La garde mobile… Etienne Théodore Léonidas GRANDIN est décédé à l'âge de vingt-cinq ans pendant le siège de la Commune de Paris.

La Versaillaise - Chanson de la Garde Mobile - (c) Gallica

Le 13 juillet 1870, la première dépêche d'Ems, celle adressée par Guillaume 1er à Bismarck, explique que le Roi de Prusse a refusé de recevoir les ambassadeurs de Napoléon III et qu'il accepte la couronne d'Espagne. Bismarck reprend cette dépêche, la durcit et Napoléon III y voyant le risque que la France soit "entourée" par des Prussiens, déclare la guerre 19 juillet.

Mais, en France, la levée des troupes est difficile. IL faut donc rappeler tous ceux qui n'ont pas été appelé sous les drapeaux, du fait de leur numéro au tirage au sort, ainsi que les "anciens". Déjà, pour cette première guerre avec les Allemands, le nombre de militaires est inférieur à celui de la Prusse !

C'est ainsi que bon nombre de jeunes gens se trouvent plongés dans cette guerre alors qu'ils étaient persuadés avoir échappés à l'obligation militaire. Voici le cas de Etienne Théodore Léonidas GRANDIN…

Etienne Théodore Léonidas GRANDIN naît le 26 décembre 1845 à Villeneuve-le-Comte (77), acte n° 46, fils de Pierre François Alexandre, vingt-huit ans, instituteur en école primaire, et Adélaïde Antoinette SALMON, vingt-trois ans. Il est le quatrième enfant d'une fratrie de six garçons :

-          Nés à Villeneuve-le-Comte (77) :

  • Jules Alexandre, né et décédé le 24 décembre 1841,
  • Jules Sosthène Alexandre, né le 28 novembre 1843,
  • Etienne Théodore Léonidas, né le 26 décembre 1845.

-          Nés au May-en-Multien (77) :

  • Albert Ernest, né le 1er avril 1851,
  • Hyppolite Edouard, né le 7 septembre 1852.

-          Né à Thorigny-sur-Marne (77) :

  • Henry Gabriel Adonias, né le 7 septembre 1855.

Lors du recensement de la classe 1865, Etienne Théodore Léonidas tire le numéro 73 ce numéro élevé lui permet de ne pas faire le service militaire.

Il part s'installer à Paris (75) pour exercer sa profession de coiffeur et loge 45, rue des Abesses, dans le 18ème arrondissement.

En juillet 1870, il rejoint la Garde Mobile de Seine-et-Marne sous le numéro matricule 177. Il fait partie du 1er Bataillon, 1ère Compagnie, celle du Commandant Pinguet. Etienne Théodore Léonidas participe au Siège de Paris, du côté des forces de l'ordre et est blessé et soigné dans une ambulance militaire qui le ramène à son domicile, chez Mademoiselle CLÈRE, au 45, rue des Abesses, dans le 18ème Arrondissement. Il décède le 28 décembre 1870. Son frère, Jules Sosthène Alexandre, qui demeure 37, rue du Caire dans le 2ème arrondissement, déclare son décès[1] le lendemain.

La capitale étant isolée, fermée à tous contact avec la province, aucune communication ne filtrait, la famille de Etienne Théodore Léonidas n'a eu connaissance de son décès que trois mois plus tard.

Trois années passent et les parents d'Etienne résident dans la commune d'Episy (77). Ils demandent l'intervention du maire de la commune, M. SERRÉ, afin d'obtenir un acte de décès, acte qu'ils estimaient recevoir en 1870, en tant que parents. Le courrier est parti le 29 avril 1873.

Mais, si à Paris, la Garde Mobile a combattu les Prussiens, ils ont dû aussi faire face aux Communards dont Henry dit Charles DEVILLERS faisait partie…



[1] AD75 – Cote V4E 2247 - Acte de décès n° 4564, 18ème arrondissement, vue 19/29