La Première Guerre Mondiale… une boucherie ! Fallait-il en rajouter ?

Déserteur ! Quel vilain mot ! Mais, dans le cas de l'armée, tellement présent dans nos esprits… Alors, quel sort était réservé à un déserteur ?... La Cour martiale ! Le déserteur était jugé puis condamné, enfin, la sentence était exécutée.

Dans le cas de la Première Guerre Mondiale, les déserteurs, ou aussi ceux qui refusaient d'obéir à un ordre donné en étant sous les drapeaux, ont eu diverses sanctions. Y avait-il le temps matériel de les traduire en Cour martiale ? Dans la réalité non, mais dans la pratique, nous avons des lois et il faut les respecter, surtout le gouvernement qui les vote et les fait appliquer !

Alors, bon nombre de ces déserteurs ont été fusillés… pour l'exemple ! Pour obliger ceux qui se posaient encore des questions de ne plus s'en poser et… d'obéir purement et simplement !

Ces fusillades ont souvent été des actes purement criminels ! Tel ce soldat qui refusait de retourner au front et qui a été sauvagement abattu de six balles dans la tête par des gendarmes ayant reçu l'ordre d'un général. Il était là, dans un champ, allongé et d'où il ne voulait plus partir….

Alors… que faut-il faire désormais ? Certains de ces "fusillés" pour l'exemple ont été réhabilités, dès la fin de la Guerre. Mais il resterait encore environ 650 soldats non reconnus … Ce qui me gêne ? C'est que tout le monde en parle, mais aucune liste, à ma connaissance, ne les répertorie réellement. Combien sont-ils ? Pour quelles raisons ont-ils déserté ? La peur ? C'est tellement justifié ! Les idéaux politique ou religieux ? Là, questionnement …

Combien de familles ont dû ester en justice afin de faire reconnaître leur parent – mari, enfant, frère – Mort pour la France ? Que devons-nous penser de ces hommes qui sont allés bravement au combat pour défendre les valeurs de la France attaquée alors que d'autres refusaient de participer ? que dois-je penser de ce refus essuyé par M. Jean-Yves LE DRIHAN, Ministre actuel de la Défense, pour obtenir la mention Mort pour la France pour M. Alphonse DEŸ ? Ce soldat est mort à l'âge de 46 ans ; il y avait 24 jours qu'il ne devait plus être sous les drapeaux. Il est mort dans des conditions étranges : d'abord porté disparu, il a été retrouvé dans une mare proche des zones de combat. La conclusion a été : mort accidentelle. N'étant pas imputable au Service, selon les textes, Alphonse DEŸ n'obtiendra JAMAIS la mention Mort pour la France…

 

Monsieur le Sénateur Guy FISCHER

En 20 décembre 2011, M. Guy FISCHER, sénateur, proposait, avec d'autres sénateurs, un projet de loi[1] visant à réhabiliter les fusillés pour l'exemple. Mais sous quelles conditions ? En quels termes ? M. FISCHER allait même plus loin, il désirait que ces soldats fusillés obtiennent la mention Mort pour la France ! Le texte a été rejeté le par le Sénat le 19 juin 2014. M. FISCHER est décédé en le 1er novembre suivant.

Aujourd'hui, certains politiques se regroupent pour obtenir réparation. Mais quelle réparation ? Devons-nous aussi réhabiliter tous les déserteurs ? Y en a-t-il eu pour la Guerre d'Algérie ? Que pensaient ces jeunes appelés qui ont été envoyés au combat alors qu'ils étaient totalement contre ?...

Je m'interroge donc sur la conduite à tenir pour ces fusillés pour l'exemple. Reconnaître que beaucoup ont été fusillés dans des conditions plus que déplorables, sans jugement, là … sur place… de la seule décision d'un général. Oui ! Je suis tout à fait d'accord. Mais de là à leur donner la mention Mort pour la France… Cela remettrait en question le texte officiel accordant cette mention ! Est-il possible de réécrire l'Histoire ?...