Les vacances… Mer, campagne ou montagne ?...

Là, tout de suite ? Ce thème raisonne comme un devoir de vacances… Mais, mes souvenirs m'entraînent loin, assez loin en arrière ! Je devais avoir dans les six ou sept ans, là, ma mémoire fait un bug. Pour le reste, pas de souci… Les souvenirs sont intacts !

Nos vacances, nous avions sûrement de la chance mais je ne le voyais pas comme cela, c'était la colonie ! Certes, je savais passer un mois au calme, enfin, loin de mes parents, mais je n'aimais pas la colonie. Tout d'abord, parce que, pendant un mois, je ne voyais pas Pierre, mon grand frère. Bien évidemment, nos parents ne nous mettaient pas dans la même colonie ! Cela aurait été trop simple !

Cette année-là, je vous dirais que cela a été campagne-montagne : Willerhof !

Willerhof

Et voilà, mon parcours du combattant commence… j'essaie de visualiser cette "commune" sur la carte, mais même Google n'est pas d'accord avec moi : ce n'est pas une commune en tant que telle ! J'aurai affirmé "craché-juré" que j'étais partie dans le Jura… Mais, à sept ans : qu'est-ce que le Jura ? Aujourd'hui, je penchais pour le département, eh bien non… Willerhof est un hameau de Hilsenheim, commune du Bas-Rhin dans le Jura alsacien…

Ce qui est sûr, c'est que les bâtiments étaient dans la forêt loin de tout ! Après quelques recherches sur la toile, je comprends mieux pourqoi… Le camp de Willherhof était un camp de la ligne Maginot utilisé par l'Action sociale des Armées en tant que colonie de vacances dans les années 50-60…

Dès le premier soir, je me sens triste et seule, abandonnée. Mais qu'est-ce que je suis venue faire dans cette galère ?... RIEN ! Je suis venue parce que mes parents m'ont placée là. Jamais ils ne m'ont demandé où je désirais aller, alors c'est là, à Willerhof !...

Le premier matin commence mal aussi : pas d'eau chaude. Petites que nous sommes, la douche froide, c'est effrayant… J'aime la douche, fraîche, s'il fait chaud, oui, pourquoi pas… mais froid alors que la température extérieure est encore fraîche… Ensuite, au pas de course, direction le réfectoire pour un petit déjeuner. Cela crie, cela grouille, mais, où est le trou de souris pour que je me cache ?... J'ai beau regarder dans tous les coins du réfectoire, pas un seul petit trou de souris !

Après le réfectoire, direction le lavage des dents : les lavabos géants étaient presque trop hauts pour nous. Enfin, moi, qui n'était pas petite, je suis sur la pointe des pieds… Là, tout de suite, je veux rentrer chez moi, rester seule, peut-être, mais chez moi… Mais non, il me faut tenir trois longues semaines…

La mono nous annonce les activités de la journée : activités manuelles le matin, repas le midi, suivi de la sieste, puis marche l'après-midi, repas du soir, petite veillée et au lit !

Bon, ben, on est parti pour 21 jours !... Les activités du matin sont manuelles mais parfois il y a des jeux… J'aimais bien les jeux : très variés. Soit de société, soit avec des accessoires… Les premières activités manuelles m'ont ramené à la maternelle : dessin, pâte à modeler, tricot avec les doigts, etc. Allez, je voyais le bon côté des choses : je m'occupais !

Les repas ? Je ne me souviens pas si c'était bon ou pas, copieux ou pas… Cela devait donc aller…

Par contre, les marches, les satanées marches !... Aujourd'hui, j'aime, je dois dire que marcher est bon pour le moral… Mais cette année-là, j'ai tellement

jura-alsacien

souffert que j'ai hait toutes ces après-midis. TOUTES, sans aucune exception ! Mais pourquoi vous demandez-vous ? Simplement parce que les chaussures prévues à cet effet étaient trop petites ! Pourquoi mes parents me les avaient-ils mis dans la valise ? Je ne sais et ne saurais jamais… Mais la mono, elle, ne voulait rien entendre : tu as ces chaussures-là, tu mets ces chaussures-là ! Il n'y avait pas moyen de discuter ! J'avais des ampoules ? Elle me mettait des pansements ! J'avais les pieds rouges ? Elle me les passait sus l'eau froide en rentrant ! Bref, une mono qui avait réponse et action à tout… Pas moyen de discuter…

Je pourrais vous parler d'autres colonies où je me suis bien amusée, où j'ai apprécié le séjour : Camaret (29), Dinard (35), puis en camp d'ados, le Cap Ferret (33), mais Willerhof, je n'arrive pas à le laisser de côté, à l'oublier, pourtant, j'aimerais…