Gendarmerie de Moissy-Cramayel - Collection G. Verney-Buisson

La série N m'entraîne vers les bâtiments publics ; la cote N120, plus précise, a pour objet les bâtiments de la Gendarmerie Nationale…

Ce dossier aborde les réparations et entretiens nécessaires au bon fonctionnement des Gendarmeries du département. J'ai lu toutes les délibérations du Conseil municipal de la commune de Moissy-Cramayel, de 1812 à 1982, et la première fois où j'avais noté une délibération c'est le 24 février 1924, date à laquelle le Conseil demande le maintien de la gendarmerie dans la commune… Je n'avais jamais fait d'autres recherches sur le sujet !

La cote N120 est une aubaine car, justement, il y a des documents concernant cette gendarmerie.

Une délibération du Conseil Général revêt un caractère important : comment les gendarmes sont passés du cheval au vélo ? Ou plutôt, pour quelle raison ?... Au cours de la séance du 30 septembre 1924, M. PAPON, rapporteur, rappelle que le 27 mai de la même année, "le Conseil avait émis le vœu que les chevaux de la gendarmerie fussent purement et simplement supprimés et remplacé par des bicyclettes". Cette suppression n'offrait que des avantages au niveau budgétaire. Cette délibération, adressée au Ministre de la Guerre a retenu l'attention de ce dernier "… le passage à pied d'un certain nombre de brigades à cheval était envisagé, compte tenu des nécessités de la mobilisation et du maintien de l'ordre sur l'ensemble du territoire". Il n'en faut pas plus pour le Conseil général pour décider la suppression des chevaux de la brigade de La Ferté-Gaucher, de suite, pour éviter la reconstruction coûteuse d'une écurie… De la Brigade de La Ferté à toutes les brigades du département, il n'y a qu'un pas et le Conseil décide la suppression de tous les chevaux dans les brigades du département "Considérant qu'il y ait lieu de faire des économies et qu'il est intéressant de remplace les chevaux des gendarmes par des bicyclettes".

Y avait-il des chevaux à la Brigade de Moissy-Cramayel ? Oui, je peux le prouver grâce au dépouillement des registres d'état civil :

  • Le 14 juillet 1846, Pierre Antoine Alphonse MILLE, vingt-sept ans, gendarme à cheval, épouse Clarisse Adélaïde LEBEAU,
  • Le 19 juillet 1858, Martin BRUZON, trente-deux ans, gendarme à cheval, épouse Jeanne BONNET,
  • Le 27 janvier 1859, Simon FOURNIER, trente-deux ans, gendarme à cheval, épouse Anne CHAPUIS,
  • Le 10 novembre 1860, Mathieu FARGE, trente-quatre ans, gendarme à cheval, épouse Claude Françoise FLEURIOT,
  • Le 23 mai 1868, Auguste BERGOUGNOU, vingt-six ans, gendarme à cheval, épouse Angèle Mélanie PIOTRE,
  • Le 18 décembre 1880, Théophile Napoléon DUBOIS, vingt-six ans, gendarme à cheval, épouse Louise FERUE,
  • Le 5 novembre 1898, Etienne Vincent CALLOT, quarante-huit ans, gendarme à cheval, marie sa fille Augustine Jeanne.

 Qui dit "mariages" dit bien sûr "naissances", elles ont été nombreuses. Si je vous parle des gendarmes à cheval, il est important de noter qu'il y avait aussi des "gendarmes" tout simples. Je pense que ces derniers ne montaient tout simplement pas à cheval…

Le relevé de l'état civil est réalisé intégralement jusqu'en 1930, mais, après 1898, dernier mariage, je n'ai enregistré aucun nouveau mariage d'un gendarme à cheval…