Réalité ? Légende ?... Peu importe, car les décisions administratives nationales ont donné à Lucie Juliette DODU un statut d'héroïne !

 

Juliette DODU

Lucie Juliette naît le 15 juin 1848 à Saint-Denis-de-la-Réunion. Son père, Lucien Adolphe, médecin, ne la déclare que cinq jours plus tard. Il avait, en Métropole, une réputation d'alcoolique, et ne serait parti s'installer à la Réunion avec son épouse, Marie Louise Florine Augustine de SAIFFRES de PELLEGRIN, que pour rejoindre son beau-frère, Charles, qui résidait dans l'île et était instituteur.

Lucie a un frère, Charles Emile, qui est né le 19 janvier 1841 à Argy (Indre). Le premier enfant du couple DODU-de SAIFFRES de PELLEGRIN, Marie Thérèse, née le 17 septembre 1838 à Argy (Indre) était décédée le 22 août 1839 dans la même commune.

Son père, Lucien Adolphe décède le 5 août 1850 à La Réunion, et sa veuve se remarie avec Louis FALTE. Camille Antoinette FALTE naît le 14 mars 1852 à Saint-Paul (Ile de la Réunion). La vie de Lucie Juliette, de sa mère et de ses frère et sœur, devient cahotique : tantôt en Métropole, tantôt sur l'Île. Après le décès de Louis FALTE, en 1860, Charles Emile disparait le 2 juin 1868 à Saint-Denis et Lucie Julette et sa mère renttrnt, définitivement en Métrople, laissant Camille Antoinette sur l'Île.

Dès 1869, les deux femmes sont employées au sein du Service des Télégraphes. Lucie Juliette est affectée au centre de Pithiviers au moment de la Guerre de 1870. Durant le conflit, du 19 juillet au 2 septembre 1870, Lucie Juliette a accompli, en tant que fonctionnaire, le service qui lui a été imposé par les évènements comme d'autres employés du télégraphe. A ce titre et par Décret n° 1942 du 8 décembre 1870, le Ministre de la Guerre reconnaît le statut de Militaire à vingt employés des Postes et Télégraphes.

En 1873, Lucie et sa mère demeurent au 9, de la rue Vallier à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Lucie accouche d'un garçon, Lucien Daniel, qui sera déclarée par la sage-femme, Rosalie DEBERGNE, comme étant de père et mère inconnus. Lucien Daniel habite pourtant avec les deux femmes, en 1874 à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

A cette période, elle est la compagne de Félix Hippolyte LARREY, médecin en chef aux Armées ; ils ne se marieront jamais.

La Médaille Militaire est attribuée à Lucie Juliette DODU le 30 avril 1877, avec prise de rang au 8 décembre 1870 ; sa médaille porte le numéro 35 766. L'année suivante, toujours pour les mêmes faits, Lucie Juliette devient Légionnaire, au rang de Chevalier, le 10 octobre. (dossier LH/783/4)  Le journal "Le Figaro" publie, le 26 mai 1877, un article de Jean de Paris dont le sujet est l'histoire de Juliette DODU, aucours de la Guerre de 1870. [ Cette version des faits sera contestée en 1999, par Guy BRETON dans son ouvrage "Les Beaux mensonges de l'Histoire".]

Elle quitte le Ministère des Postes et Télégraphes, pour rejoindre elui de l'Education publique. Elle est nommée "Déléguée générale de 3ème classe" pour l'inspection des salles d'asile (classes de maternelle), par arrêté du 7 janvier 1880. En 1883, sa mère, Augustine, obtient l'autorisation d'exploiter un débit de tabac. Au décès de cette dernière en 1885, Le Président de la République, Sadi CARNOT, accorde la survivance de ce débit à Lucie Juliette.

En 1891, Lucie Juliette écrit un roman dédié à la mémoire de George Sand, L'Eternel roman, sous le pseudonyme Lipp.  Félix Hippolyte LARREY décède le 8 octobre 1895 à Paris et la laisse pour seule héritière de ses biens, dont un petit château à Bièvres (Essonne). En 1903, Lucie Juliette s'installe dans un pavillon qu'elle a fait construire à Bièvres même. Elle décède le 24 octobre 1909, lors d'un séjour en Suisse, à Clarens, chez sa sœur Camille, épouse de Bertand Jean REDON, peintre connu sous le nom de Odilon REDON, elle décède le 24 octobre 1909. Elle repose au Père Lachaise à Paris.