Est-ce vraiment possible ? Je pense que, dans nos pays, nous le pouvons, pour d'autres, c'est sûrement plus compliqué…

Geindre, critiquer, pleurer, je ne dis pas que c'est facile mais presque… Pleurer, lorsque je me sens démunie est le seul moyen que j'ai trouvé : cela ne fait de mal à personne ! Par contre, geindre… me plaindre… Oui, comme tout le monde ! Mais je me dis que si je ne fais rien, je n'arriverai à rien. Oh, certaines décisions peuvent prendre du temps pour être appliquées, mais elles finissent par l'être…

Mon enfance, pas facile, mais pas "si difficile"… Je ne recevais pas de mes parents ce que j'aurais aimé recevoir : de l'estime, de l'amour, le vrai, celui qui est donné sans limite… J'ai reçu des choses que je ne voulais pas recevoir : au-delà de la fessée, interdite de nos jours… Mais, car il y a un mais… Sur le plan matériel, je n'ai manqué de rien. Nous n'étions pas une famille richissime, les sous étaient comptés, mais nous avions un bon niveau de vie. Et, ce que je n'ai pas eu et ce que j'ai eu dont je ne voulais pas font qu'aujourd'hui, je suis ce que je suis !

Je fais partie de ces personnes qui ont toujours cru devoir se battre pour prouver qu'elles valent quelque chose. Mais à qui le prouver ? Il faut d'abord se le prouver à soi-même ! Cette enfance m'a au moins apporté une chose : le fait de me donner les moyens d'avoir ce que je désire au plus profond de moi !

Dès que j'ai voulu quitter la maison, fille de militaire, le seul moyen que j'ai trouvé était de partir à l'armée. Née en Allemagne, je voulais retourner faire carrière en Allemagne. M. Valéry GISCARD d'ESTAING, élu Président de la République, abaisse l'âge de la majorité de 21 à 18 ans. Quelle chance ! Quel bonheur ! J'avais alors dix-neuf ans et six mois plus tard j'étais à l'EIPMF, Ecole Interarmé des Personnels Militaires Féminins, de Caen-Carpiquet (14). Je n'ai jamais regretté cette décision, même si je n'ai pas trouvé mes débuts toujours faciles. Huit mois après être entrée à l'EIPMF, je me trouvais affectée en Allemagne. N'est-ce pas le bonheur ?...

La rencontre avec un homme que je croyais être celui de ma vie, puis un second que j'épouse quelques années plus tard, alors maman de trois enfants. Vie maritale un peu compliquée, un peu-beaucoup partagée, mais que de beaux enfants ! Comment une mère pourrait-elle se plaindre ?... Ma carrière militaire ? Bien gérée… Les diplômes que je désirais, je les ai obtenus, aisément, car j'ai étudié ce qu'il fallait, même si certaines matières ne m'inspiraient pas, mais alors pas du tout !... Et puis, au bout de vingt années, retour en France, difficulté d'adaptation pour les enfants, excuse ou réalité ? Un peu des deux… Je décide de prendre ma retraite et de m'atteler à la vie de mère de famille : enfants adolescents = beaucoup de grands et beaux partages ! Là encore, J'AI pris la décision, j'ai fait un choix…

Après quelques trente années de vie commune, notre couple décide de voler en éclats, JE décide de le faire voler en éclats ! Là encore, un choix difficile, douloureux : l'accouchement fut vraiment très douloureux et très long… Mais, un jour, aidée de mes enfants, d'amis, j'ai décidé que cela suffisait, qu'il fallait remonter cette pente trop vite descendue ! Cette grimpée a été longue, très longue, trop longue peut-être. Cependant, l'aboutissement final m'a apporté encore plus de bonheur, s'il pouvait en être… J'ai retrouvé un travail dans un domaine totalement inconnu : la Médecine du Travail ; j'ai appris à maîtrise le Code du Travail, … Mes collègues m'ont épaulée et nous avons formé une belle équipe, équipe qui existe encore aujourd'hui même si j'ai quitté l'entreprise : nous continuons de nous appeler au téléphone, de manger ensemble, partager un café, une émotion un souci… J'ai commencé à me rendre compte que je pouvais faire quelque chose par moi-même, même dans un domaine que je ne maîtrisais pas…

En dehors du travail, j'avais commencé, il y a maintenant trente-et-une années, les recherches généalogiques, il y a une vingtaine d'année, les recherches sur la commune où je résidais, Moissy-Cramayel (77). Qu'en est-il ressorti ? Sur la commune, cette année, nous allons publier nos 3ème et 4ème ouvrages, j'en rédige deux autres toute seule… En généalogie ? Je me suis donnée d'autres moyens : ceux de devenir généalogiste professionnelle. J'ai recherché un centre de formation, le CLG à Blois (41), j'ai obtenu un aménagement des semaines de formations : au lieu de 9 en continu, une par mois sur neuf mois. J'ai obtenu les trois diplômes et… j'ai mis plus d'une année à décider de me lancer. Pourquoi ? A cause de mon âge, soixante ans ! Et puis, je me suis installée avec un nouveau compagnon. Une personne simple, posée, une personne qui croit en moi et qui m'a boostée… Alors, cela fait une année que j'officie en généalogie professionnelle. Malgré tout, personne ne m'attendait !... Donc, les clients ne se bousculent pas à ma porte… Qu'importe, ceux pour qui je travaillerais seront les bons ! J'aurais plaisir à faire leurs recherches ! J'ai plaisir à faire des recherches pour rédiger mes ouvrages !...

Le bonheur... © Y.-D. DIEMUNSCH

 

 

J'aurais donc pu me plaindre, enfance délicate, gémir, vie de couple difficile, mais non, j'ai choisi de ruer, de tempêter, de crier, de pleurer, mais, surtout, d'avancer ! Ce qui fait que je ne garde que le côté positif de tous ces difficiles moments, et je me dis que l'avenir est toujours devant mois… En un mot ? Je suis HEU-REU-SE !...