Le 13 septembre 1853, Napoléon III accorde la grâce à certains prisonniers de la Prison Centrale de Melun, Seine-et-Marne… Enfin, ils appellent cela une "grâce impériale" mais il s'agit plutôt d'une remise de peine ! Et quelle remise !...

 Louis Maxime Napoléon BOINET naît le 4 février 1811 à Saint-Quentin dans l'Aisne. Il est le fils de Marie Anne Elizabeth BOINET, veuve de Henry Victor HENNET. Il a des demi-frères et demi-sœurs…

 Il est soldat au 12ème Régiment d'Infanterie de Ligne : quand ?... Sa mère décède le 27 août 1839, il n'a donc plus de parents… Le 10 octobre 1848, Il est condamné à une peine de cinq ans par le 1er Conseil de Guerre siégeant à Paris. Et puis, il est "gracié" par Napoléon III ! …

 Mais, lorsque l'Empereur lui accorde la grâce impériale le 31 août 1853, grâce par laquelle il devait être libéré le 15 septembre suivant… il ne restait à Louis Maxime Napoléon que quelques jours de prison. Les détenus ainsi libérés sont tout de même maintenus sous haute surveillance : "la surveillance de Haute police étant maintenue à l'égard des quatre de ces quatre derniers – dont BOINET – vous recevrez incessamment par une lettre émanée de la Direction de Sûreté Générale, les instructions nécessaires pour l'exécution de la décision qui les concerne".

 

Prison centrale de Melun, Seine-et-Marne

Seulement, Louis Maxime Napoléon ne quitte pas la prison !... Le 4 octobre, le directeur de la prison émet un avis et des observations sur le choix de la résidence de Louis Maxime Napoléon à sa sortie de prison : "… dont la peine expire le 9 octobre 1853 – Il est né à Saint-Quentin (Aisne) et désire s'y retirer. C'est un homme paisible et un bon travailleur, qui n'inspire aucune crainte à l'administration. Pas d'objection à faire sur le choix de sa résidence".

 C'est sûrement suite à cet avis émis que la Préfecture se rend compte de "l'oubli" de sa libération anticipée…

 Le Préfet, dans son courrier à M. AVENEAU, greffier, du 7 octobre 1853, annonce un "oublie" et demande sa libération : "Dans l'envoi du certificat de libération destiné aux condamnés sortant dans le courant de ce mois manque celui du Né Boinet Louis Marie libérable le 9 8bre. Prière à M. Aveneau de vouloir l'adresser le plus tôt possible. Boinet qui devait être libéré le 9 8bre a été gracié du restant de sa peine par décision de S.M. L'Empereur en date du 31 août der et mis en liberté le 15 septembre suivant. Les pièces qui le concernaient ont été transmises à la Préfecture avec celles des autres condamnées qui ont obtenu la même faveur".

 Louis Maxime Napoléon BOINET est donc libéré, à la date normale de libération… Aura-t-il reçu une indemnisation ? Pas sûr… Et il retourne s'installer à Saint-Quentin, sa commune de naissance, là où vit sa famille, demi-frères et sœurs, oncles et tantes, aussi… peut-être. Comment a-t-il été accueilli à son retour ?... Il a quarante-deux ans. Célibataire, il vit là jusqu'à son décès le 11 mars 1876.

 Une erreur administrative comme il y en a tant, même à cette époque, cela existait !... Lors de mon prochain passage au S.H.D. de Vincennes, je vais tenter de lire le jugement qui l'a condamné…