Est-ce ma branche normande qui me fait vous répondre oui et non ? Je ne sais, toujours est-il que c'est une question simple n'apportant pas de réponses évidentes.

Comment était-ce avant l'arrivée de l'ordinateur et de l'internet ? Tout simplement le papier, le cahier et un bon crayon ! Du courage, de la patience, et encore de la patience !

Le B.A. est toujours le même : partir de nous, nos parents, nos grands-parents et remonter la lignée avec tous les actes connus. Ensuite, nous devions écrire dans les mairies et/ou nous déplacer dans les dépôts d'archives. Pour ma part, au début, habitant l'étranger, c'est essentiellement avec les courriers que j'ai pu avancer. Dans certaines mairies, le personnel de l'état-civil répondait gentiment, rapidement, faisait même, parfois, une petite recherche si nous nous étions trompés dans les renseignements donnés ou simplement pour nous donner des collatéraux. D'autres, nous adressaient un courrier nous engageant à aller aux archives départementales : lorsque vous habitez Dakar et que vous cherchez dans l'Aisne, pas simple de venir à Laon !... Mais les textes étant les textes, le rappel que ce n'est pas une tâche de l'employé de l'état-civil était normal.

Cela ne nous empêchait pas d'avancer dans nos recherches. Nous guettions avidement le facteur dès qu'une ou plusieurs demandes avait été adressées. Et quelle fébrilité à l'ouverture du courrier qui allait nous donner les indications pour la suite de nos recherches ! Là, sous nos yeux, une réponse, une nouvelle piste… Vite, vite : ouvrir le cahier, ouvrir le dossier de l'ancêtre concerné, et remplir, remplir la petite ligne qui faisait que nous pouvions aller plus loin. Sauf lorsque le document reçu ne nous donnait pas la réponse attendue. Je me souviens de mes MENOT André, père et fils : le premier a eu quatre épouses et le second, deux ! Evidemment, pour corser l'affaire, ils faisaient des enfants… Aujourd'hui c'est simple avec les logiciels et autres tableurs, mais à l'époque, il fallait essayer de comprendre ce qui clochait : qui était qui ? Alors, hop ! Tous les documents par terre, chaque enfant ayant les mêmes parents dans la même pile et le tour était joué… Ah, il en fallait de la place pour étaler toutes nos trouvailles, pour ranger tous ces précieux renseignements : que de cahiers, de classeurs, de chemises…

 

Graal

Qu'en est-il aujourd'hui ? Je dirais presque… trop simple ! En effet, les archives étant en ligne pour la plupart des départements, il "suffit" de se connecter et les réponses sont là, sous nos yeux ! Alors oui, pour les recherches d'état-civil, c'est plus simple mais pour le reste ?...Mais quelle passion ! Quelle fougue nous dépensions dans nos recherches !...Le hic, dans nos recherches de l'époque, c'est qu’il était compliqué de faire les recherches des collatéraux. Il fallait un début de piste pour chercher, pas toujours évident ce début de piste… Et puis, par courrier… La loi imposait aussi un délai de 100 ans, alors, comment faire des demandes sur les frères et sœurs de nos grands-parents ?... Donc, pour beaucoup, nous nous contentions de nos branches directes.

La réponse est claire : se déplacer dans les dépôts d'archives ! Le fait que nous puissions trouver aisément les renseignements sur le net nous permet d'approfondir nos recherches, d'être plus renseignés sur la vie de nos ancêtres, de leurs collatéraux, … Encore faut-il en avoir l'envie ! Oui, je vois bien que beaucoup s'arrêtent à l'état-civil. Quel dommage ! Il est si facile de remonter les branches assez loin dans le temps que le chercheur a du temps… pour effectuer d'autres recherches. Ce temps que nous, les anciens, passions dans l'attente d'une réponse, le classement, la recherche du document suivant. Alors, aller chercher dans les actes notariés, les fiches matricules, les titres de propriétés, etc. nous n'en avions pas !

Et puis, aujourd'hui, beaucoup ne font pas la recherche eux-mêmes. Ils se contentent de demander à une bonne âme le document qui les conduira à la piste d'après. Mais quel est l'intérêt ? Où est la passion ?

Pour ma part, un passionné fait lui-même ses recherches. J'en vois souvent aux archives de Seine-et-Marne, des personnes qui font "étape" à Dammarie pour pouvoir chercher pendant une journée des documents qui leur permettront d'étoffer leur généalogie. Même si, en ce moment, depuis quelques mois, nous n'avons accès qu'à un nombre limité de documents (trois le mardi, trois le mercredi, et sur réservation), il y a encore ces passionnés qui sont là à chercher, à pister, à fouiner, pour découvrir LE renseignement important qui leur permettra de mieux comprendre la vie de leur ancêtre. Ces chercheurs-là sont des passionnés !... Voilà le plaisir de la généalogie : la quête, oh pas du Saint Graal, mais celle qui nous fait vivre et qui nous rend heureux au moindre petit renseignement glané qui nous permet de remonter une branche, de dépister les propriétés possédées, de connaître les faits ou les méfaits, etc…

Alors, la généalogie aujourd'hui plus facile ? La réponse est oui sans aucun doute ! Mais cette facilité nous permet de découvrir d'autres sources de renseignements et d'autres dépôts d'archives que ceux, classiques, des archives départementales. Je vous souhaite donc de continuer, comme moi, de rester passionné(e) et de découvrir, chaque jour, un ou plusieurs renseignements (à force, nous en avons des branches à explorer) qui nous mènent vers une autre quête !