Bataille de Saint-Privat

Pierre TINGAUD, de la classe 1867, bureau de Guéret, prisonnier à la bataille du Bourget...

 Pierre Barthélémi naît le 22 septembre 1847 à Jouillat, dans la Creuse. Il est fils de Pierre, vingt-cinq ans, maçon, et Jeanne GANIER, vingt-sept ans.

 Pierre est recruté avec sa classe, celle de 1867 : il a tiré le numéro 24 dans le canton de Guéret. Sa fiche matricule, le numéro 10, le décrit cheveux blonds, yeux bleus, un gros nez et un teint ordinaire. Comme nombre de Creusois, il exerce la profession de maçon. Il est incorporé au 19ème Régiment d'Infanterie le 22 octobre 1868, sous le numéro 3883.

Pierre est là pour faire son service militaire, la politique ? Est-ce que cela l'intéresse ?... Mais les grands du monde de l'époque ne voient pas le monde de la même manière. L'un, Napoléon, a soif de pouvoir, l'autre, Bismarck a la même soif ! Leur désaccord, au sujet du trône d'Espagne, aboutit à la guerre. La France déclare la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870. Pierre, caporal depuis le 21 mai, y participe…

La Bataille de Saint-Privat, dans la Moselle

Son régiment, le 19ème d'Infanterie se positionne à Saint-Privat. Le 18 août 1870, dès huit heures, Moltke envoie ses troupes sur les positions françaises ; à midi, la bataille se livre devant le village d'Amanvillers, avec l'artillerie de la 25ème Division d'Infanterie. Les combats livrés sont rudes, les Français lance une contre-attaque, armés de chassepots, mais, les Allemands sont mieux équipés en canons…

En fin d'après-midi, les troupes prussiennes ont été repoussées mais les positions françaises ont été anéanties par l'artillerie ennemie. Le général français CANROBERT demande, au général BAZAINE, des renforts qu'il n'obtient pas. En effet, BAZAINE estime que Saint-Privat est une bataille mineure : il ne veut pas engager plus de troupes. 

A 22 heures, les Français se replient et l'Armée du Rhin se replie, dès le lendemain sur Metz.

C'est au cours de cette bataille que Pierre est blessé au coude droit, d'un coup de feu, et à l'épaule gauche. Cela ne l'arrête pas…

 

La deuxième Bataille du Bourget

Après la capitulation de l'Empereur à Sedan le 3 septembre 1870, Pierre et son régiment prennent part à la deuxième bataille du Bourget, le 22 décembre 1870. Après un premier échec, au cours des combats du 28 au 30 octobre 1870, le Gouvernement décide de reconquérir le Bourget et lance les hostilités le 21 décembre. Ce sera un nouvel échec ! Au cours de cette bataille, Pierre est fait prisonnier. Il rentre en France le 17 février 1871.

 

Il reprend le chemin du régiment : son service militaire n'est pas fini ! Il est régulièrement promu au grade supérieur : Sergent-fourrier et Sergent, en 1871. Il est décoré de la Médaille Militaire par décret du 31 décembre 1872. En 1875, il rejoint le 78ème Régiment de Ligne, où il est de nouveau promu : Sergent-major en 1875 puis Adjudant en 1880.

 

Résidant à Paris, son dossier militaire passe au 1er Bureau de la Seine, fiche matricule n° 711. Le 8 janvier 1876, à Paris, 20ème arrondissement, Pierre Barthélémi, employé d'octroi, épouse Cécile DEVAUX, lingère. Le couple a au moins une enfant, Marie, née en 1881, à Paris.

 

Certains soldats n'ont pas de chance… Pierre Barthélémi TINGAUD fait partie de ceux qui en ont ! Certes, il a participé à la guerre de 1870, a été blessé, puis fait prisonnier, mais il est rentré chez lui, s'est marié et a eu des enfants…