Mon bureau

Nous, les généalogistes, cherchons dans le passé. Nous sommes toujours en manque d'informations collatérales, c'est-à-dire, des coupures de journaux, des témoignages, etc. Tous ces renseignements nous permettent d'étoffer les "histoires" que nous avons envie de rédiger sur tel ou telle ancêtre. Mais aujourd'hui ?...

Il y a une vingtaine d'années, un livre écrit avec moult renseignements était beaucoup plus difficile à rédiger qu'aujourd'hui ! L'auteur devait aller fouiner dans les dépôts d'archives, recopier des tas de renseignements, faire faire des tas de photocopies, puis trier, lire et relire les notes. Cela prenait énormément de temps et d'énergie. Puis, la saisie : à la main ou à la machine à écrire… Pour ma part, j'ai passé un diplôme de dactylo sur les machines à écrire des gendarmes, vous savez, les noires… Les corrections… Bref, c'était beaucoup plus compliqué hier qu'aujourd'hui.

Alors, la question est "devons-nous classer et archiver des documents de type "public" ?". Je pense que ma réponse est nette : NON ! Pourquoi encombrer nos étagères de renseignements que notre descendance trouvera depuis son bureau ? Hormis le plaisir de posséder ledit document, de l'avoir, là, sous les yeux. Je suis comme beaucoup d'entre nous, avide de livre, avide d'avoir LE témoignage à portée de main, mais à un moment les étagères sont pleines, les pièces deviennent trop étroites : mon bureau, ma maison, ne peuvent servir de lieu de dépôt d'archives ou de médiathèque. Cela doit rester mon bureau, ma maison.

Par contre, il est important, dès que nous avons trouvé une information, une qui a été difficile à découvrir, de la stocker. Alors ? me direz-vous. Alors, il y a plusieurs moyens dont le principal : la copie au format Pdf ou le document au format Jpeg enregistrés dans le répertoire qui va bien. Cette action est aussi valable pour tous les documents que vous récupérez en ligne au moyen de logiciels adaptés, tel un capteur d'écran Snagittm.

Nous ne pouvons pas non plus tout stocker. Pour ma part, j'ai créé un tableau que je renseigne en fonction des besoins. Je donne un nom à mon information, puis je renseigne le type de l'information, puis le lieu où je l'ai trouvée (le site, la référence du département, …) et, enfin, je mets le lien internet. Certes, parfois, les liens changent, mais tout de même, si vous avez trouvé le renseignement sur un site officiel (AD, Gouv, Gallica, SHD,…) où sur le site de personnes sûres (le Chtimiste, Jacques SEYNAEVE, par exemple) il est peu probable que cela change du jour au lendemain.

Autre façon de conserver un document découvert en ligne : le copier/coller. Vous copiez les informations dans un fichier texte et vous le sauvegardez. Il n'y a pas plus simple comme sauvegarde d'information.

Et puis, il y a les bases de données. Elles sont de plus en plus nombreuses en ligne. Là encore, un listing de ces basses que vous utilisez régulièrement est important. Un nouvel onglet dans le tableau que vous avez déjà renseigné pour les sources des informations, pas besoin de créer un autre fichier : vous allez vous y perdre. Il ne faut pas que vos dossiers deviennent aussi compliqués à trouver que les informations sur le net !

De même, il est important de garder une trace de tous les documents que vous consultez dans les dépôts d'archives et ailleurs. Là, j'ai créé un autre fichier/tableur où les onglets portent les noms des dépôts d'archives. Je renseigne les cotes, l'intitulé du document et s'il a été intéressant ou non, son état, s'il est consultable, etc. Cela évite d'avoir à demander à nouveau un document qui ne nous a rien apporté la première fois.

Pour les frileux de l'informatique, un cahier fait tout aussi l'affaire. Pour la recherche de savoir quoi, où, comment, c'est moins rapide, mais le renseignement est là, vous le savez…

Ces écrits sont sympathiques mais… je conserve tout de même des documents d'aujourd'hui pour le passé de demain, celui de mes ascendants. Il faut cependant retenir une chose, à notre décès, nos enfants auront-ils envie, eux de garder ces documents ? En auront-ils l'intérêt ? En éprouveront-ils le besoin ? Peu nous importe de ce qu'ils feront de tout cela, nous ne serons plus là ! Par contre, ils auront la lourde tâche de trier et de débarrasser…