus "dont les brûlés dans un incendie et non identifiés", les tués non identifiés et non inhumés, les abandons de postes (3 connus) et 9 prisonniers possibles. C'est lors de cette bataille que Elysée Marie Delphin est blessé et cité à l'ordre du régiment le 10 octobre suivant : "Toujours volontaire pour les missions les plus périlleuses s'est porté à l'attaque des positions ennemies malgré les feux violents de l'artillerie ennemie".

Le 12 octobre 1918, le 15-2 va bivouaquer dans la région de Mosselmarkt, en Belgique et est mis en alerte le 14 dès 9 heures du matin. Il n'y a aucun activité de combat les jours suivants, peut-être, mais rien n'est moins sûr, des actions de reconnaissance. Toujours est-il que c'est le 15 octobre 1918 que Elysée Marie Delphin BRETILLON est tué !

Marie Mathilde ne verra pas revenir son fils... Elle attend, sûrement avec impatience et inquiétude, le retour de son mari, Alfred Delphin. En effet, Alfred Delphin a été rappelé le 1er août 1914. Il est passé de Régiment du Train en Régiment d'Artillerie pour revenir au Régiment du Train. La perte de son fils, l'armistice signée le 11 novembre 1918 ne le fera pas rentrer dans son foyer plus vite. Ce n'est que le 14 janvier 1919 qu'il est placé en congé illimité de démobilisation : il est âgé de 44 ans 7 mois et 1 jour.

BRETILLOT Alfred Delphin

Lorsque la Guerre touche une famille...  Le père et le fils sont partis, seul le plus âgé est rentré...