Chacun sait que les soldats de la classe 1911, ayant participé à toute la Guerre 1914-1918, auront effectué le plus long service militaire. Enrôlés pour le service actif en octobre 1911, ils rejoignent leur régiment en octobre 1912, sont placés dans la réserve de l'armée d'active mais restent bien sous les drapeaux jusqu'à la démobilisation le 14 août 1919, soit près de 7 longues années.

La commune de Moissy-Cramayel a eu sept jeunes conscrits de la classe 1911 : deux sont décédés pendant le conflit et les cinq derniers sont rentrés à la fin des hostilités. Le cas de Frédéric Charles FELGINES est remarquable !

Frédéric Charles est né le 12 septembre 1891, à Moissy-Cramayel, fils de Pierre, 39 ans, employé au chemin de fer de Paris-Lyon-Méditerranée, et de Catherine RODIER, trente-six ans, sans profession. Il est né au passage à niveau de Chaintreau, commune de Moissy-Cramayel.

A l'appel sous les drapeaux, courtier en farines, il rejoint le 156ème Régiment d'Infanterie. Il change régulièrement de régiment :

-          1er mars 1913, 6ème Régiment de Hussards

-          15 août 1913, le 169ème Régiment d'Infanterie,

-          9 novembre 1913, 20ème Escadron du Train des Equipages militaires,

-          6 octobre 1916, 20ème Régiment d’Infanterie,

-          6 décembre 1917, 288ème Régiment d'Infanterie.

Pendant le conflit, il est blessé par deux fois, à chaque fois par éclat d'obus :

-          le 19 octobre 1917, ferme de Certeaux[1], touché au bras droit,

-          le 19 août 1918, à la ferme de Saceuse, contusion lombaire.

Il est cité à cinq reprises :

-          à l'ordre de la 89ème Division d’Infanterie 89 du 5 avril 1915

"Eclaireur d'élite, très dévoué et des plus courageux, toujours volontaire pour des missions périlleuses. A fait preuve depuis le début des hostilités d'une haute valeur morale et d'un grand esprit militaire"

-          à l'ordre du 220ème Régiment d'Infanterie[2] du 14 juin 1917

               "Caporal très dévoué et des plus courageux, a fait preuve pendant l'hiver 1916-1917 comme observateur d'un sang-froid et d'un réel mépris du danger, a fourni des renseignements précis qui ont contribué à la réussite d'opérations dirigées contre l'ennemi et notamment celle du 26 avril 1917."

-          à l'ordre du 220ème Régiment d'Infanterie du 6 septembre 1917

"Caporal observateur des plus courageux, violemment bombardé sur la position qu'il occupait, n'a pas hésité à se porter en tranchée de 1ère ligne pour y accomplir la mission délicate dont il était chargé. Excellent exemple de courage pour ses camarades."

-          à l'ordre du 220ème Régiment d'Infanterie du 6 novembre 1917

"Blessé le 19 octobre 1917 à son poste de combat. N'a consenti à se laisser évacuer que sur l'ordre du médecin major. Excellent exemple de courage pour des hommes."

-          à l'ordre du Corps d'Armée du 12 mars 1918

"Le 2 mars 1918, au cours d'une incursion dans les lignes ennemies a, par son exemple, entraîné des camarades jusqu'à l'objectif assigné. A fait preuve en cette circonstance d'une belle bravoure et d'un très grand sang-froid."

 

Il épouse, le 19 mai 1919, à Saint-Marcellin (Isère), Lucienne Alphonsine RODET.

Il est placé en congé illimité de démobilisation le 27 août 1919 ; soit après 6 ans 9 mois et 27 jours de service militaire.

Il décède le 10 novembre 1960, à Bourg-la-Reine, Hauts-de-Seine, à l’âge de 69 ans.

Médailles

-          Croix de Guerre, 2 étoiles de bronze,

-          Médaille Militaire, le 17 octobre 1921 avec rang au 16 juin 1920, n° 377553.

Distinction

-          Chevalier de la Légion d'Honneur, par décret du 6 novembre 1951, n° 256144

 

 



[1]  Ferme aujourd'hui disparue, située au nord d'Ostel, dans l'Aisne – Zone de combat du Chemin des Dames

[2] Source : la fiche matricule (Archives départementales 77), sans autre renseignement concernant son appartenance au 220ème Régiment d’Infanterie