Il est aisé pour nos enfants de se souvenir des noms de leurs camarades de classe, de collège ou de lycée voire des études supérieures… Mais, dès que l'on atteint la soixantaine, en est-il toujours de même ? Et pourquoi ?

Réseaux

Pour ma part, certains noms me semblent évidents, d'autres un peu moins… Je suis arrivée dans la commune à l'âge de six ans, j'en suis partie à l'âge de vingt ! Après, les séjours à l'étranger, le travail, les enfants ont fait que les liens se sont étirés puis… cassés ? Non, pas vraiment … A l'époque, nous ne correspondions que par courrier, alors ce n'était pas aussi évident !

Depuis, il y a eu le net avec l'arrivée de sites comme FaceBookTM, TwitterTM, Copains d'AvantTM, Trombi.comTM, et j'en passe sûrement ! Désormais, il est aisé de suivre ses amis. Même si nous ne répondons pas chaque jour à une information postée, nous lisons et nous sourions, nous pleurons aussi parfois devant la tristesse des gens que nous avons aimés, de notre impuissance à les soulager, mais nous sommes là !

Alors, j'ai grand plaisir à avoir retrouvé (ou avoir été retrouvée par) des personnes dont j'ai gardé un super souvenir…

Il y a ma sœur de cœur. Evelyne a cinq frères et sœurs, certains sont décédés. Mais nous avons quasiment été élevés avec eux, mon frère et moi. Nous avons tant de souvenirs familiaux en commun ! Nous nous étions perdues de vue, nous ne nous quitterons plus de vue désormais !

Il y a Betty ! Ah, Betty !... Tient, c'est amusant… Betty habitait à l'entrée de la rue Gambetta, aujourd'hui Evelyne habite au milieu de la rue Gambetta… J'ai loupé une bonne partie de la vie de Betty et puis, un jour, je l'ai trouvée : "Est-ce bien toi ? – Que oui !". Donc, les souvenirs affluent, les partages aussi… Et puis, Betty a aussi un avantage, le souvenir que j'ai de sa maman… Celle par qui la passion de l'écriture est arrivée ! Une rare professeur de français, la seule devais-je dire, qui ne m'est jamais dit que je n'y comprenais rien !...

Il y a les camarades militaires qui ont jalonné mon parcours : Véro, marraine de ma plus jeune fille… Quel grand cœur ! Elle n'a en rien changé ! Nous avons nos souvenirs Berlinois que seuls ceux qui ont vécu à Berlin peuvent comprendre… Je viens même de retrouver Marie-Agnès ! Elle aussi habitait la même ville que moi, nous nous sommes engagées en même temps, choisi la même spécialité, avons suivi les mêmes stages… Et… un homme nous a séparées, hi hi ! Désormais, c'est de l'histoire ancienne !...

Je vous parle de certains, mais ils sont plus nombreux… Mais, mon cœur se pince pour ceux que je ne trouve pas, que je n'ose même pas chercher ! Pourtant, des souvenirs d'eux, j'en ai ! Pour des raisons aussi diverses que variées… Zouzou, pour sa façon d'être, pour les matches de foot… Luc, pour ses qualités intellectuelles, son look, ses disques… Ou, Luc, qui m'a fait découvrir David Bowie et bien d'autres, m'a offert un disque de Mike Brant ! Vous imaginez la tête de notre disquaire lorsqu'il lui a demandé ce qu'il pouvait m'offrir pour mon anniversaire … je n'ose imaginer sa tête à lui : nous en avions bien ri… Mais c'est le premier cadeau que j'ai reçu d'une personne du sexe masculin en dehors des membres de la famille : cela ne s'oublie pas…

Ce que j'essaie de vous dire dans cet article, c'est qu'il n'est pas nécessaire de se voir, si l'on s'aime, si l'on aime, les gens sont là, dans notre cœur. Les sentiments d'amour sont indélébiles ! Il est possible désormais, grâce à cette toile si traitresse, de retrouver ceux dont on aimerait avoir des nouvelles, ceux de qui l'on attend des nouvelles… La chanson de Bruel "On s'était dit rendez-vous dans dix ans…" est si vraie… Nous avons tous envie de retrouver quelqu'un, quel que soit notre âge ! Mais, autant nous avons envie, autant nous avons peur… Car nous, nous qui cherchons, sommes-nous dans le cœur de ceux dont nous désirons des nouvelles ?... Les attentes ne sont pas les mêmes pour tout le monde !

Je suis seulement sûre d'une chose, c'est que ce qui doit arriver arrivera ! Cependant, il faut aussi s'en donner les moyens et, parfois, forcer le destin…