Le 17 juin 1879 à Bracieux (41), Eugène Adrien RENTIEN, âgé de vingt-sept ans, épouse Célestine Louise BARBOU, âgée de vingt-trois ans. Après avoir logé chez les parents de Célestine, le couple signe un bail à ferme – cote AD41 – 3 E 25 1008 – devant Maître Pierre François Hippolyte CRETTE, notaire à Bracieux…

Monsieur Henri Paul Durand ESMANGARD de BOURNONVILLE, propriétaire demeurant au château des Hayes, commune de Fontaines-en-Sologne (41), loue et afferme la ferme des Bordes, commune de Fontaines-en-Sologne, à M. et Mme Adrien RENTIEN. La durée du bail est de trois, six ou neuf années entières et consécutives qui commencent à courir le premier novembre 1879, avec la possibilité, pour l'un ou l'autre partie, de mettre fin au bail après avis de six mois, au moins, à l'avance.

"La ferme des Bordes située commune de Fontaines-en-Sologne, et toutes ses dépendances comprenant bâtiments d'habitation et d'exploitation, cour, quarante-cinq ares de jardin, treize hectares de terres labourables, deux hectares soixante-seize avec quatre-vingt centiares de prés et deux hectares trente ares de pâture, ensemble dix-huit hectares cinquante et un ares quatre-vingt centiares, et les deux tiers de l'Etang des Trois Seigneurs, situé dite commune de Fontaines, indivis avec les héritiers BERGEVIN, propriétaire de l'autre tiers, tel et ainsi que le tout se poursuit et comporte, sans qu'il soit besoin d'une plus ample désignation, les preneurs déclarent bien connaître les lieux présentement loués pour las avoir vus et visités dans le but des présentes".

Les conditions des charges et locations sont plus que précises.

"Le présent bail est faitux charges et conditions suivantes que M. et Madame RENTIEN-BARBOU preneurs s'obligent solidairement d'exécuter et accomplir

De prendre ladite ferme telle qu'elle se poursuit et comporte sans recours, soit pour erreur dans les désignations, soit pour l'état à la consistance des bâtiments et soir pour le plus ou le moins de contenance des héritages ruraux, la différence entre la contenance réelle et celle sus indiquée serait elle-même de plus d'un vingtième.

De jouir des biens affermés en bon père de famille et fermiers de bonne foi.

De veiller à ce qu'il ne soit fait aucune anticipation sur les bien affermés, d'en avertir, le cas échéant, le bailleur à temps utile pour qu'il puisse s'y opposer, sous peine d'en demeurer personnellement responsable.

D'habiter par eux-mêmes avec leur famille et domestiques les bâtiments de la ferme et de les garnir de meubles, objets mobiliers et de bestiaux en quantité et valeur suffisantes, tant pour la bonne exploitation que pour garantir l'entière exécution des conditions du présent bail et le paiement des fermages.

D'entretenir et rendre enfin de bail les bâtiments et héritages affermés en bon état de toutes réparations locatives, suivant la loi et usage du pays.

Les haies qui pourraient gêner les preneurs pour leur culture pourront être arrachées par eux et à leurs frais, les corps des têteaux et arbres de haute futaie resteront au propriétaire de ce travail.

Les arbres isolés au milieu des terres seront abattus par le propriétaire à ses frais et à son profit exclusif.

Les preneurs seront obligés de tenir bien closes et en bon état les haies qui seront conservées ; quant aux fossés et rigoles d'assainissement ou de clôture qui peuvent exister sur les biens loués les preneurs les entretiendront pour leur usage seulement.

De faire avec leurs chevaux, voitures et charretiers et sans rétribution, hors le temps des récoltes et semailles, l'approche de tous les matériaux nécessaires de faire aux bâtiments affermés.

10° De cultiver et fumer le jardin en temps et saisons ordinaires et de l'entretenir et rendre en bonne nature de jardin à la fin du bail.

11° De veiller à la conservation des arbres fruitiers qui peuvent exister dans ledit jardin.

12° D'entretenir les prés en bonne nature, nets d'épines, taupinières et autres accrues nuisibles à la production de l'herbe, afin qu'ils puissent toujours être fauchés à faux courante.

Les Bordes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

13° De cultiver, fumer et ensemencer les terres en temps convenable et en autant de soles ou saison qu'ils voudront sans pouvoir les doubler ni surcharger de semence, et de les rendre en bon état à l'expiration du présent bail et en trois soles à peu près égales.

14° D'entretenir s'il y a lieu au lieu et place du propriétaire l'étang des Trois Seigneurs commun avec les héritiers Bergevin.

15° De souffrir sans indemnité que le fermier qui leur succèdera dans l'exploitation de la dite ferme, fasse des prairies artificielles dans les dernières avoines, ou autres semences de printemps.

16° De masser à leur sortie et sur le produit des deux dernières récoltes, bien liés et entassés dans les bâtiments de la ferme, cinq cents bottes de paille de cinq kilogrammes chacune, quantité égale à celle qu'ils recevront à leur entrée, du fermier sortant ; et six bottes de foin également de cinq kilogrammes chacune provenant de la récolte des près de l'année de leur sortie des bâtiments. Le fermier sortant devant leur en laisser cette année une pareille quantité.

17° De convertir en fumiers pendant le cours du bail, tous les chaumes et empaillements provenant des biens affermés, pour les engrais de la ferme sans pouvoir en vendre. Mais à la fin du bail, ils pourront enlever les empaillements de foin excédant ceux qu'ils doivent laisser d'après l'article seize ci-dessus.

18° Les preneurs auront pour leur chauffage et pour faire des feuillards, les rames et branches des arbres ététaux qui pourront rester sur les héritages affermés.

19° Ils n'auront pas la permission de laisser partager leurs chevaux et autres bestiaux dans les bois et taillis dépendant de la propriété de M. de BOURNONVILLE, sous peine de tous dommages et intérêts.

20° Ils ne pourront y prétendre à aucun droit de chasse sur les biens affermés, ce droit étant expressément réservé par Monsieur de BOURNONVILLE, pour lui et pour ceux à qui il lui plaira de le concéder.

21° Dans le cas où les preneurs auraient des chiens chassant seuls le gibier, ils devraient s'en défaire aussitôt qu'ils en seraient requis par le bailleur ; à défaut de quoi celui-ci pourra faire tuer les chiens quinze jours après cet avertissement sans qu'il y ait lieu à indemnité.

22° De supporter pendant tout le cours du bail les dégâts qui pourraient être faits à leurs récoltes par les lapins ou autres gibiers du bailleur ou des propriétaires voisins.

23° De ne pouvoir réclamer aucune diminution de fermage pour perte totale ou partielle d'une ou de plusieurs récoltes par suite de cas fortuits prévus ou imprévus même de force majeure.

24° De ne pouvoir céder leurs droits au présent bail en tout ou en partie sans le consentement exprès et par écrit de M. de BERNONVILLE.

25° Le bailleur se réserve le droit de faire des échanges avec tous propriétaires riverains des lieux loués et de céder à ce titre des héritages compris au présent bail, en réservant des objets d'égale valeur, nature et contenance ou en indemnisant les preneurs à dire d'expert.

26° Et les preneurs paieront les coûts et droits de présenter ainsi que ceux d'une grosse pour le bailleur".

Viennent, ensuite, les conditions de paiement du bail en monnaie sonnante et trébuchante.

"Outre ces charges et conditions le présent bail est fait et accepté moyennant un fermage de quatre cents francs par an, que M. et Madame RENTION-BARBOU promettent et s'obligent solidairement de payer à M. de BOURNONVILLE en son domicile au château des Hayes, commune de Fontaines-en-Sologne, le premier novembre de chaque année, à compter du premier novembre mil huit cent soixante-dix-neuf, pour le premier paiement, le premier novembre mil huit cent quatre-vingt, le second, le premier novembre suivant et ainsi continuer d'année en année jusqu'à la fin du présent bail, de manière qu'il y ait autant de paiements de fait que d'années de jouissance écoulées".

Au recensement de population de 1891, Adrien demeure encore dans la ferme des Bordes avec son épouse, Célestine, leurs trois enfants, Célestine, née en 1880, Maria Marie Louise, née ne 1883, et Célestin, né en 1887. Ils ont une domestique, Clémentine BILLAULT, âgée de quinze ans.

Adrien décède le 19 décembre 1900 à Fontaines-en-Sologne. La famille est obligée de quitter la ferme…