Qu'est-ce que la famille en généalogie ? Dans la vie de tous les jours ? Les "pièces rapportées" ? La famille choisie ?...

La famille en généalogie, c'est celle que l'on découvre, pas à pas. Celle que l'on apprend à connaître. Et, au fond, nous l'aimons cette famille-là ! Mais si nous l'avions fréquentée dans la "vraie" vie, l'aurions-nous tant aimée ? Je me pose souvent la question…

Je suis fière de cet ancêtre-là, Paul Michel Louis (1847-), exilé en Angleterre en suivant Napoléon après la Commune de Paris. Je suis fière de cet autre, Louis Achille (1861-1896) qui était musicien à Boulogne-sur-Mer (62)… Tiens, avez-vous remarqué ? Il n'y a que des hommes ! …

Je ne peux être fière des ancêtres féminines car, pour la plupart, elles étaient sans profession… Donc… Mais quel courage pour Marie Victoire Georgina (1872-1955) d'avoir eu neuf enfants tout en étant manouvrière… Ou encore cette autre, Ursule (1815-1886), vigneronne, ayant eu, elle aussi neuf enfants !

Mais tous ces ancêtres, qui étaient-ils ? Quel caractère avaient-ils ? Etaient-ils attentifs aux membres de leur famille ou bien étaient-ils tellement fatigués lorsqu'ils rentraient à la maison que c'était avec fermeté et sans sentiment qu'ils exerçaient leur rôle de parent ?... Nul ne le saura… Cela restera un mystère…

Ne sont-ils pas beaux ces 2 frères MENOT et leurs épouses ? © Christiane MENOT

La famille de tous les jours, celle que l'on a créé, celle que l'on a fondée … Bref, comment savoir si nous avons fait bonne ou mauvaise route ?... Je me plais à me dire que je n'ai pas trop mal réussi ! Pourquoi ? Tout simplement parce que, aujourd'hui, tous les jours, tous les instants, mes enfants sont présents. Certes, certains moins présents car géographiquement éloignés, mais présents tout de même : dans nos conversations, dans nos choix, dans nos réflexions et… Il y a des moyens aujourd'hui qui nous permettent de nous parler très régulièrement : Skype, Whatsapp, et encore d'autres que je ne connais pas. Ces enfants que je chéris et qui me le rendent bien !

La famille un peu moins de tous les jours, celle des frères et des sœurs. Pour moi, un frère, cela n'a pas toujours été simple, pourquoi ? A vrai dire, lorsque je me pose la question aujourd'hui, je me rends compte que cela devait être ainsi. Notre vie à tous les deux nous a emmenés sur ce chemin-là, celui de l'éloignement. Mais notre amour fraternel devait être plus fort que toutes ces embûches puisqu'aujourd'hui nous avons plaisir à nous rencontrer. Oh, pas tous les jours, là encore l'éloignement géographique, mais pas seulement, l'éloignement de nos vies, celui qui a fait que nous ne connaissons pas tout de la vie de l'autre. Est-ce important ? Je suis sûre que non, seul l'amour que nous pouvons nous porter est important. Cet amour que nous offrons à nos propres enfants, cet amour que nous partageons avec nos neveux et nièces respectifs !

Et puis, dans les familles, il y a les "pièces rapportées". Quel vilain nom ! Quel vilain mot dans le cas de personne ! Mais il faut dire que ce statut n'est vraiment pas enviable ! Pour quelles raisons et par quels motifs, les gendres et les brus ne sont pas toujours acceptés ? La première raison qui me vient à l'esprit est le "vol" de son enfant par cette personne qui, bien évidemment, ne saura pas s'occuper de notre enfant aussi bien que nous. Je parle, bien évidemment là, des mamans ! La deuxième raison est, parfois, de la jalousie envers la belle-fille : elle a mieux réussi que moi, elle a fait ce que je n'ai pu faire, elle est bien trop jolie, bref, moult raisons pas vraiment valables… Mais c'est ainsi ! Il y a aussi que les parents ne plaisent pas toujours à cette personne qui arrive ! Position pas très avantageuse que de devoir "supporter" des beaux-parents qui sont à l'opposé de nous ! Il y a d'autres raisons aussi peu acceptables les unes que les autres mais c'est souvent ainsi : les "pièces rapportées" ne plaisent pas à la famille qui accueille, et vice-versa…

Que faire ? Hummm, je ne suis pas trop bien placée pour vous conseiller. Je dirais, patience, patience, les uns ne sont pas obligés d'aimer les autres. Il est préférable un statuquo mais le caractère l'emporte souvent plus que la raison… Le principal est de toujours passer outre les mauvais moments et de ne retenir que les bons !...

Et puis il y a un cas que j'aime : la famille que l'on se choisit ! Les parents qui se trouvent un enfant et un enfant qui se trouve des parents, quel que soit l'âge des uns et des autres ! Là, ce n'est que du bonheur. Il n'est retenu que les qualités, la vie se fait en acceptant, sans jugement, les défauts de part et d'autre. Je le répète : que du bonheur ! Cette famille-là est toujours heureuse de nous voir arriver, triste de nous voir partir ! Cette famille-là trouve toujours très long les moments d'absence !

Il est donc important de privilégier la famille qui nous entoure : de naissance, de tous les jours, rapportées, choisie, … Celles-là, nous les connaissons, nous les aimons, nous les chérissons ! Nous pouvons donc écrire sur elles afin que nos descendants, lorsqu'ils feront "leur" généalogie, puissent mettre quelques compléments d'information sur nous, leurs ancêtres !