Lors de lecture de registre d'état civil, il n'est pas rare de lire la transcription d'un acte de décès d'un soldat à l'Hôpital du Gros Caillou à Paris…

 

François Jouvin CARDET, né le 1er juillet 1811 à Orglandes, dans la Manche, fils de Louis et Louise VIDIGRAIN, carabinier au 2ème Régiment de Carabiniers, est décédé à l'hôpital du Gros Caillou le 24 janvier 1833.

CARDET François

Auguste Adolphe LESUEUR né le 9 mai 1849 à Avon, en Seine-et-Marne, fils de Augustin Pierre et Alphonsine MIRABLON, est décédé le 7 février 1871 à l'Hôpital du Gros Caillou, le 7 février 1871.

LESUEUR Auguste

Quel est donc cet hôpital ?

Hôpital du Gros Caillou

L'Hôpital militaire du Gros Caillou est fondé en 1765 – la date de 1759 est parfois mentionnée – par le duc de BIRON, pour les gardes françaises.  Il est ainsi nommé parce qu'il est situé dans le quartier du Gros Caillou, qui devait son nom à une grosse borne servant de limite au territoire de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés et qu'on appelait vulgairement le Gros-Caillou. Il contient 1 200 lits. (Guide alphabétique des rues et monuments de Paris à l'usage des voyageurs et des parisiens, Frédéric LOCK, librairie Hachette, 1855 – Source Gallica)

TENON, dans son rapport de 1788, fait le plus grand éloge de cet hôpital qui contenait 264 lits. Sous la Restauration, il est spécialement affecté à la maison du Roi et à la Garde Royale.

Dominique LARREY, Responsable du Service de Santé de l'Armée impériale en 1815, obtient le poste très important de Chirurgien en chef de l'Hôpital militaire du Gros Caillou en 1828. Son fils, Hyppolite, médecin, le rejoint en 1832. Les eux hommes affrontent la première épidémie de choléra en France

En 1854, l'hôpital du Gros Caillou sert toutes les troupes casernées dans sa circonscription. Grâce aux travaux d'agrandissement que le Génie y a exécutés, il renferme désormais 651 lits. Les bâtiments de l'hôpital n'ont rien de remarquable. Dans l'année, 5 052 malades, dont 85 officiers, y ont été soignés. La mortalité a un taux de 1 soldat sur 15. Comparés aux hôpitaux civils, les hôpitaux militaires présentent une moyenne de décès beaucoup plus faible : les hôpitaux civils reçoivent des malades de tous sexes et de âges, souvent épuisés par les conditions d'hygiène et d'alimentation, alors que dans les hôpitaux militaires ce sont des militaires, hommes souvent jeunes et bien nourris. Le séjour dans les hôpitaux militaires est aussi long que dans les hôpitaux civils, environ entre 23 et 32 jours ; au Gros-Caillou, il est de 17 jours pour les officiers et 23 jours pour les soldats. Le coût d'une journée d'hospitalisation est de 2,83 francs pour un officier et de 1,79 francs pour un soldat.

Le pain n'est pas fabriqué par la manutention militaire mais acheté, de même pour la viande, à l'adjudication. Le linge est blanchi sur place. L'hôpital du Gros-Caillou est bien entretenu, tant dans l'ordre, la propreté que les soins dont sont entourés les malades.

Le Ministère de la Guerre a confié le service de 633 lits aux soins des Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul. (Olivier de WATTERVILLE, Paris dans sa splendeur, 2ème volume, Imprimeur H. CHARPENTIER, 1861 – Source Gallica)

Le 20 novembre 1870, Jules FERRY, alors Président de la commission des Ambulances signe un arrêté sur la répartition des blessés et des malades, l'alimentation et l'inspection des ambulances. Dans l'article premier, il est écrit :"Il est choisi, dans chaque secteur, à l'effet de répartir les blessés et les malades entre les diverses ambulances, un hôpital, dit hôpital répartiteur. Ces hôpitaux sont les suivants :

  • 1er secteur : Hôpital Saint-Antoine,
  • 2ème secteur : Hôpital Saint-Louis,
  • 3ème secteur : Hôpital Saint-Martin,
  • 4ème secteur : Hôpital Lariboisière,
  • 5ème secteur : Hôpital Beaujon,
  • 6ème secteur : Hôpital du Gros Caillou,
  • 7ème secteur : Hôpital Necker,
  • 8ème secteur : Hôpital du Val de Grâce,
  • 9ème secteur : Hôpital de la Pitié."

 L'Hôpital militaire du Gros Caillou est démoli en 1899… Il ne subsiste aujourd'hui que la Fontaine de Mars qui se trouvait devant l'entrée principale de l'hôpital.

Fontaine de Mars

Vous avez sûrement, dans votre généalogie parmi les ancêtres ou les collatéraux, un soldat passé, blessé ou décédé, à l'Hôpital du Gros Caillou…