Les Morts pour la France n'ont pas d'âge…

Un rappel sur la qualité de Mort pour la France : " La mention "Mort pour la France" a été instituée par la loi du 2 juillet 1915 et modifiée par la loi du 22 février 1922, au lendemain de la Première Guerre Mondiale.

Les textes qui ont étendu ultérieurement le droit sont codifiés dans l'article L.488 du Code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre qui stipule que "doit, sur avis favorable de l'autorité ministérielle, porter la mention "Mort pour la France" tout acte de décès d'un militaire ou civil tué à l'ennemi dans des circonstances se rapportant à la guerre."

Une notion primordiale est à retenir : la preuve doit être rapportée que la cause du décès est la conséquence directe d'un fait de guerre.

Par ailleurs, si la nationalité française est exigée pour les victimes civiles de la guerre y compris les déportés et internés politiques, elle ne l'est pas pour les membres des forces armées y compris les déportés et internés résistants."

Il n'y a pas de limite d'âge, ni par le haut, ni par le bas ! Il n'y a pas de limite de sexe : homme ou femme ! Il n'y a pas de statut privilégié : militaire ou civil !

Simone est née le 27 décembre 1904 à Châlons-sur-Marne, dans la Marne. Fille de Félix et Reine Céline DUBOIS, elle a un grand frère, Camille, né le 10 octobre 1903.

En 1913, la famille habite à Mézières, dans les Ardennes, route de Balan et revient habiter à Châlons-sur-Marne au début de 1914. Félix, le père de la petite Simone, est rappelé à l'activité par l'Ordre de Mobilisation générale et rejoint son régiment, le 48ème Régiment Territorial d'Infanterie. Il est très gravement blessé le 12 avril 1915 : "blessures par éclats d'obus aux membres et au thorax". Le père de Simone décède à l'Hôpital complémentaire de Vittel (88) le 25 avril suivant. Il est reconnu Mort pour la France.

Elle est décédée le 25 mars 1918, lors d'un bombardement, dans cette même ville. C'est ainsi que Simone Madeleine a été reconnue "Morte pour la France". Elle est âgée de 15 ans 2 mois et 25 jours !

Félix CIMETIERE repose dans le carré militaire du cimetière de Vittel (88). Simone CIMETIERE repose dans le carré, dit de l'Est, du cimetière de Châlons-sur-Marne (51).

Monument aux Morts de Châlons-en-Champagne, MArne

Que dire de plus ? Que la guerre n'épargne personne ?... C'est une évidence ! Je suis simplement triste de savoir que le père et la fille n'ont pas été réunis au-delà de la mort. La mère, et épouse, devait être si durement touchée, affaiblie, triste, qu'elle n'a pas eu le temps de s'occuper, dans les délais légaux, du rapprochement de ces deux êtres qui lui étaient si chers… Fichue guerre !