Au hasard d'une recherche, dans le Tarn, pour un aviateur Mort pour la France sur la piste d'aviation de Moissy-Cramayel, en Seine-et-Marne, je trouve trois hommes nés, dans le Tarn et décédés le même jour…

Jean Louis Onaclet CHABERT naît le 6 juillet 1886 à Saint-Sulpice[1], fils de François, trente-et-un ans, employé au Chemin de fer d'Orléans, et Rose Emilie GARDEL, trente-deux ans, sans profession. Au recensement de sa classe, celle de 1906, Jean Louis Onaclet demeure avec sa mère à Orléans, dans le Loiret, et exerce la profession d'épicier. Il est incorporé, le 8 octobre 1907, au 113ème Régiment d'Infanterie et envoyé dans la disponibilité le 25 septembre 1909, avec le certificat de bonne conduite. Ayant emménagé à Périgueux, en Dordogne, il se trouve affecté dans la réserve au 250ème Régiment d'Infanterie. Le 6 janvier 1911, Jean Louis Onaclet épouse Françoise Marie PÉROCHE.

L'Ordre de Mobilisation générale le rappelant à l'activité, il rejoint son régiment le 3 août 1914. Nommé Caporal le 15 novembre 1914, Jean Louis Onaclet est "tué à l'ennemi" le 12 février 1915 à Quesnoy-en-Santerre, dans le Pas-de-Calais, alors âgé de vingt-neuf ans.

Dans le Journal des Marche et des Opérations de son régiment, à cette date, deux noms sont inscrits : Jean FRENEIX, 2ème classe, blessé, et Louis (Jean) CHARBET, Caporal, tué. Page 89 de ce document en ligne, il est enregistré la citation qu'il a reçue de la 62ème Division d'Infanterie – cette dernière n'est pas inscrite sur sa fiche matricule – "Déjà remarqué pour sa valeur militaire, a donné une dernière preuve de sa bravoure et de son dévouement alors qu'il s'élançait seul, étant chef d'un petit poste d'observation, en dehors de son abri pour reconnaître une forme noire en avant des fils de fer, en répondant crânement à ses hommes qui lui conseillaient la prudence : "Bah ! ils ont les doigts gelés, ils ne pourront pas m'atteindre". A été tué au moment où il rejoignait son poste." Dans ce même document, le JMO, rien n'est enregistré à la date du 12 février, hormis "un blessé et un tué".

Albert Henri MAUREL naît le 6 juillet 1886 à Sieurac, fils de Jean, trente-deux ans, domestique, et Albanie BARTHEZ, vingt-huit ans, ménagère. Au recensement de sa classe, celle de 1906, il demeure chez ses parents, à Sieurac, et exerce la profession de garçon meunier. Il est incorporé, le 8 octobre 1907, au 81ème Régiment d'Infanterie. Passé Clairon le 25 septembre 1908, il est envoyé dans la disponibilité le 25 septembre 1909 avec le certificat de bonne conduite. Le 1er avril 1914, il est classé dans la réserve au 8ème Régiment d'Infanterie coloniale, régiment qu'il rejoint le 3 août 1914, suite à l'Ordre de Mobilisation générale. Le même moi, le 30, il est affecté au 4ème Régiment d'Infanterie coloniale, régiment avec lequel il participe à toute la guerre. Albert Henri est "tué à l'ennemi" le 14 août 1916, à Biaches, dans la Somme, alors âgé de trente ans.

Impossible de connaître les faits, il ne reste que le JMO du 3ème Bataillon du 4ème Régiment d'Infanterie coloniale et les indications vont du 12 août 1914 au 11 mai 1915.

DU LAC Emile Henri

DU LAC Emile Henri naît le 6 juillet 1886 à Sauveterre, fils de Marie Joseph, quarante-neuf ans, propriétaire, et Marie Thérèse de ELEBET, trente-trois ans, sans profession. Au recensement de sa classe, celle de 1906, il est incorporé au 5ème Régiment de Cuirassiers. Promu Brigadier le 15 février 1908, il est envoyé dans la disponibilité le 25 septembre 1909, avec le certificat de bonne conduite. Rappelé à l'activité par l'Ordre de Mobilisation du 1er août 1914, Emile Henri rejoint son régiment, puis intègre le Régiment de Dragons de Carcassonne. Il est ensuite promu Maréchal-des-logis le 20 octobre 1915, et rejoint le 1er Groupe d'Aviation, puis le 3ème, groupe avec lequel il part en Orient – Guerre de Salonique – du 1er septembre au 12 octobre 1916. Après avoir réintégré le 1er Groupe d'Aviation, il est détaché au 2ème Groupe Divisionnaire de Moissy-Cramayel, en Seine-et-Marne. Le 13 juin 1918, Emile Henri se tue, avec le Sergent MORIN, dans un accident d'avion. "Les deux aviateurs prenaient leur vol, le 14 juin 1918. Ils se trouvaient à environ 150 mètres du sol lorsque l'on vit l'appareil capoter tout à coup et s'abattre lentement à terre". Extrait du journal "Le Républicain de Melun", édition du vendredi 21 juin 1918 [erreur du journaliste : accident le 13 juin, et non le 14] L'accident a eu lieu au niveau de la Ferme de Servigny, commune de Lieusaint, en Seine-et-Marne. Cependant, même si l'acte de décès a été enregistré sur les registres de la commune de Lieusaint, la majorité des documents indique Moissy-Cramayel comme lieu de décès.

A la recherche de Henri Emile du LAC, j'ai trouvé Jean Louis Onaclet CHABERT et Albert Henri MAUREL, nés le même jour dans le même département. Par curiosité, j'ai effectué une recherche sur le site Mémoire des Hommes avec, pour seule indication, le jour de la naissance : le 6 juillet 1886. La réponse me donne 149 pages de soldats nés ce jour-là et Morts pour la France ! C'est tout de suite plus impressionnant…



[1] Aujourd'hui Saint-Sulpice-la-Pointe