Les données généalogiques, qu'elles soient consultables en ligne ou dans les dépôts d'archives ne nous appartiennent pas : elles sont du domaine public !...

Data

Alors, chacune et chacun d'entre nous en dispose. Chacune ou chacun d'entre nous peut les travailler : nous sommes tous libres ! La seule chose dont nous soyons propriétaires –  la fameuse propriété intellectuelle – est le rendu que nous en faisons. Je m'explique.

Je fais partie de ceux qui, lorsqu'ils ont un "nid" dans une commune, étudient toute la commune. Je ne veux absolument pas laisser passer un cousinage, inutile au demeurant dans ma lignée directe, mais qui le sera pour un autre généalogiste. Je dépouille donc toute la commune. J'en établis un tableau, au format Excel ™ et je le garde pour travailler. Je vois certains lecteurs faire la moue : "Et Nimègue© ?". Chacun voyant midi à sa porte, je préfère mon tableau car j'y mets tous les renseignements que je veux, je peux dépouiller tous les documents que je veux, etc.

Donc, revenons à mon dépouillement. Jusqu'à présent, le seul dépouillement que j'ai remis à une association est celui de la commune de Moissy-Cramayel (77). Je l'avais entamé lorsque la SHAGE a obtenu un prix de la communauté de SÉNART ; étant adhérente et bénévole de l'association, c'est tout naturellement que je leur ai remis le travail. Je l'ai aussi, bien évidemment, remis à la commune. Mais, à l'époque, j'avais réalisé le dépouillement jusqu'en 1902. Depuis, j'ai photographié les actes en mairie et j'ai dépouillé jusqu'en 1939.

Cela fait quelques heures de travail mais je suis heureuse de l'avoir réalisé, de 1593 à 1939, cela fait une sacrée période. À quoi me sert ce travail ? Eh bien, lorsque je cherche une source d'inspiration pour un article, je vais regarder ce que j'ai en magasin. Évidemment, à ce dépouillement de l'état-civil, j'ajoute les recherches faites sur la commune, donc…

Alors, d'après certaines personnes, ce dépouillement est "mon" fichier ; même si je l'ai remis à une association et, si cette dernière le vend pour faire rentrer un peu d'argent dans les caisses, dois-je m'offusquer ?... De mon point de vue, non ! Je l'ai fait, je leur ai remis, ils en disposent !

Par contre, si je devais réaliser un ouvrage, mettre en forme ce travail, le présenter, je pense qu'il m'appartiendrait. Le travail, la rédaction, la mise en page m'appartiendraient, pas les données !... Une autre personne peut réaliser ce travail et en disposer aussi. C'est-à-dire, que cette personne pourrait vendre son travail sur Geneanet™, car elle ne vend que le fruit de son labeur. Il ne faut pas perdre de vue que ce sont des données publiques, donc, chacun peut les exploiter à sa façon, les présenter à sa façon !

Le sujet sur le bénévolat est récurant ! Mais le bénévole peut être rémunérer : il effectue un dépouillement, d'état-civil ou d'autres documents, et les propose lui-même à la vente. Ainsi, son travail sera publié mondialement au lieu de rester local et il sera d'autant plus utile.

Je le dis toujours : être bénévole ce n'est pas toujours gratuit. Pour dépouiller des données, le bénévole reste des heures devant son ordinateur, se déplace dans les archives, relève et conditionne les données. Il y a donc du temps, des frais… Le bénévole paie de sa poche, de sa sueur, quel mal y a-t-il pour qu'il vende son travail ?... Si ce travail est vendu par l'association pour laquelle il a œuvré, c'est comme un salarié qui développe une action dans une entreprise : elle ne lui appartient pas, elle appartient à l'employeur ! Sauf que, dans le premier cas, le bénévole n'est pas rémunéré par l'association… C'est le but du bénévolat !

Mais, dans le monde de la généalogie, trop de personnes abusent de ces bénévoles. La seule chose importante est de savoir si le bénévole, lui, trouve qu'il y a de l'abus !

Alors, les bénévoles peuvent continuer à œuvrer gratuitement pour des organismes qui vendent leurs travaux, c'est ainsi. Les uns se sentent utiles, les autres mettent à la disposition de tous ce travail et tout cela a un coût ! Mais jusqu'à quel point ?