Monument aux Morts, MOissy-Cramayel (77) © Christiane MENOT

Suite à mon précédent article, Genealogie.com m'a conseillé la lecture de l'article de Prisme 1914-1918, que je vous recommande de lire d'ailleurs…

Je suis heureuse d'avoir pu lire cet article : il me conforte dans mes propos ! En effet, Prisme parle bien de "fiches dites des Non Morts pour la France". En aucun cas, il appelle les soldats morts dans les zones de combat des soldats "Non Morts pour la France". Car ces soldats, il faut le souligner, sont bien Morts pour la France, quoique l'on puisse écrire, qu'ils aient ou non reçu cette mention d'état. Ils étaient bien allés au combat !

J'ai lu, pas plus tard qu'avant-hier, la fiche matricule d'un soldat de la classe 1914 qui a déserté pour la 1ère Guerre, rattrapé, mis en prison, amnistié en 1922 (si si, vous lisez bien, il a été amnistié !). Rappelé à l'activité pour la 2nde Guerre, il ne se présente pas, donc toujours déserteur… Il meurt avant la fin du conflit, de maladie, chez lui.

Alors, quelle différence doit-on faire avec mon Alphonse DEY ? Lui qui a rejoint les troupes alors qu'il habitait le Sénégal ? Lui qui a quitté sa famille, âgé de quarante-trois ans au début du conflit ? Lui qui est mort dans une zone de combat :la Somme ! Certes, porté disparu pendant trois jours, retrouvé par la gendarmerie, noyé au fond d'un étang… Mais enfin ! Il y était au front ! Il aurait sûrement mieux valu que l'on ne retrouve pas le corps : il aurait été reconnu par l'état comme étant Mort pour la France !

Que penser aussi des soldats à qui l'on a donné la fameuse mention alors qu'ils avaient été "trucidés" par le commandement militaire. Ce dernier a fait enregistré les décès dans la liste de ceux réellement décédés au cours d'un combat ! Je suis satisfaite que les soldats aient LA mention, mais j'aurais aimé que les commandants ayant donné les ordres soient traduits en justice : cela reste un crime de guerre, aujourd'hui désormais impuni !

Que penser de ce soldat gazé, qui a souffert le martyre, au front dans un premier temps puis chez lui au retour, pendant des mois. Celui-ci qui est décédé hors les délais prescrits par le décret décernant la mention… Alors il mort pour qui pour quoi ce soldat ??? Il est bien mort parce qu'il est allé au front, non ? Ce n'est pas dans son champ au fin fond de la France qu'il aurait été gazé !...

Je pense que l'Etat français, aujourd'hui, devrait reconnaître que tous ces soldats sont bien "Morts pour la France", sans distinction. Je parle de ceux qui sont morts soit directement dans un conflit armé, soit dans une zone de combat, quelque soit le motif du décès, de ceux que l'on a passé par les armes sans jugement, et, enfin, des fusillés pour l'exemple, les mutins choisis au milieu de tous les mutins. Je ne parle donc pas des fusillés qui ont été jugés ! Même si, à la lecture de certains jugements (cf. le dossier de CHENUT, Seine-et-Marne), je suis horrifiée mais la loi de l'époque était ainsi faite : ils ont été jugés et condamnés.

Dans un courrier d'août 2016, le Ministre de la Défense, Monsieur Jean-Yves LE DRIHAN, me signifie une fin de non-retour, quant à la reconnaissance de Mort pour la France de Alphonse DEY, en ces termes : " […] en application de l'article L. 488 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, la mention "Mort pour la France" est attribuée aux militaires décédés d'accident survenu en service ou à l'occasion du service en temps de guerre. […] aucune dérogation à ces dispositions, d'application stricte, n'est possible". Mais, je ne baisse pas les bras, il reste le Procureur de la République…

Merci aux intervenants de Genealogie.com le texte indiqué sous les cases de recherches sont très explicites et permettront à l'utilisateur de mieux comprendre le pourquoi de cette recherche et de cette appellation… Comme quoi les échanges entre les uns et les autres, en bon terme bien évidemment, ne peuvent être que fructueux…