centenaire 14-18

Cette mention, honorifique, pas d'argent donné à la famille du disparu, est bien malmenée depuis la campagne du Centenaire…

 

Il y a plusieurs façons de mourir durant cette triste Guerre…

 

Mort au combat – Là, aucun doute ! Le corps est retrouvé, l'identité est reconnue. Le soldat mérite cette mention, pas de discussion !

 

Disparu – Là, cela se complique… enfin, pas trop. Le soldat est signalé "disparu", le corps n'ayant pas été retrouvé et le soldat n'ayant pas rejoint sa compagnie, son régiment, après le combat. La charge incombe à la famille d'entreprendre des démarches administratives (saisir le Tribunal local, un jugement, …) afin que leur disparu soit reconnu comme étant mort au combat et obtienne donc cette mention de Mort pour la France.

 

Blessé – La France manquera à ses devoirs : le suivi des blessés. C'est le même problème pour toutes les nations après un conflit militaire. Que faire de ses blessés ? Dans un premier temps, force est de reconnaître que c'est à la Guerre que les soldats ont été blessés. Mais, d'expertise en expertise, d'année en année, la pension d'invalidité est réduite à peau de chagrin. La non reconnaissance de leurs souffrances a dû être terrible pour ces soldats revenus du front et jamais honorés au Monument aux Morts… A la souffrance physique s'ajoute la souffrance morale. D'aucun s'étonne encore que ces soldats-là aient été silencieux… Je ne m'étonne aucunement !

 

Mort "accidentelle" – Je connais au moins un cas : Alphonse DEŸ (cf. article du 4 juin 2106). Alphonse a été porté disparu pendant trois jours. Son corps est retrouvé dans un étang, conclusion : mort accidentelle non imputable au service. Mais, Poyart est une commune de la Somme, au cœur même des batailles… Je ne désespère pas de faire reconnaître ce soldat Mort pour la France, il le mérite ! Ils sont, d'après le site de Mémoire des Hommes, 95 000 à être morts dans des zones de conflits mais non reconnus Morts pour la France… Quel scandale !

 

Mort, des suites de blessures, mais trop tard – Comment la France a-t-elle osé ? Ce soldat, gazé au combat, rentré chez lui et décédé en après 1919, sera enterré sans les honneurs. Pourquoi ? Parce qu'il est décédé trop longtemps après la fin des hostilités ! Quelle honte ! Sûrement, qu'en plus, il n'avait pas été réellement reconnu et indemnisé.

 

Les fusillés – Certain, qui indexe actuellement, note "non Mort pour la France". J'en suis outrée ! Tout d'abord parce que ce n'est absolument pas écrit sur sa fiche et ensuite parce que cela "tue" une seconde fois ce soldat ! Fusillé ! Mais, quand on connait la quantité de jugements expéditifs qu'il y a eu durant cette guerre, le releveur aurait au moins pu noter "fusillé". Car, selon les cas, certains n'auraient jamais dû être fusillés ! Ils sont Morts par la France !... C'est encore plus grave !

 

Actuellement, le débat est ouvert au sujet de ces fusillés. Beaucoup d'élus pensent devoir faire "réhabilité" les fusillés pour l'exemple mais ils ne savent même pas de quoi ils parlent réellement. Les fusillés pour l'exemple sont ceux qui ont donné leurs vies alors qu'ils faisaient partie d'un groupe de mutins… Il y a, donc, les fusillés par jugements expéditifs. Alors, oui, ceux-là doivent recevoir la mention Mort pour la France. Mais ceux qui avaient de réelles raisons d'être fusillés…

 

Les exécutés – Ces soldats ne seront pas vraiment reconnus. Certaines autorités militaires, pour camoufler leurs meurtres, ont même fait enregistrer les décès de soldats exécutés dans le nombre de décédés reconnus lors de batailles. Ainsi… Ils ne pourront jamais être poursuivis pour leurs crimes. Mais, aujourd'hui, l'Etat français devrait reconnaître ces crimes contre l'humanité ! Car, il faut mettre les mots sur les actes : la France de l'époque ayant laissé l'autorité et le pouvoir de décision aux militaires, tout et n'importe quoi a été fait.

 

Les soldats Morts pour la France ont leurs noms inscrits sur au moins un Monument aux Morts, mais ils n'ont pas tous une sépulture…

 

Un soldat particulier : Jean André LAGNEROT, né à Bordeaux en 1875, décédé en 1915. Sa mère, veuve, habitait Bègles, sa veuve, Anne LECOMTE, à la Ville-du-Bois, dans l'Essonne. Il repose dans le cimetière des Grès à Moissy-Cramayel, en Seine-et-Marne. Il apparaît tout de même sur un Monument, celui de la Ville-au-Bois.

 

Alors mon cœur saigne ! Je pense à toutes ces familles qui ont perdu un être cher et qui ont dû, en plus, faire face à la honte ! Mais la honte de quoi ? Leur parent, père, époux, fils, frère, …, a donné de sa vie injustement : que ce soit par le fer allemand, c'était la guerre, que par le fer français, c'était de la politique…