Ma Marguerite ? Non, notre Marguerite, notre grand-mère : Mamie ! Mamie aura été notre grand-mère, à mon frère et à moi, puis aura été la Mamie de mes enfants, et enfin de mes cousins… Mais, dans la famille, lorsque nous parlons de Mamie, ce ne peut être que notre Marguerite !

Tout commence par le mariage de nos arrière-grands-parents, Athanase Jules et Eugénie. Le samedi 17 mars 1900, Athanase Jules MONNIER, trente-et-un ans, cadier, né à Condé-en-Brie (Aisne), épouse, à Courtemont-Varennes (Aisne), Eugénie DUMONT, vingt-trois ans, sans profession, née à Reims (Marne). Il est fils de Louis Gustave et Rosalie Clémence HERBLIN, elle est fille de Paul Emilien et Eugénie Albertine QUINTIN.

Reine Rose vient égayer cette famille en naissant le mercredi 16 janvier 1901. Thérèse Léone la rejoint le mardi 11 août 1903. Elles naissent toutes les deux à Condé-en-Brie.

Le dimanche 22 janvier 1905, Marguerite Juliette naît, elle aussi à Condé-en-Brie.

Une quatrième fille, Alice Madeleine, vient agrandir la fratrie le lundi 21 septembre 1908, suivie, six ans plus tard, le dimanche 4 octobre 1914, par la naissance de Simonne Suzanne. Cette petite dernière décède très vite, le mercredi 25 novembre de la même année. Elle restera le dernier enfant du couple Athanase et Eugénie.

Les filles vont être durement affectées par le décès de leurs parents : Athanase Jules, le lundi 6 mars 1916, et Eugénie, le vendredi 9 février 1917.

La 1ère Guerre Mondiale se termine et elles sont orphelines, mais ce fait n'est absolument pas dû à la Guerre !

Reine Rose, domestique, épouse, le samedi 27 mars 1920, à Chierry (Aisne), Victor Alexandre MENOT, cordier. Le jour de cette cérémonie, Marguerite, jeune sœur de Reine, a sûrement rencontré son futur mari, Charles Auguste, jeune frère de Victor…

 

Marguerite Juliette, à gauche, et sa soeur, Reine Rose

 

Le mariage de Charles et Marguerite a lieu le samedi 1er septembre 1923, à Vailly-sur-Aisne (Aisne), village d'origine de notre grand-père Charles. Elle est âgée de dix-huit ans, manouvrière, il est âgé de vingt-quatre ans, cordier, fils de Alexandre Francisse et Marie Victoire Georgina DAVID.

Le jeudi 15 mars 1926, Henri Charles Auguste naît à Vailly ; il décède le vendredi 26 avril de la même année. Marguerite n'oubliera jamais cette triste date puisque sa petite-fille naît le même jour, trente années plus tard !

Deux années passent et Christian Charles Pierre naît, à Soissons (Aisne), le vendredi 13 juillet 1928. L'année suivante, une fille, Régine, naît le samedi 31 août 1929 ; elle aussi à Soissons. Le malheur frappe à nouveau la famille par le décès de Régine le jeudi 14 novembre 1929 à Vailly.

Il aura fallu dix années pour que Marguerite accouche à nouveau d'une fille, Claudine, le jeudi 13 avril 1939, à Soissons.

La 2ème Guerre Mondiale arrive avec son lot de tristesses. La commune de Vailly est située non loin du chemin des Dames…

Et puis la vie reprend son cours en 1945… La reconstruction : Vailly a été physiquement cruellement touchée. Marguerite est surprise par l'annonce que lui fait son fils Christian : il s'est engagé pour partir faire la guerre en Indochine ! Le fils quitte le nid définitivement !

Claudine restera à ses côtés durant tout le reste de sa longue vie… Et ainsi Mamie a vu : le mariage de son fils, Christian, en 1953, les naissances de ses deux petits-enfants issus de ce mariage en 1954 et 1956, le décès de son beau-frère Victor, le mardi 19 novembre 1968.

Elle prendra soin de sa sœur pendant dix ans, Reine la quittant le jeudi 26 octobre 1978. Et la vie continue : le mariage de son petit-fils, en 1977, les naissances de son arrière-petite-fille, puis de son arrière-petit-fils, en 1978, le mariage de sa fille la même année, la naissance d'un arrière-petit-fils, puis d'un autre, en 1982, le décès de sa belle-fille en 1984, la naissance d'une arrière-petite-fille, en 1985, l'adoption de deux enfants de Claudine, enfants nés en 1986 et 1987.

La maladie de Charles oblige le couple à vendre sa maison de Vailly pour partir s'installer à Pierrefonds (Oise), à côté de Claudine. Après de longues années de souffrance, Charles Auguste quitte Marguerite le dimanche 7 décembre 1987, à Compiègne.

Marguerite vit désormais seule dans son appartement, à Pierrefonds, mais sa fille Claudine, est là, tous les jours !... La vie s'étire, se prolonge, Marguerite a des problèmes de santé liés à son âge, certes, mais sans plus. Elle aime beaucoup lire, refuse que l'on allume la télé (pour ce qu'ils y disent !) et aime beaucoup aller manger chez le Chinois à Compiègne. Mais, sa question principale est : "Pourquoi le Bon Dieu ne veut pas de moi ?... Je n'ai plus de parents, de mari, de sœurs, d'amis, alors ?..."

Le 22 janvier 2005, la maire de Pierrefonds, Michèle BOURBIER, honore Marguerite comme il se doit pour une centenaire et doyenne de la commune. Très belle réception, très beau discours ! Et nous voilà partis manger… chez le Chinois à Compiègne !

En mai de la même année, son petit-fils et son épouse reçoivent tout le monde dans leur maison : belle et dernière réunion "familiale" ! Il faisait beau, Marguerite rayonnait, nous étions bien !

Et puis Marguerite en a décidé autrement : elle nous a quitté le mercredi 3 juillet 2005 à Compiègne. Elle a, enfin, rejoint son mari et ses deux enfants décédés. Elle repose au cimetière de Vailly.